La responsabilité des églises de réveil dans la déperdition scolaire

0
108

Il y a quelques mois, l’autorité urbaine édictait des mesures destinées à préserver la quiétude des Kinoises et Kinois troublée par l’invasion permanente de leurs domiciles par les bruits provenant des églises dites de réveil. Saluées unanimement par la population, ces mesures n’ont pas connu l’application attendue sur le terrain. A cause non seulement du traditionnel laisser-aller administratif, mais surtout des pressions internes exercées par certains pasteurs bien connus, et tendant à présenter les églises de réveil comme un troisième bras politique dont la coalition au pouvoir ne devait pas se passer.

A la suite de ces réactions, la situation est donc restée celle du statu quo. De sorte qu’au jour d’aujourd’hui, le bien-être collectif visé par les directives de l’autorité urbaine est devenu le cadet des soucis des chefs de ces églises qui ont saisi l’occasion leur ainsi offerte pour améliorer leur implantation sans pour autant tenir compte des normes devant sécuriser le voisinage.

Cette situation a déjà entraîné beaucoup de conséquences sur le plan de la santé avec la multiplication des accidents cardio-vasculaires, des cas de stress et naturellement la déperdition scolaire. S’agissant de ce dernier point, la période que nous vivons est extrêmement délicate pour les étudiants, élèves et écoliers qui passent ou préparent leurs examens de fin d’année.

Comment peuvent-ils espérer obtenir de bons résultats si l’environnement qui préside à leur préparation est celui  du bruit ?

On sait en effet que toutes les rues de la capitale regorgent aujourd’hui d’églises dites de réveil. On en compte plusieurs sur chaque rue. Et dans chacune de ces églises, les pasteurs disposent d’instruments de musique moderne pour mieux se faire entendre  aux alentours. De jour comme de nuit, ils envoient des tonnes de décibels en direction du voisinage et même au-delà.

Résultat : les voisins sont perturbés de manière constante et leurs enfants sont empêchés d’étudier normalement.

Au moment où se déroulent les examens de fin d’année, la question qu’il convient de se poser est celle de savoir s’il faut continuer avec le laxisme qui protège les méfaits de ces églises ou s’il faut ainsi que l’exigent les lois du pays, protéger ces enfants qui constituent l’avenir de la nation.

Poser la question, c’est naturellement y répondre : l’avenir des enfants n’a pas de prix. Il appartient donc aux ministres provinciaux de l’Intérieur, de l’éducation et de la Justice de prendre les dispositions nécessaires pour mettre fin à la récréation, en rappelant à l’ordre tous les vendeurs de bruits et d’illusions réfugiés dans des structures, fussent-elles religieuses, qui violent les droits individuels et collectifs. 

Irezille Sedeke, Stg/Ifasic

LEAVE A REPLY

*