La VSV émet des réserves et dénonce les déclarations insécurisantes du gouvernement

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La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) a suivi avec attention l’ouverture, vendredi 12 novembre 2010 à la cour militaire de Kinshasa/Gombe, de la première audience du procès sur l’assassinat de Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana Edadi, respectivement Directeur Exécutif et Chauffeur, membre effectif de l’organisation. 

Au cours de cette première audience, cinq prévenus dont l’inspecteur principal Daniel Mukalay wa Mateso, l’inspecteur Georges Kintungwa Amisi, le commissaire principal François Ngoy  Mulonqo, le Commissaire adjoint Michel Mwila wa Kubamba et le sous-commissaire Blaise Mudiangu Buleri  ont été identifiés hormis les trois autres en fuite (Inspecteur Christian Ngoy Kenga-Kenga, sous-commissaire Jacques Mugabo et inspecteur Paul Mwilambwe) ainsi que plusieurs témoins entre autres l’inspecteur divisionnaire en chef John Numbi, et l’inspecteur divisionnaire Jean de Dieu Oleko.

Les prévenus sont poursuivis. pour « association de  malfaiteurs, enlèvement, assassinat, terrorisme, désertion simple, détournement des armes et munitions de guerre». 

S’agissant des conditions matérielles et organisationnelles, il convient de relever que le collectif des avocats des parties civiles a soulevé la préoccupation relative à l’exiguité de la salle et de fortes chaleurs ainsi générées pendant l’audience et la nécessité de la localisation à un autre endroit réunissant mieux les conditions tant au plan sécuritaire qu’à celui du travail.

Cette ouverture du procès a eu lieu en présence d’une foule nombreuse constituée des membres de la société civile, des familles biologiques des victimes et de la VSV. La presse tant nationale qu’internationale ainsi que les membres des missions diplomatiques, des membres de la Monusco et autres personnalités ont également répondu présents à ce rendez-vous. 

La VSV, bien que présente à la première audience dans cette affaire’ continue à réitérer son exigence de voir le dossier transféré à la Haute cour militaire ou à l’Auditorat Général militaire, seules juridictions habilitées à juger l’Inspecteur divisionnaire en chef, John Numbi Banza Tambo, premier suspect dans l’ignoble assassinat de Floribert Chebeya Bahizire.

Dans cette optique, en tant qu’organisation des droits de l’homme, la VSV exige par principe que les garanties à un procès juste et équitable lui soient assurées. 

Cependant, pour avoir été citée dès le premier jour de la découverte du corps sans vie de Floribert Chebeya Bahizire, fait ayant conduit à sa suspension à titre conservatoire en date du 05 juin 2010, le Général John Numbi, sans remettre en cause son droit à la présomption d’innocence aurait dû être arrêté en attendant le déroulement du procès qui pourrait le blanchir ou le condamner à l’instar d’autres suspects. 

Présenter actuellement l’inspecteur divisionnaire en chef John Numbi comme témoin dans le dossier ne peut que choquer davantage les familles biologiques, la VSV, la famille mondiale des défenseurs des droits de l’homme ainsi que les personnes physiques ou morales éprises de l’esprit de paix, d’équité et de justice à travers le monde. 

Bien que la VSV soit durement  éprouvée, elle constate, avec regret, que le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication et des Médias, monsieur Mende Omalanga Lambert, ne cesse de renforcer, par ses déclarations insécurisantes et intempestives, la conviction des défenseurs des Droits de l’homme sur la mauvaise perception que certains dirigeants politique se font à tort de leur travail. 

Il sied de rappeler que Floribert Chebeya et Fidèle Bazana sont des martyrs des droits humains et de la démocratie. En démocratie, les institutions qui sont censées être au service de la population sont toujours plus fortes que leurs animateurs. 

Dans la perspective de l’avènement d’un Etat de droit en RD Congo, l’Etat  congolais a besoin d’institutions fortes et pas des hommes forts au-dessus de la loi. L’opinion publique en général et la VSV en particulier revendiquent l’indépendance du pouvoir judiciaire et l’amélioration des conditions socio-professionnelles des magistrats ainsi que des tous les auxiliaires de la justice. 

Fait à Kinshasa, le 14 novembre 2010

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV)

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