LAC : un mort tous les 2 jours !

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Des statistiques macabres viennent d’être portées au grand jour par les cadres et agents des LAC (Lignes Aériennes Congolaises), dans une lettre ouverte datée du 07 juin 2010 et destinée à un panel de décideurs politiques : le Président de la République, le Président du Sénat, le Président de l’Assemblée Nationale, le Premier ministre, le Vice-Premier ministre chargé de l’Emploi, du Travail et de la Prévoyance Sociale, les ministres de la Justice et des Droits Humains, du Portefeuille, des Transports et Voies de Communications, du Genre et Famille, le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, les Ambassadeurs des USA, de France, d’Allemagne, de Grande-Bretagne, de Belgique, de l’Union Européenne, etc.

Signée par Léonard Kinsembe Tchungu (président du Collectif Syndical des Cadres), Kizakala Dodoma (Secrétaire du Collectif Syndical des Cadres), Sylvain Makiese ma Nza (Président de la Délégation Syndicale Nationale) et Eugène Mvumbi Nsiona ( Secrétaire de la Délégation Syndicale Nationale), cette missive fait état d’un total de 1.168 personnes mortes au sein de Lac entre 2003 et 2010, dont 535 agents, 274 épouses et 359 enfants d’agents, soit une moyenne de 169 décès par an, 14 décès par mois et un décès tous les deux jours.

Selon cette correspondance, « ce drame social remonte à l’année 1991, après que l’Etat congolais, propriétaire de l’entreprise, ait dépossédé sa compagnie aérienne de presque toute sa flotte, laissant sans outil de travail son personnel hautement qualifié et techniquement expérimenté, formé dans les meilleures écoles et compagnies d’aviation du monde, et qui faisait la fierté du pays et de l’Afrique entière ».

A en croire les agents et cadres des Lac, ils totalisent à ce jour 200 mois d’arriérés de salaires impayés. Qu’à cela ne tienne, ceux-ci affirment rester attachés à leur entreprise, « protégeant ce qui reste du patrimoine, s’activant à produire ce qui pouvait encore l’être. Avec la conviction qu’avec un peut de volonté politique et une bonne gestion, nous pensons qu’il est possible de relancer cette compagnie et sauver des vies humaines », lit-on.

En sus des morts, signale-t-on, l’impaiement prolongé du personnel a provoqué la dislocation de nombreux foyers, la perte de logements, la déperdition scolaire et académique, l’abandon des veuves et orphelins, le vieillissement précoce des cadres et agents, la sous-alimentation et la malnutrition, un taux élevé de morbidité. Il est fait même état d’un agent mort par suicide (pendaison) dans son bureau, pour cause de désespoir pour son avenir.

Une question lancinante est adressée à ceux qui détiennent la clef de la résurrection de la compagnie nationale : «  combien faudrait-il encore de morts pour que la situation des agents et cadres des LAC arrive à émouvoir vos consciences ? Combien faudrait-il encore de déchirements des foyers, d’enfants sans toit et non scolarisés, de veuves et d’orphelins abandonnés à leur triste sort, afin que vos regards se penchent finalement sur ce drame qui perdure ? ».

S’appuyant sur le mot d’ordre du Chef de l’Etat proclamant 2010 « Année du Social », le personne de LAC en appelle à son « intervention personnelle et paternelle pour venir au secours de cette communauté en détresse afin d’atténuer tant soit peu la misère qu’elle endure depuis bientôt 18 ans en faisant payer quelques mois de salaires… implication personnelle dans la relance effective de la compagnie aérienne nationale en lui accordant les facilitations nécessaires pour l’acquisition des aéronefs de nouvelle génération dignes d’un grand pays comme la R.C. Congo, et ceci par la signature d’une lettre de garantie souveraine dans les négociations avec les firmes Boeing et Airbus… la rigueur dans le choix des mandataires à responsabiliser dans la phase de la relance , en leur enjoignant une stricte observance d’une bonne gestion ».

Au gouvernement, les syndicalistes de LAC demande d’engager concrètement les mécanismes de mise à disposition des fonds prévus à titre de crédit d’investissement dans le budget 2010… de payer à titre humanitaire tout ou une partie de la créance certifiée de LAC de USD 23.000.000, 00 afin de permettre à l’entreprise d’assainir son environnement social par la mise à la retraite de son personnel retraitable.

                                                                 Jacques Kimpozo

 

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