La Société civile du Nord-Kivu exhorte la RDC à se retirer de Kampala

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Les animateurs de la Société civile du Nord-Kivu, parmi lesquels Thomas d’Aquin Muiti et Me Omar Kavota, ont partagé, avec la presse de Kinshasa, le vendredi 8 novembre 2013 à Kabinda Center à Lingwala, quelques aspects d’actualités intéressant leur province.

Saluant d’entrée de jeu le succès des FARDC sur les rebelles du M23, la Société civile du Nord-Kivu a aussi rendu hommage à tous les vaillants combattants morts ou blessés pendantes les divers affrontements, parce qu’ils ont versé leur sang et sacrifié leur vie pour la patrie. « Nous sommes convaincus que l’Etat congolais ne les abandonnera pas » ont indiqué ces animateurs.

 Au sujet des pourparlers de Kampala, la Coordination Provinciale de la Société Civile du Nord-Kivu a encore dit qu’ils restent un non sens. « Poursuivre ces pourparlers après la victoire militaire des FARDC contre le M23, donne comme l’impression que cette victoire est ‘un semblant de victoire’. Or, notre victoire n’est pas une simulation ; elle a été et elle reste une réalité et les preuves sont éloquentes quant à ce » ont-ils fait noter.

A leur sens, Kampala est déjà conclu ; aucune raison ne peut justifier sa poursuite. « Et si le M23 tient à ses mots, conformément à son Communiqué du 05 novembre courant, il est déjà enterré. Chercher à poursuivre ces pourparlers risque de déboucher au pire : l’intégration formelle des criminels et des étrangers dans l’armée et dans les institutions politiques » ont indiqué les activistes, exhortant par ailleurs le Chef de l’Etat à retirer la RDC de ces pourparlers.

A en croire les informations en leur possession, rien n’est moins sûr que l’Ouganda et le Rwanda, autant que la RD Congo célèbrent et savourent cette victoire contre la rébellion du M23.   D’ailleurs, reconnait-on, bien qu’éradiqué des territoires de Rutshuru, Nyirangongo, le M23 n’est pas encore complètement déraciné. « Ses mentors tentent en coulisse des approches susceptibles de poursuivre la nuisance, le trouble, la déstabilisation de la paix et de la sécurité au Nord-Kivu et en Ituri » ont-ils révélé.

Et pourquoi l’Ouganda planifie-t-elle toute cette déstabilisation ? A cette question, un des orateurs n’a pas mis des gants pour y répondre : « C’est clair comme l’eau de roche : Kampala cherche à tout prix à annexer cette partie du territoire national au sien, dans le but d’exploiter le pétrole, l’or et le bois qui s’y trouvent.

            A défaut, obtenir de Kinshasa un accord lui laissant l’exploitation du pétrole de cette zone ».

11.000 familles congolaises expulsées de l’Ouganda

            S’agissant des aspects humanitaires, la situation reste encore préoccupante au Nord-Kivu. Pas plus tard que cette semaine en cours, fait noter le président de la Société civile, le Gouvernement ougandais a chassé plus au moins 11.000 familles congolaises du Camp des refugiés Bukwanga ainsi que celles hébergées dans les familles d’accueil de Busunga, Butoho, Kasili, Nyauka, Kalela en District de Bundibugyo.

            Rappelant la découverte macabre vendredi 1er Octobre 2013 de plus de 10 personnes sans vie à Kinziki, non loin de Mbau, en Collectivité-Secteur de Beni-Mbau, dans le Territoire de Beni, ils ont dénoncé le fait que la levée traine à intervenir. « Ce massacre serait l’œuvre de l’ADF-NALU ou alliés. Or dans ce Territoire, nous rappelons l’enlèvement de plus de 830 civils dont 3 prêtres catholique de Mbau, le Médecin Directeur de l’Hôpital Général d’Oicha, plusieurs femmes et enfants ».

Face à cette situation, la Société Civile du Nord-Kivu alerte de nouveau le Gouvernement congolais, la MONUSCO et les Humanitaires afin de prendre en mains ce drame humanitaire.  Enfin, elle lance un appel aux autres groupes armés nationaux qui, souvent avancent des prétextes, de quitter la brousse, au risque de s’exposer à la traque sans pitié des FARDC et la Brigade de l’ONU.

Tshieke Bukasa

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