L’Administrateur du territoire de Gemena en prison pour viol

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L’Administrateur du Territoire (AT) de Gemena, Jean Kabamba Mukinay, âgé de 50 ans, a été placé en détention préventive à la prison d’Angenga par le Procureur de la République près le Parquet du Tribunal de Grande Instance de Gemena pour cause de viol sur une mineure de 13 ans. Ce cas grave de violation des droits humains fait partie de 121 cas retenus et présentés à la presse, le mardi 07 janvier 2013, par la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) parmi tant d’autres répertoriés dans plusieurs provinces par ses points focaux. Cette présentation a eu pour cadre le Centre de Rééducation pour Handicapés Physiques, dans la commune de la Gombe. Ce monitoring a été effectué durant la période allant de mars à novembre 2013 dans le cadre d’une nouvelle initiative de la VSV nommée : « Droits Humains Pour Tous », cofinancée par la Délégation de l’Union Européenne et visant à contribuer, à long terme, au respect des droits et libertés fondamentales des populations dans les zones et provinces ciblées pour cette action. Il s’agit dans un premier temps, des provinces de l’Equateur, Bandundu, Bas-Congo, Kasaï-Occidental, Kasaï-Oriental où des points focaux ont été implantés.

 De manière spécifique, ce projet, selon ses initiateurs, s’inscrit dans le cadre du transfert des compétences à seize organisations locales- qui deviennent ainsi des points focaux – en matière de promotion et protection des droits humains  en général et sur la mise en  œuvre des activités du projet  en particulier. La VSV a estimé que cette nouvelle approche de son travail se justifie par le souci, non seulement de travailler en synergie avec les structures locales, mais également de partager sa longue expérience professionnel sur terrain afin de faire bouger la société civile de partout, même pour des dossiers sensibles. Enfin, pour  elle, nul besoin de rappeler que des cas de violations des droits humains sont perpétrés dans certaines parties de la Rd Congo sans que les structures locales n’aient le courage de les dénoncer ou d’approcher  les autorités locales et cela soit par peur, soit  encore par  le manque de professionnalisme dans la collecte et la documentation des violations des droits humains en leur  possession. C’est ainsi que dans un premier temps, les points focaux des provinces ont été formés dans la capitale et sont partis ensuite lancer le projet dans leurs milieux.

De mars à novembre 2013: une moisson de violations des droits humains  instructive pour les décideurs

 Pour la circonstance, plusieurs responsables de la VSV étaient présents ; à savoir Dolly Ibefo, Rostin Manketa, Justin Chiba et Peter Ntumba, respectivement directeur exécutif, directeur exécutif adjoint, 2ème secrétaire exécutif et coordonnateur. Pour eux, ce projet doit permettre que dans les coins visés, la population apprenne à défendre ses droits face à plusieurs abus du pouvoir devenus banaux aux yeux des autorités. Le cas de l’AT Jean Kabamba Mukinay n’en est qu’une illustration. Tout débute en août 2013. Une mineure de 13 ans, élève en 5ème année primaire/EP Tinzapa dans la cité de Gemena est victime de viol à mainte reprise de la part de l’AT de Gemena. Elle est tombée enceinte. Embarrassé, Jean Kabamba approchera la maman et les oncles de sa victime le 15 novembre 2013, pour un  arrangement à l’amiable et en catimini, moyennant six cents (600) USD et trois cents mille francs congolais à titre de réparation. Mis au courant de ce viol, le point focal du Projet Droits Humains Pour Tous a saisi le Parquet près le Tribunal de Grande Instance de Gemena et un mandat de comparution a été lancé à l’encontre de l’AT. Le 19 novembre, après la déposition des témoins cités par les membres de familles de la victime, le Procureur de la République près dudit parquet a décidé de placer en détention le même jour l’AT à la prison d’Angenga.  Actuellement le dossier est en cours, mais on apprend que l’AT a bénéficié d’une mise en liberté provisoire au niveau de la Cour d’Appel de Mbandaka.

            La VSV dit rester attentive au développement d’un tel dossier, car ici dans la capitale, plusieurs autorités croupissent en prison à cause des cas de viol. Parmi les autres cas présentés figurent celui de Tshitenge Mukenge, résidant à Dibaya, territoire de Demba, victime d’une arrestation arbitraire à cause d’un conflit l’ayant opposé à Tshilumba. Pour sa libération, l’OPJ lui aurait exigé 50.000 Fc. Godé Ndaya, âgée de 14, vendeuse d’arachides, à Tshienke, territoire de Dibaya a subi des traitements cruels, inhumains et dégradants au sous-commissariat de la police de Tshienke. Longita Okiyoasaka Bernard, un retraité de la Fonction publique (82 ans), marié et père de 8 enfants, résidant à Mbandaka 2, Ville de Mbandaka, a été arrêté arbitrairement par les policiers en lieu et place de son fils, Roger Longita. Chantal Mabanza, 17 ans, résidant à Kaluebo, secteur de Lunyeka, Kasaï-Occidental, élève en coupe et couture a été arrêtée arbitrairement  et détenue au cachot du sous-commissariat de la police de Kaluebo en lieu et place de ses parents sur ordre de l’OPJ Shambuy Mbuyamba, à cause d’un conflit des limites de champs avec des voisins, etc…

 

SAKAZ

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