LAC : le round de la survie

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Les Lignes Aériennes Congolaises se sont engagées, depuis le jeudi 28 juillet 2011 à leur siège, dans le round de leur survie. C’est en effet à cette date que le président de leur Conseil d’Administration, qui assume l’intérim de l’Administrateur Délégué Général Kyambale en congé statutaire, a lancé les négociations avec les délégués de tous les syndicats-maison, à savoir UNTC, Solidarité, OTUC, UTEA, Action, CSC, RAS et CDT. Le ministère des Transports et Voies de Communication ainsi que l’Inspection Générale du Travail y sont également représentés.
Les participants ont, entre taches à exécuter, celles consistant à faire l’état des lieux et à explorer les pistes de nature à favoriser le retour, à court terme, de cette compagnie aérienne nationale dans le circuit du transport aérien.
 Les travaux se déroulent dans un esprit d’ouverture qui fait penser aux observateurs qu’aucun tabou ne pourrait bloquer les analyses pertinentes des experts quant aux opportunités réelles de résurrection des LAC, ou, au cas contraire, à l’inutilité de la recherche des solutions à une situation perdue. 
Selon plusieurs sources, un tableau clinique alarmant a été dressé dès les premiers échanges. Le plus grand handicap à la relance des activités, a-t-on appris, se situe au niveau du passif social qui s’élève à environ 90 millions de dollars américains. Un terrible « cancer » cloue la compagnie nationale dans son lit de malade mais, assure-t-on, l’espoir de guérison n’est pas perdu, contrairement aux pronostics de méchantes langues que le crash de Kisangani a remises à leur place, à savoir celle de bons diseurs doublés malheureusement de la tare de mauvais faiseurs.
 
Le contentieux financier, dont le principal responsable se trouve être paradoxalement le gouvernement congolais, est de nature à décourager pas mal d’investisseurs. Il se trouve toutefois d’autres qui sont prêts à l’assumer, compte tenu des atouts dont disposent les Lignes Aériennes Congolaises, notamment un personnel naviguant et des techniciens de maintenance hautement qualifié, un atelier technique performant et encore opérationnel à l’aéroport international de N’Djili, un service commercial et un service –handling tenus par des professionnels. 
 
Il y a aussi et surtout la volonté des cadres et agents de relever le défi de la sécurité et de la sûreté aériennes, au regard de la longue série noire des crashes qui endeuillent le pays voici plus de 10 ans. Aussi attend-t-on de Cherubin Okende et de ses collaborateurs du staff, du banc syndical et des experts du ministère des Transports et Voies de Communication et de ceux de  l’Inspection Générale du Travail, la formulation des mesures courageuses allant dans le sens de l’assainissement de la situation interne, afin de rendre les LAC réellement compétitives.
 
Il s’agira aussi de proposer les pistes requises pour la mobilisation des capitaux, notamment un fond de roulement pour le soutien de l’exploitation d’une flotte à acquérir, dans un premier temps, sous le régime du « leasing » (location). Face à l’urgence de sécuriser le transport des personnes et de leurs biens, il faut une réelle volonté politique pour sortir les Lignes Aériennes Congolaises de leur coma prolongé. C’est le lieu de déplorer la malheureuse campagne visant leur liquidation, en vue de la création d’une nouvelle compagnie aérienne nationale, une opération que les experts en aéronautique civile jugent plus coûteuse qu’un appui financier et logistique conséquent aux LAC. Sinon, d’autres crashes risquent de nous rappeler notre irresponsabilité dans le traitement de ce dossier.                
 
Kimp

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