L’ACORD préconise la prise en charge des filles de la rue

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filles de la rueDans quelques jours, le mois de la femme va refermer ses pages en RDC. Le moment est arrivé pour faire une sorte de bilan, et le lieu de s’interroger sur les quelques avancées enregistrées et les étapes qui restent à franchir. L’on sait que le ministère du Genre, Famille et Enfant a organisé une série d’activités politiques et culturelles. La grande question que l’on peut aujourd’hui se poser est celle de savoir ce qui a été fait pour améliorer les conditions sociales de la femme, et à travers elle, de toute la société congolaise.

Si sur le plan politique, on lutte encore pour la parité Homme-Femme, et on se réjouit pour les 30 % accordés aux femmes dans les différents postes de responsabilité dans les institutions, l’on doit reconnaître que sur le plan social, beaucoup reste à faire.

Le constat fait dernièrement par l’ingénieur Michel B. Wangu, vice-président national de l’Alliance des Congolais pour la réforme et la démocratie, est amer et interpelle les gouvernants. Le spectacle est tout simplement ahurissant, fait savoir le vice-président national de l’ACORD, dans un entretien qu’il a eu hier, mercredi 26 mars 2014, avec Le Phare. Des bandes d’adolescentes âgées de 7 à 16 ans, squattant certains marchés de Kinshasa et les bâtiments inachevés, peuplent la plupart des quartiers chauds de la capitale. Elles ne vivent que grâce à la générosité des personnes de bonne volonté, et sont toutes livrées à la débauche avec les gamins de leur génération, et souvent sauvagement abîmées par des adultes sans scrupules ou qui les livrent en pâtures aux obsédés de la pire espèce.

Et les conséquences sont déplorables. L’ingénieur Michel B. Wangu note à ce sujet, la contamination aux maladies sexuellement transmissibles, et au VIH/Sida, des grossesses indésirables et la naissance des enfants de la rue. Et comment dans ces conditions, s’est interrogé l’ingénieur Michel B. Wangu, peut-on vaincre les MST et le Sida dans notre pays ? Des années plus tard, quel type des femmes pourrait-on avoir en RDC ? C’est sûr que ce serait des prostituées dont certaines seront emportées par ces maladies.

Pour le vice-président national de l’ACORD, le mois de la femme après, l’on doit se tourner vers l’avenir et élaborer des programmes multisectoriels de développement, notamment dans les secteurs de l’éducation, de santé publique, de l’hygiène et de la salubrité, de l’agriculture, de l’habitat, du travail et de la prévoyance sociale, de l’épargne et de la protection de l’environnement.

A l’Alliance des Congolais pour la réforme et la démocratie, on pense que l’on doit constituer des réseaux d’ONG du secteur social, les rassembler et les outiller pour que des actions soient menées pour le recensement de ces populations d’êtres vulnérables, leur assurer une prise en charge médicale et psychologique, avant de sensibiliser leurs parents, afin de les amener à les récupérer pour pouvoir les réinsérer dans leurs familles.

Le ministère du Genre, Famille et Enfant, devrait soutenir des initiatives comme celles préconisées par ACORD, si nous espérons gagner la bataille contre les antivaleurs qui prolifèrent et rongent dangereusement la société congolaise. Les cas des Kuluna, ces redoutables marginaux, craints pour leur dangerosité, sont des témoignages de l’insécurité galopante enregistrée dans nos villes.

Si ce problème d’encadrement des adolescentes de la rue n’est pas résolu, a prévenu l’ingénieur Michel B. Wangu, attendons-nous à vivre des scènes insupportables des victimes tuées à coups de machettes, des survivants de cette cruauté aux bras coupés et portant des blessures sur la tête et le corps.

Encore une fois, le vice-président national de l’ACORD pense que l’heure est venue pour qu’ensemble, nous puissions nous atteler aux maux qui rongent notre société et pour lesquels nous devons associer nos solutions de lutte, afin de sortir ces bandes d’adolescentes de l’enfer où elles sont enfermées.
J.R.T.

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