«LAC» refuse de mourir

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LACSamedi 1er novembre 2014. Une journée mémorable pour la communauté des travailleurs de Lignes aériennes congolaises. Pendant de longs mois, mandataires, cadres et agents de LAC se sont investis dans les travaux de révision générale de leur outil de production pour mettre à la disposition de l’Etat congolais et de leur clientèle un aéronef performant répondant aux normes de l’aviation civile internationale.

            C’est à 18 heures 15’ que les commandants Jean-Pierre Eale et Arthur Mukendi ont posé le B.737-2L9 advanced 9Q-CLG « Amani » sur la piste de l’aéroport international de N’Djili, après avoir fait escale à Jerba (Tunisie) et Garoua (Cameroun). A bord, le Directeur technique Josué Matoko, qui a supervisé lesdits travaux de grande visite accompagné du technicien Tshabola et des responsables de la Direction technique de la firme française EAS SERVICES, en l’occurrence Jean Ferrer et Robert Guiraud.

            Contrairement à certaines habitudes, l’heure n’est pas aux grandes réjouissances. Loin de là. Les délégués syndicaux qui ont réceptionné l’avion au nom de tous les travailleurs de LAC, estiment qu’il s’agit d’une étape normale pour une compagnie sérieuse et crédible. Les présidents Sylvain Makiese ma Nza et Jean Lalu Telamambu précisent que loin d’être une nouvelle acquisition pouvant renforcer la flotte, le retour de ce moyen-courrier dans l’espace aérien congolais et interafricain constitue plutôt une preuve éloquente de l’extraction des aéronefs de la RDC de la honteuse liste noire qui les frappait dans l’espace de l’Union européenne.

LAC, première conseillère du Gouvernement en matière de transport aérien

            L’aviation civile est un domaine de technologie de pointe où le respect des normes, pratiques recommandées et procédures internationales est requis à tous les niveaux. L’entretien des aéronefs répond à des protocoles rigoureux que tout opérateur aérien est tenu d’observer scrupuleusement.

La compagnie aérienne nationale, LAC en sa qualité de première conseillère du Gouvernement de la RDC en matière de transport aérien des personnes, des biens et de la poste, trimballe derrière elle une longue tradition dans l’application effective des directives, instructions et recommandations pertinentes édictées par les constructeurs d’aéronefs, l’Autorité de l’aviation civile et l’Administration de l’aéronautique civile sur le plan mondial (OACI, IATA, etc.)

            L’envoi du Boeing 737-2L9 9Q-CLG « Amani » en check C2 procède de cette discipline de fer qui a toujours caractérisé la démarche des dirigeants de LAC.  Le choix des ateliers de EAS SERVICES de Perpignan en France pour l’exécution des travaux de cette révision générale constitue une preuve éloquente de cette quête de l’excellence dans le strict respect des normes de sécurité et de sûreté.

Un aéronef conforme à la norme européenne JAR (joint aviation regulation)

            L’opinion se souviendra que dans un passé aux cendres encore chaudes, la RDC s’est retrouvée sur la liste noire des pays à très haut risque dans le domaine du transport aérien. L’image de la RDC a été tellement ternie par la cascade d’accidents et d’incidents aériens survenus pendant l’éclipse de LAC de l’espace aérien congolais que l’Union européenne s’est vue dans l’obligation de refuser le survol de son espace aérien aux aéronefs battant pavillon congolais.

            En sa qualité de compagnie normalisée, LAC a résolument jeté son dévolu sur une station de maintenance des avions Boeing agréée située dans un pays occidental aux performances aéronautiques éprouvées pour se hisser au diapason de la norme JAR (joint aviation regulation) et par ce biais, disposer d’un outil de production habilité à opérer sans restriction aucune sur les cinq continents.

            Le Boeing 737-2L9 9Q-CLG, propriété exclusive de LAC et acquis sur fonds propres, revient fraîchement de Perpignan où il a subi avec succès cette grande visite. Ces travaux ont été certifiés par les experts de la Direction de l’aéronautique française ainsi que par leurs homologues de l’Autorité de l’aviation civile congolaise.  En temps normal, le programme de maintenance du check C2 ne va pas au-delà de 45 jours ouvrables lorsque toutes les conditions sont réunies. Mais dans cette conjoncture extrêmement difficile caractérisée par la précarité de la trésorerie et la carence d’apports extérieurs, les mandataires, cadres et agents de LAC ont dû serrer la ceinture, consentir d’énormes sacrifices en affectant le gros des recettes de la compagnie auxdits travaux techniques.

Exécution des travaux de révision technique générale sur fonds propres

            C’est sur efforts personnels des travailleurs et sur fonds propres s’élevant à plusieurs centaines de milliers d’euros que LAC a tenu à indiquer la voie en se pliant aux exigences de la profession. Aujourd’hui, LAC est fière de mettre à la disposition des Congolaises, des Congolais et des étrangers qui ont choisi la RDC comme leur seconde patrie, un outil performant en matière d’exploitation du transport aérien.

Avec l’exécution de ces travaux d’inspection générale, le Boeing 737 « Amani » de LAC dispose d’un potentiel de plus de 3.000 heures de vol avec une configuration de 8 sièges business class, 102 sièges en classe économique et une charge marchande de 12.400 kg. Ce qui lui donne une autonomie de plus de deux ans d’exploitation avant la réalisation d’une prochaine intervention technique de telle envergure.

            D’après les dispositions arrêtées, la coopération entre LAC et EAS SERVICES permettra d’assurer le suivi technique régulier de ce moyen-courrier. Les dirigeants de l’Autorité de l’aviation civile congolaise qui ont effectué le déplacement de Perpignan ont été édifiés sur les performances de cette station. Dans les couloirs de l’Aac, il est question de brancher les compagnies aériennes de la RDC sur ces ateliers du Sud de la France, de manière à hausser sensiblement le niveau des aéronefs devant exploiter l’espace aérien congolais.

Renforcer l’offre sur le marché et soulager les voyageurs

            L’avion est conçu pour voler. L’énorme investissement consenti dans l’exécution du check C2 interdit la gestion de LAC de prendre des libertés excessives en clouant cet avion au sol comme une pièce de musée. Les mandataires, cadres et agents de LAC qui constituent le creuset de l’aviation civile en RDC, saisissent cette opportunité pour lancer un vibrant appel et cri de cœur au Président de la République, Chef de l’Etat, pour la création des conditions favorables à la mise en exploitation rapide de cet aéronef.

            Ce n’est un secret pour personne, les usagers du transport aérien en RDC éprouvent toutes les peines du monde à se déplacer d’un point à un autre à l’intérieur du pays. La demande étant de loin supérieure à l’offre, les prix des billets d’avion ont pris l’ascenseur dans des proportions alarmantes, au point que voyager en RDC est redevenu un luxe pour beaucoup de nos compatriotes.

            La présence du Boeing 737-2L9 ADV de LAC dans l’espace aérien congolais vient à coup sûr renforcer l’offre sur le marché et apporter une solution durable aux tracasseries diverses observées présentement dans nos aéroports. Il y va de l’image de marque du transport aérien en RDC. Dossier à suivre.

Jean NTELA NKANGA  

(C.P.)

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