La scission de grandes écoles kinoises annonce l’hécatombe scolaire

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La fièvre des préparatifs de la 44ème session de l’Examen d’Etat a gagné d’ores et déjà toutes les écoles secondaires organisant le dernier cycle des humanités sur l’ensemble du territoire national. Les autorités scolaires, tant nationales que provinciales, favorisent la montée de cette émulation entre les différentes écoles, elles qui sont naturellement impliquées tant soit peu, dans l’organisation des sessions de l’Examen d’Etat, du fait que les résultats obtenus servent de jauge de viabilité des établissements scolaires et de compétence pour les préfets.

 

Dans cette course aux diplômes d’Etat, certaines grandes écoles du secteur public non conventionnées se retrouvent défavorisées du fait qu’elles ont été scindées en deux directions en plein milieu de cette année scolaire. Cette situation malheureuse ne s’est produite qu’ici dans la capitale et a concerné deux grandes écoles. Il s’agit de l’Institut de la Gombe et de l’Institut Lumumba; l’Institut de Yolo-Sud est aussi dans l’oeil du cyclone. Personne n’ignore que ces écoles sont considérées de tout le temps comme des fleurons kinois du secteur non conventionné et qui ont toujours fait sa fierté, en livrant des centaines de diplômés par années.

Alors que les grandes écoles du secteur conventionné de la capitale (donc écoles publiques de Kinshasa dirigées par les églises) ne sont pas inquiétées, le gouvernement provincial a jugé le moment venu pour émietter les grandes écoles qui dépendent directement de son autorité, par l’entremise du ministère provincial de l’Education. Ce ministère est allé exhumer un vieil arrêté scindant les grandes écoles de la capitale à l’époque du fameux système de gouvernement national de « 1+4 ». Contesté à son époque, parce que son application a prouvé que, loin de viser l’intérêt des élèves et de la communauté, cet arrêté était un subterfuge pour caser des partisans.

Une scission qui ne favorise pas la bonne gestion scolaire

Séduit par cet aspect du problème, le gouvernement provincial l’a appliqué actuellement pour servir les siens. Défavorisant du coup l’élan pris par le corps professoral et les élèves, obligés de redémarrer en plein milieu de l’année avec un nouveau préfet, et une nouvelle école. Actuellement, le nombre des élèves, des professeurs et le patrimoine (salles de classes, locaux administratifs, fournitures de bureaux, etc.) sont divisés par deux et gérés par deux administrations. Et tout le monde sait que c’est dans ces circonstances là que personne n’est responsable de rien et que la mégestion s’installe. Les grands perdants de l’opération restent, sans conteste, les élèves et l’Etat propriétaire de l’école et une seule personne gagne : le nouveau préfet qui devient chef d’établissement pour servir celui qui l’a nommé. L’opinion se demande si cela relève réellement du patriotisme.

Plusieurs voix se sont élevées pour décourager cette opération et déplorer, à court terme, l’impact négatif sur la performance de ces écoles. L’opinion souhaite plutôt qu’une aide soit accordée à ces écoles pour les rendre plus attractives et compétitives tant sur le plan des résultats de l’Examen d’Etat que dans celui du renforcement des capacités des élèves, des enseignants et du personnel administratif. 

SAKAZ 

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