La vérité de Mende à propos de «Sankuru : le feu couve»

0
95

     Le Phare s’est fait l’écho, dans son édition du lundi 19 juillet 2010, des éléments du rapport de mission établi par le gouverneur de la province du Kasaï Oriental, Alphonse Ngoyi Kasanji, au sujet des incidents qui se sont produits vers fin mars et début avril 2010 dans le district du Sankuru, entre ceux que lui-même a appelé les « Tetela de la forêt » et les « Tetela de la savane ». Il convient de rappeler que selon l’autorité provinciale, l’origine du conflit entre les deux communautés de la même tribu est à chercher dans la répartition de 4 jeeps destinées aux zones de santé rurale et jugée inéquitable par les ressortissants de Lodja.

Allant au-delà de cette cause apparente, Alphonse Ngoyi Kasanji a épinglé comme fond du problème la guerre de leadership entre deux partis politiques, la CCU et le MSDD, dont les partisans locaux sont instrumentalisés par des responsables basés à Mbuji-Mayi et à Kinshasa. Il a cité nommément au passage le ministre Lambert Mende Omalanga (CCU) et le député national Christophe Lutundula (MSDD) comme éléments catalyseurs de la crise de cohabitation entre Tetela.

En réaction à notre article, nous avons reçu un droit de réponse de Lambert Mende, en sa qualité de responsable de la CCU. Conformément à la loi et à la déontologie, nous le publions dans les lignes ci-après :

Kinshasa, le 19 Juillet 2010

Objet : Droit de réponse

         

A Monsieur l’Editeur du Journal « Le Phare »

   à Kinshasa/ Gombe

 

Monsieur l’Editeur,

 

J’ai été directement mis en cause, et nommément cité, dans l’article intitulé « Le SOS de Ngoyi Kasanji : Sankuru, le feu couve », à la Une et  page 3 de votre N° 3871 de lundi 19 juillet 2010. C’est ce qui justifie le présent droit de réponse destiné à éclairer vos lecteurs sur les informations que vous ont fait parvenir vos sources et dont la teneur est approximative, erronée et pleine de confusion. Je vous saurais gré de bien vouloir l’afficher aux mêmes pages et emplacements, conformément aux dispositions légales en la matière.

En effet, le rapport du 13/05/2010 du Gouverneur  Ngoyi Kasanji, a été doublement démenti parce qu’il ne reflétait pas grand chose des faits déplorables vécus au Sankuru en avril et mai.

D’abord, par le Gouverneur lui-même en annulant sa décision de permuter pour faute grave l’Administrateur du territoire de Lodja, décidée aux lendemains des incidents de Lodja et Tshumbe.

Ensuite, par le Jugement sous RP 2070 du Tribunal de Grande Instance de Lusambo siégeant le 12 juillet 2010 sur cette affaire. Tout en condamnant à de lourdes peines (7 ans de SPP et 9.000 $ de dommages-intérêts) deux des prévenus incendiaires de maisons à Lodja, la Justice a purement et simplement acquitté Monsieur Jacob Dimandja, le président de la Notabilité Rénovée de Lodja (NORELO) cité à comparaître sur la base du fameux rapport du Gouverneur et dont l’appartenance à ma communauté constituerait la « preuve » brandie avec délectation par mes détracteurs à l’appui de ma « culpabilité » dans cette crise. Il appert assez clairement que le rapport du Gouverneur a été établi à partir de fausses informations livrées par des agents véreux des services et de la police au niveau local circonvenus par des leaders politiques qui, sont, eux véritablement « en mal de positionnement », ce que vous en conviendrez, n’est pas mon cas.

Dans un Etat de droit, c’est la justice qui est, seule, habilitée à désigner et condamner les coupables d’actes criminels. Cette tâche n’incombe nullement à qui que ce soit d’autre, fût-il un Gouverneur de province. Il me paraît surprenant que, entre un rapport de sécurité dont le seul vrai mérite aura été de rendre possible la saisine d’office des cours et tribunaux et le jugement qui a conclu la procédure y relative devant les cours et tribunaux, l’auteur de l’article ait jeté son dévolu sur le rapport de sécurité.

L’article contient quelques inexactitudes qu’il convient de relever.

– Il n’y a eu aucun affrontement sanglant entre Tetela de la « savane » et Tetela de la « forêt » en mai 2010 à Lodja. On a déploré, d’une part, des voies  de fait à Onalowa et Tshumbe de deux ressortissants de Lodja de passage et l’incendie, en représailles, de 7 maisons de non-originaires de cette dernière ville, suivi de l’incendie à Tshumbe de 4 maisons de ressortissants de Lodja ;

– S’agissant de la lutte de positionnement qui opposerait mon parti, la CCU, au MSDD de l’Honorable Lutundula et qui aurait comme pomme de discorde un transfuge du 1er parti au second cité, il est curieux que l’on ait pu présenter sans rire le MSDD « … un concurrent sérieux … » de la CCU. Hors de toute consultation électorale ! En cette matière, il existe des référents plus objectifs que des fantasmes subjectifs : les résultats des scrutins de 2006. Ils avaient donné M. Mende et sa CCU vainqueurs incontestables des législatives dans son fief de Lodja (plus de 43.000 voix, le MSDD n’ayant fait élire son président à Katako-Kombe qu’avec moins de la moitié de ce score). La CCU a, en plus, envoyé à l’Assemblée provinciale du Kasaï Oriental 2 députés dont un à Katako-Kombe, le fief du MSDD qui n’a eu aucun député provincial. La CCU a un ministre au gouvernement provincial de Mbuji-Mayi et un Ministre au Gouvernement central. Le MSDD aucun. Dans ces conditions, il ne faut pas être sorcier pour deviner lequel des deux partis cherche désespérément à se positionner en multipliant les incidents au Sankuru.

 

Veuillez agréer, Monsieur l’Editeur, l’expression de mes sentiments distingués.

 

Lambert MENDE OMALANGA

LEAVE A REPLY

*