L’abbé Leonard Santedi: «Nous défendrons le Congo jusqu’à notre dernier souffle »

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 Maîtrisant parfaitement le contexte de la marche, le secrétaire général de la CENCO a, dans son homélie de l’évangile de St Jean 14 : 27-31, expliqué clairement aux chrétiens le sens de cette marche et la
volonté de l’épiscopat congolais. « Vous savez pourquoi nous avons marché. C’est parce que nous ne voulons pas que le Congo que Dieu nous a donné soit morcelé, nous ne pouvons pas l’accepter. C’est pour cela que nous revenons vers Dieu pour solliciter son assistance afin qu’il y ait la paix. Comme Esther avait pleuré quand on tuait les enfants d’Israël, c’est ce que nous venons de faire ».

 L’abbé Léonard Santedi a souligné ensuite que « nous venons demander pardon à Dieu pour les péchés du peuple congolais et aussi demander pardon à Dieu pour ceux qui font couler le sang des Congolais ».
Le passage de l’évangile lu pour la circonstance, a-t-il dit, « est un passage de paix. Dieu nous a laissés la paix, et non la guerre. C’est un don de Dieu et Jésus nous demande de ne pas avoir peur du prince de ce monde car il l’a vaincu ».
En sa qualité de secrétaire général de la CENCO, il était dans une délégation de la conférence épiscopale qui avait visité plusieurs
paroisses et diocèses de l’est du pays. Au cours de cette visite, ils ont eu beaucoup de témoignages de ceux qui souffrent. Une maman est venue lui montrer son enfant que les rebelles de LRA (Armée de résistance du Seigneur) avaient coupé un bras. Et cette maman lui avait demandé : « Comment vais-je pardonner ? ». L’officiant a poursuivi en ces termes : « Nous avons marché pour que Dieu nous accorde la grâce de la paix, la grâce du pardon, car Jésus nous dit qu’il a vaincu le monde ».
 « Aucun congolais ne doit dire que l’Est c’est loin, a ajouté l’abbé Santedi. C’est cette terre qui nous unit. Nous sommes tous Congolais et le Congo c’est notre pays. Nous devons restés attachés à notre pays comme le font les enfants d’Israël. Nous devons être attentifs, car si l’émiettement commence au Kivu, il ne va pas s’arrêter là, il se poursuivra dans d’autres provinces du pays. C’est pour cela que l’Eglise nous demande de marcher pour dire non à la balkanisation du pays ».


 Le secrétaire général de la CENCO a informé l’assistance qu’il était en contact permanent avec les autres diocèses du pays. A Mbuji-Mayi, à Lubumbashi, au Bandundu, à Idiofa, a-t-il dit à titre illustratif, il y a eu marche. (NDLR : Il n’y a pas eu de marche à Goma. Le clergé catholique et les autorités ont craint des dérapagfes et des infiltrations des ennemis de la paix. Il est prévu, en fin de semaine, la visite d’un camp de déplacés de guerre par des fidèles et leurs prêtres).
«Nous sommes suivis à travers le monde et la communauté internationale saura que les Congolais aiment leur pays et tiennent à son unité. Il a invité chaque congolais à prier pour l’unité du pays, pour ceux qui dirigent le pays afin qu’ils mettent de côté leurs intérêts partisans au profit de l’intérêt général ».
Il a terminé son homélie en conscientisant les fidèles sur le fait que le Congo nous appartient et que l’espérance ne déçoit jamais. « Nous défendrons notre pays jusqu’à notre dernier souffle, avec l’aide de Dieu. Et le Congo sera sauvé ».
Une quête a été organisée et ce qui a été obtenu sera remis aux évêques pour leur visite pastorale à l’est du pays. Le secrétaire général de la CENCO a demandé aux chrétiens de continuer à remettre leurs dons dans leurs paroisses jusqu’à la fin de ce mois. A midi juste, une minute de silence a été observée dans l’église en mémoire de ceux qui ont perdu la vie à l’est du pays. La cloche a sonné également comme l’avait recommandé la CENCO.


Jean-René Bompolonga

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