La ruée vers l’or à l’Equateur : Kotakoli : sept jeunes aux arrêts

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C’est la dernière nouvelle parvenue au journal Le Phare, hier, mercredi 27 août 2014 dans la soirée  sur ce dossier houleux et inquiétant  qui défie l’autorité de l’Etat et l’autorité coutumière.

 Heureusement que petit à petit, l’autorité de l’Etat  est en train d’être  rétablie dans cette affaire de trouble de l’ordre public et  qui a  conduit jusqu’à l’enterrement vivant d’un homme.

         Joint au téléphone hier pour connaître la suite de ces événements tragiques, l’Administrateur du territoire a affirmé au journal Le phare que pour endiguer cette vague de contestation de l’autorité coutumière sur base  de la découverte d’un  gisement aurifère  supposé ou non   qui avait débuté,  dimanche 24 août dernier  dans les groupements de Dondo  de  Ndekere, sept jeunes qui voulaient mener la  même fronde ont été préventivement  arrêtés.

 On laisse entendre que ces jeunes se préparaient eux aussi à passer à l’acte pour saccager  le siège du groupement  qui se trouve situé à Sokoro, l’un des villages de ce groupement  où se concentre toute l’activité économique et étatique.

C’est  d’ailleurs dans ce village que se trouve la plus importante école primaire de cette contrée, mais aussi le plus grand marché  hebdomadaire villageois.

         Ainsi, la police  d’intervention rapide venue du chef-lieu du district du nord Ubangi, à Gbadolité,  ayant eu  vent de ce qui se tramait en coulisse a neutralisé les jeunes gens avant qu’ils ne passent à l’offensive.

         Cette mesure préventive salutaire pour la paix et la concorde  intervient en attendant que des enquêtes plus  poussées  ne viennent déterminer la ou les causes exactes  qui ont conduit à cette situation qui empoisonne présentement la vie des villageois et empêche les gens de vivre  et de vaquer calmement  à leurs occupations quotidiennes.

Début de l’affaire

 

         On rappelle que les troubles ont commencé  dans cette partie  de la province de l’Equateur dimanche 24 août 2014 dans le groupement de Dondo où se trouve le célèbre  centre de formation de Kotakoli par un mouvement de contestation  et de colère de jeunes de ce coin, qui s’en sont pris violemment aux autorités coutumières  et symboles après plusieurs cas de morts mystérieuses et inexpliquées qui ont couté la vie à six jeunes.

Des morts,   certainement liées, ont laissé entendre plusieurs  sources locales, à la découverte d’un filon d’or.

         Et  sur fond des rivalités d’exploitation entre le groupement de Ndekere qui se réclame être propriétaire naturel  de ces  terres et celui de Dondo où le gisement a été découvert, les jeunes de Dondo  ont considéré que toutes ses morts mystérieuses n’étaient en fait que des sacrifices  que consentait l’autorité coutumière afin d’exploiter  tranquillement ce gisement.

         Par ailleurs, il faut signaler que conscient des risques que représente ce «gisement» pour les deux communautés, l’Administrateur de territoire avait jugé utile en son temps de suspendre toute exploitation, toute exploration ou toute prospection sur le site querellé afin de déterminer les limites claires entre le groupement de Dondo et celui de Ndekere.

         Et  c’est à la suite de  leur expédition punitive, cherchant tous ceux qui auraient complote  de près ou de loin contre eux  que les jeunes  vont commettre  l’irréparable.

Le chef de la localité de Mbao, un de village de ce groupement,   trouvé sur leur route, a tout simplement  a été enterré  vivant par ces jeunes en colère.

         Au même moment, au siège du groupement à  Dondo, le chef de groupement Kopaya et sa famille sont portés disparus et vivent en clandestinité.

         La maison de ce dernier a également été supprimée de la carte du village ainsi  que la paillotte à palabre, dites « Gofa », chargée d’histoires et des épopées du groupement  où tous les notables se retrouvaient  pour palabrer et  discuter sur de questions et  affaires importantes  ayant trait à la vie de la communauté.

         Désormais,  à l’image de ce «Gofa» ancestral, c’est l’unité du groupement qu’il faudra absolument tenter de rebâtir dans la sérénité,  sans rancœur  et recoller  dans les jours futurs morceau par morceau.

Conscient du danger que représentait cette situation volatile sur ce centre stratégique, les autorités publiques, notamment celles du district et du territoire ont fait diligence pour dépêcher sur place des éléments de la police d’intervention rapide afin de sécuriser les biens et les personnes et tenter d’appréhender ceux qui avaient commis l’irréparable. Sur ce dernier point, les auteurs de cette situation courent encore  et la justice n’est pas encore parvenue à faire toute la lumière sur cette situation.

Cri d’alarme

 

         Espérons que  la paix va vite revenir dans ce coin du pays afin d’éviter d’autres morts suite à  la justice parallèle  et expéditive. Il est aussi important que l’autorité tant au niveau national que provincial,  la société civile  et l’élite de cette partie du pays  s’impliquent  véritablement  dans la recherche de la paix  à Kotakoli et ses environs, du fait de la proximité avec la République centrafricaine à côté.  Où des groupes armés peuvent tenter de s’exporter sur ce gisement avec armes  pour une exploitation illégale.

VAN

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