La SADC inflige un carton jaune au Rwanda

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 Les pressions sur le régime de Kigali s’intensifient à une allure vertigineuse. Après les grandes puissances occidentales qui ont même suspendu leur assistance au Rwanda, notamment les Etats Unis d’Amérique, la Grande Bretagne, l’Allemagne, les Pays Bas et la Suède, c’est le tour des Etats membres de la SADC de leur emboiter le pas pour demander au gouvernement rwandais de cesser sans condition et toutes affaires cessantes son appui au M23. On rappelle que Mme Hilary CLINTON, Secrétaire d’Etat américaine, lors de sa dernière tournée en Afrique, avait demandé aux autorités du Rwanda de procéder à l’arrestation des responsables du M23 en vue de les traduire devant la justice internationale.

Il s’agit là d’une des résolutions arrêtées à l’issue du 32ème Sommet des chefs d’Etat et des gouvernements de cette organisation tenue au Centre Internationale des Conférences «JOACHIM CHISSANO » de Maputo au Mozambique du 17 au 18 août dernier. Le chef de l’Etat congolais, Joseph KABILA a aussi pris part à ce sommet et s’est déclaré réconforté par cette résolution condamnant le Rwanda comme pays agresseur et qui perturbe la paix et la sécurité dans les territoires de la province du Nord-Kivu. Les chefs  d’Etat et de gouvernement de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe ont jugé préoccupante la situation sécuritaire qui prévaut dans cette partie du territoire congolais causée par un mouvement politico-militaire composé des Rwandais et appuyé par le régime de Kigali au su et au vu de toute l’opinion internationale. Ils se sont appuyés sur les annexes du rapport des experts de l’ONU et celui de l’ONG HUMAN RIGTHS WATCH qui ont fourni des preuves accablantes sur le recrutement des éléments rwandais, leur formation, leur entrainement et leur approvisionnement en véhicules de transport, armes et munitions de guerre ainsi que les matériels sophistiqués des télécommunications.

Le chef de l’Etat mozambicain attendu à Kigali    


    Pour joindre la parole à l’acte, le sommet de Maputo a donné mission au chef de l’Etat mozambicain, Emilio Armando GUEBUZA, qui vient de prendre le relais de l’Angolais Dos SANTOS à la tête de cette organisation pour un mandat d’une année, d’effectuer le déplacement de la capitale rwandaise en vue de faire raisonner Paul KAGAME «de mettre fin à son appui militaire aux éléments rwandais du M23», considérés par une résolution internationale prise récemment à Kampala lors du sommet de la Conférence Internationale des pays de la Région des Grands Lacs comme des forces négatives au même titre que les FDLR et la LRA. Force est de reconnaitre que c’est suite à l’énormité des atrocités que les Etats membres de la SADC en sont arrivés à cette résolution pour condamner la complicité du Rwanda dans la détérioration de la situation sécuritaire de l’Est de la RDC. Notamment les viols massifs, le recrutement des enfants soldats, les pillages des ressources naturelles du Congo,  les déplacements massifs et incessants des populations tant à l’intérieur que vers les pays voisins. A ce sujet, les chefs d’Etat et de Gouvernement de la SADC ont exhorté les Etats membres de cette communauté « à accorder une aide humanitaire aux personnes déplacées dans l’Est de la RDC de même que des instructions ont été données au secrétariat de la SADC de collaborer avec celui de la CIRGL en vue de ramener la paix et la stabilité dans cette partie du Congo ».


    Cependant, comme le Rwanda ne fait pas partie de cette communauté et connaissant l’arrogance, le mépris, la condescendance et le cynisme des autorités rwandaises, il est peu probable que Kigali revienne aux bons sentiments. Les Rwandais sont décidés à mettre en pratique leur plan de balkanisation de cette partie de l’Afrique pour exploiter les richesses naturelles de la RDC. Seule une action militaire de grande envergure assortie des sanctions judiciaires par la Cour Pénale Internationale peut les en dissuader. A l’instar de ce que les pays occidentaux avaient fait dans l’ex-Yougoslavie de Slobodan MILOSEVIC.


F.M. 

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