La SCTP (ex-Onatra) n’est pas à vendre

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AAA5Depuis de nombreuses années, l’ONATRA, devenu aujourd’hui Société Commerciale des Transports et des Ports, traverse une situation difficile qui risque, si des mesures appropriées et courageuses ne sont pas prises, de conduire à la cessation pure et simple des activités de cette société, qui fût l’un des fleurons du Portefeuille de l’Etat.

Le Département des Ports Maritimes reste, à ce jour, la seule structure opérationnelle de la SCTP à générer des ressources qui assurent les rémunérations de toutes les structures. Cependant, il est confronté à d’importants problèmes structurels que sont la vétusté des infrastructures, l’engorgement du port de Matadi suite à l’insuffisance d’espace de manutention et de stockage, les problèmes récurrents de manque de pièces de rechange et de consommables et depuis peu, la concurrence des ports privés.

Le Chemin de Fer Matadi-Kinshasa est aussi  confronté à d’importants problèmes, notamment la vétusté de la voie ferrée, l’insuffisance des wagons et locomotives de lignes, le manque d’outillage et de pièces de rechange. Les trains marchandises ne circulent plus que par intermittence et le train voyageurs n’est plus qu’un souvenir historique.

L’exploitation des Ports et Transports Fluviaux est structurellement déficitaire avec des unités fluviales vétustes et en délabrement.

Par ailleurs, la société est confrontée au vieillissement de son personnel et ses charges sociales continuent de croître d’année en années renforçant le déficit global de l’entreprise. L’effectif actuel pris en charge par la société est cosntitué d’agents actifs et en retraite que la société n’a plus les moyens de supporter compte tenu du niveau d’activité qui va décroissant. Les états financiers de l’entreprise montrent que la société aligne des contreperformances.

A cause  de l’état dégradé du chemin de fer Matadi-Kinshasa, il y a la lenteur dans l’évacuation des marchandises par la route. Surexploitée, cette dernière se détériore régulièrement. Les denrées agricoles produites à l’intérieur du pays sont acheminées difficilement vers la capitale qui est leur principal centre de consommation.

Devant ce sombre tableau, le Gouvernement a fait de la relance de la SCTP l’une de ses priorités. En effet, la configuration géophysique du réseau fluvial, ferroviaire et portuaire de la SCTP est d’une importance capitale pour le développement de la RDC et lui permet d’accomplir notamment les rôles de facteur d’intégration économique, de développement et de désenclavement vers l’extérieur, de facteur de soutien à l’industrie par la mobilité des ressources, de facteur d’approvisionnement des centres urbains et ruraux en produits divers et de facteur d’appui à la politique économique et soiale de l’Etat.

C’est dans ce cadre que le Gouvernement s’est engagé dans un vaste programme de redressement de cette société. Sur décision du Premier Ministre, il a été affecté à la SCTP la redevance portuaire qui était autrefois perçue par les agents maritimes, ce qui donne à la SCTP la possibilité de bénéficier d’une enveloppe lui permettant d’acquérir quelques locomotives et de relancer tant soit peu l’activité sur le chemin de fer Matadi-Kinshasa. Le Gouvernement participe également, aux côtés de la Direction Générale de la SCTP, au financement des travaux de réhabilitation des quais du port de Matadi et des unités de transport fluvial.

Cependant, des actions d’envergure doivent être menées pour amener la SCTP à reprendre sa place d’épine dorsale de l’économie dans la partie Ouest du pays comme la SNCC pour la partie Est.

C’est pour cette raison fondamentale qu’en décembre 2012, le Conseil des Ministres a pris la décision de transformer la SCTP en société de patrimoine qui détiendrait la propriété des actifs et en assurrait la maintenance, et céderait l’exploitation de ses activités opérationnelles aux sociétés privées spécialisées, sous forme de partenariat public-privé.

Le recours à un partenariat privé n’est pas une privatisation, ni une vente de l’entreprise. De plus, le choix, de ce partenaire se fera dans la plus grande transparence sur base d’un appel d’offres conformément aux dispositions légales en la matière. Ce dernier devra disponibiliser des ressources financières conséquentes pour réhabiliter et moderniser les infrastructures d’une part, et d’autre part, améliorer les méthodes de gestion de l’entreprise.

La réhabilitation et la modernisation des infrastructures portuaires et ferroviaires de la SCTP sont donc une nécessité urgente en vue de rendre compétitive l’exploitation portuaire, ferroviaire de la RDC, fluidifier les transports des marchandises et ainsi faire face à la concurrence des autres ports de la sous-région.

Cette option devra être encouragée dans la mesure où elle permettra non seulement d’améliorer le service rendu à la clientèle, mais également à la SCTP, en tant que propriétaire des équipements donnés en exploitation, d’engranger des revenus substantiels en termes de redevances et de disposer des moyens supplémentaires.

J.R.T.

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