L’abbé D’Oliveira étranger à la mégestion

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Le Collège Pie X, une école catholique privée fonctionnant dans la concession de la paroisse du même nom, dans la commune de Ngiri-Ngiri, a du mal à boucler l’année scolaire 2009-2010, en raison notamment des difficultés de trésorerie. Le personnel enseignant et administratif aligne plusieurs mois d’arriérés de salaires. Les travaux de réhabilitation des anciens bâtiments et de construction de nouveaux locaux sont au point mort. Un chiffre est en circulation du côté de Ngiri-Ngiri : 14.000 dollars Us. On dit le montant détourné et un coupable est désigné : l’abbé d’Oliveira, l’ancien vicaire gestionnaire.

Il ressort des investigations menées récemment par Le Phare que l’intéressé n’y est pour rien. Arrivé à la tête de cette école au début de l’exercice scolaire 2008-2009, il a assumé juste une année de mandat de gestion, car nommé dans l’une des meilleures écoles privées catholiques de Kinshasa, sinon du pays, le Complexe Scolaire Cardinal Malula. Mais, avant de plier bagages, avons-nous appris de bonne source, il avait pris soin de procéder à la remise-reprise avec  son successeur.

A l’occasion, aucune anomalie n’était signalée dans sa gestion. L’unique contentieux resté pendant, et dont il s’était empressé de faire part au nouveau vicaire gestionnaire, concernait deux mois d’arriérés des salaires du personnel. Cette situation était imputable, avait-il relevé en son temps, à l’insolvabilité de nombreux élèvés, génératrice d’une impasse budgétaire évaluée à plusieurs millions de Francs Congolais.

On rappelle qu’à l’occasion de la passation des pouvoirs, l’abbé D’Oliveira avait transmis à son successeur le planning de trésorerie qui lui avait permis, en l’espace d’une année scolaire (2008-2009), d’éponger l’impasse financière dont il avait héritée. Selon ce canevas de gestion, les deux mois d’arriérés des salaires du personnel auraient dû être liquidés avant les vacances de Noël, grâce à la collecte des frais scolaires fixés à l’équivalent de 50 dollars américains pour un total de 1.000 élèves. Ce taux de minerval devait en outre permettre la révision à la hausse du barème salarial de l’ensemble du personnel mais aussi financer les travaux de réhabilitation et construction des bâtiments.

Les observateurs s’étonnent que l’on parle, huit mois après le départ de l’abbé D’Oliveira du Collège Pie X, d’un trou de 14.000 Usd. Logiquement, si tel était le cas, cet argent manquant aurait dû apparaître dans le procès-verbal de remise-reprise. Par ailleurs, on note qu’en une année de mandat, le vicaire gestionnaire sortant avait réussi à mener plusieurs actions à impact immédiat, notamment une campagne de collecte des dons en espèces et en nature auprès des paroissiens, en vue de l’érection des bâtiments modernes et de leur équipement. Comme pour prêcher d’exemple, il avait lui-même réservé une partie des fonds et cadeaux reçus en marge de la fête de ses dix ans au service du Seigneur aux travaux de modernisation du Collège Pie X. Il rêvait de faire de cette école un bijou architectural et un grand centre du savoir. Au plan de la gestion, on lui reconnaît d’avoir rapidement équilibré les comptes et introduit un planning des dépenses connus de l’ensemble du personnel.

D’où, certains sont tentés de croire que la cause de la traversée actuelle du désert est à chercher ailleurs, plus particulièrement dans la gestion du vicaire gestionnaire présentement en fonctions.                                     

Jacques Kimpozo

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