La société civile d’Inongo réclame la libération de 26 paysans

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Réunies hier au siège du Réseau ressources naturelles (RRN) dans la commune de Barumbu, les organisations de la société civile ont réclamé la libération sans condition de 26 paysans du groupement Bokongo, secteur Nkaw dans le territoire d’Oshwe, détenus à Inongo depuis le dimanche 24 janvier 2010 et leur rapatriement dans leur lieu d’origine situé à plus de 450 km d’Inongo.

               Le RRN, OCEAN, SARW, Maniema Liberté, la commission épiscopale ad hoc pour les ressources naturelles (CERN/Cenco), ILDI, CODHOD,  Action citoyenne pour la bonne gouvernance, CENADEP et le Cercle pour la défense de l’environnement ont en outre recommandé des poursuites judiciaires à l’endroit des agents de l’ordre ayant torturé et privé de nourriture les 26 paysans, la réparation de tous les préjudices subis, le respect par la société Sodefor des clauses signées.

              S’adressant à la presse et retraçant les faits, Joseph Bobia, coordonnateur national de RRN, a fait savoir ces paysans avaient reçu l’invitation de la société Sodefor pour faire une descente au poste Mike 12 (un site d’exploitation du bois de Sodefor) en vue de chercher leurs biens selon la convention signée entre les deux parties sur la réalisation des activités socio-économiques contenue dans le cahier des charges du 11 décembre 2009. Comme cette invitation avait coïncidé avec celle d’un député provincial, les paysans étaient habillés en tenue et autres accessoires traditionnels pour la danse « Longeya » qui se réalise avec des arcs, machettes, flèches, etc. Le député ayant été pris par d’autres occupations, les paysans ont préféré aller d’abord retirer les dons promis par Sodefor.

              A leur arrivée à Mike 12, le responsable de Sodefor qui les a accueillis, a dit le coordonnateur national de RRN, leur a imposé sur le champ la condition de ne leur remettre ces biens qu’à côté de l’autre groupement Mbidjankamba qui a déjà signé son cahier de charges avec Sodefor. Le responsable tenait à partager la forêt entre les deux groupements. Le groupement Bokongo a considéré cela comme un affront. Cela a poussé le groupe à demander au responsable de Sodefor d’aller avec eux au chef- lieu du territoire (cité d’Oshwe située à plus d’une quinzaine de kilomètres du site de Sodefor) pour traiter ce dossier étant donné que le problème de partage de forêt ne relevait pas de la compétence de Sodefor.

              Profitant de l’inattention des paysans, le responsable de Sodefor a sollicité et obtenu du commissaire de district d’Inongo un renfort des militaires et policiers pour  faire arrêter ces villageois.

              Avec l’arrestation des paysans à Boma par la société pétrolière Perenco l’année dernière, et celle d’autres paysans à Inongo, il est regrettable de constater que les paysans congolais, propriétaires naturels des ressources naturelles du pays, sont devenus des jouets des entrepreneurs et autorités locales. Pourtant, le gouvernement  parle toujours d’une prise en compte des intérêts des communautés locales dans la gestion de ces ressources.

Jean- René Bompolonga  

 

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