La stratégie de la prime de guerre montre ses limites

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            On croyait résoudre un tant soit peu la question des groupes armés irréguliers en procédant à la remise en liberté suivie d’une promesse de conférer des grades d’officiers supérieurs à certains de leurs chefs et d’intégrer leurs combattants dans les rangs des FARDC, sans conditions. L’expérience ne fait que montrer ses limites et les initiateurs de cette stratégie doivent se mordre les doigts et revoir leurs copies.

            Au Sud Kivu et plus particulièrement dans le territoire de Shabunda, mercredi dernier, l’on a assisté à des accrochages sanglants entre des MaïMaï et les éléments des FARDC. Encore une fois, ce sont les populations civiles non armées ont payé le prix le plus lourd. Notamment des déplacements forcés, des viols massifs, des pillages, des exécutions sommaires et arbitraires, bref l’insécurité généralisée et la fuite vers la brousse où ils seront exposés aux intempéries et autres maladies épidémiques en ces temps où le monde entier vit dans la hantise de la fièvre « EBOLA » qui fait des ravages en Afrique Occidentale et semble prendre de l’ampleur.

            Selon la Radio Okapi captée à Kinshasa, 30 ménages des villages de Penekusu et de Nyalukungu se sont réfugiés à plus de 40 kms dans la localité de Kama située dans la province du Maniema où ils sont hébergés chez des familles d’accueil. Dépourvus d’aide, ces 30 ménages ont dû traverser la rivière Elila qui sépare la province du Sud Kivu et celle du Maniema.

Prime de guerre

            Ce sont des éléments Maï-Maï Raïa Mutomboki dirigés par le Mwami Alexandre qui ont croisé le fer avec une section des FARDC basés dans ce coin. Ils ont alors envahi ces deux villages où ils se sont livrés aux pillages, viols massifs, massacres, exécutions sommaires et arbitraires des villageois. Le Mwami Alexandre aurait conclu un accord avec les autorités administratives et politiques. Parmi ses revendications, a-t-on indiqué, outre l’intégration de ses hommes au sein des FARDC, le Mwami Alexandre devrait être élevé au rang de général. Voilà la raison de sa colère qu’il a rabattue sur des pauvres villageois.

            Le Mwami Alexandre, originaire du groupement des Waligi de la tribu Rega au Sud Kivu, n’est pas le premier chef des milices à conclure un accord de ce genre. Bien avant lui, il y a eu Thomas LUBANGA, Matthieu NGUDJOLO, Germain KATANGA, Jean-Bosco NTAGANDA, Laurent NKUNDA et bien d’autres chefs des milices qui ont été nommés hauts officiers supérieurs sous prétexte que c’était le prix à payer pour  la restauration de la paix dans cette patie de la République.   Certains se sont retrouvés à La Haye et d’autres ont repris le chemin du maquis avant de subir le même sort.

            A l’époque du régime du MPR-parti Etat, cette stratégie avait été appliquée. Malheureusement, les dirigeants convertis et intégrés dans l’armée nationale avaient fini par être impliqués à tort dans des tentatives de coups d’Etat, avant d’être éliminés à l’issue des procès bidon. D’autres n’ont même pas eu le temps de se défendre, car torturés à mort. C’est le cas des anciens éléments de l’armée sécessionniste katangaise, dont le colonel TSHIMPOLA et ses hommes, en provenance de l’Angola en 1967, et qui avaient été exécutés au lendemain de leur retour à Kinshasa pour recevoir leurs grades et être intégrés dans l’armée régulière. Preuve s’il en faut une que cette stratégie varie d’une époque à l’autre et selon la tête du client.

                                   F.M.   

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