La résidence de Limete sous haute surveillance : l’Opposition invite Lumanu à libérer TShisekedi

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Refoulés mercredi 28 décembre alors qu’ils devaient rendre visite à leur leader, Etienne Tshisekedi, dans sa résidence de la rue Pétunias fortement militarisée depuis sa prestation de serment en qualité de président élu de la République Démocratique du Congo, les membres de l’opposition ont imaginé une nouvelle stratégie. C’est celle consistant à faire pression sur le pouvoir et ses partenaires. Hier jeudi 29 décembre 2012, toutes tendances confondues, ils se sont présentés à la vice-primature de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Aménagement du Territoire. C’était pour obtenir dans l’immédiat  et sans conditions la démilitarisation  de la rue Pétunias, afin de permettre au sphinx de Limete de jouir des tous ses droits et libertés de mouvement reconnus constitutionnellement à tous les citoyens congolais.
 
A l’issue d’un entretien qui a duré quatre heures avec le Vice-premier ministre Adolphe Lumanu  dans son cabinet de travail, « l’union sacrée de l’opposition »,  forte d’une délégation composée de Vital Kamerhe, Albert Moleka, Joseph Olengankoy, Franck Diongo, Christian Badibangi, Chalupa … a improvisé un point de presse dans la concession même du ministère de l’Intérieur. Le groupe a déclaré  avoir obtenu gain de cause de leur illustre interlocuteur, qui a promis, selon Joseph Olengankoy, de demander à ses services chargés de la sécurité de libérer immédiatement la résidence de Tshisekedi.
Devant les chevaliers de la plume, le président national des Fonus a jugé cette mesure injustifiée et indiqué qu’elle viole la Charte universelle des droits de l’homme qui garantit la liberté de mouvement à tous les êtres humains. Avec la verve qu’on lui connait, Olengankoy a menacé de lancer des actions de rue dans l’hypothèse où les hommes en uniforme ne se retiraient pas rapidement de la 10e rue de Limete. 
Il a martelé que l’opposition politique prendra toutes ses responsabilités pour inviter la population à prendre son destin en mains pour libérer celui qu’elle a réellement élu en qualité de Président de la République. 
Albert Moleka a, quant à lui, estimé que cette mise en résidence surveillée  de Tshisekedi était une énième provocation contre le peuple congolais frustré par les résultats publiés par la Ceni car non conformes à sa volonté exprimée dans les urnes le 28 novembre 2011.
Pour ce proche de Tshisekedi, la seule façon de sortir la RDC de la crise actuelle reste la vérité des urnes et non le recours à la violence devenu le mode opératoire des tenants du pouvoir depuis 2006, pour neutraliser leurs adversaires politiques.
De son côté, Vital Kamerhe a appelé la Majorité présidentielle qui a perdu les élections à passer le relais afin d’éviter que la RDC ne connaisse la situation du Kenya ou de la Côte-d’ivoire.
Le président de l’UNC a joint sa voix à celle de ses collègues pour exiger la libération du président élu par le peuple congolais dans les heures qui suivaient cet entretien, avant de préciser que 3 délégués resteraient en contact permanent avec le Vice-Premier ministre Lumanu pour suivre la situation et vérifier la sincérité de son engagements
Sans pour autant dévoiler la stratégie de l’Opposition, l’ancien speaker de l’Assemblée Nationale  a mis en garde les acteurs  de la Majorité Présidentielle qui cherchent à conserver le pouvoir par la tricherie et la répression,  contre la volonté du peuple.
Vital Kamerhe a fustigé la poursuite de la compilation des résultats des législatives nationales par la Ceni, sans attendre les experts étrangers et neutres sollicités auprès de la communauté internationale. Il a déploré cet entêtement qui trouble la paix fragilisée par le hold-up réalisé par le pouvoir, de mèche avec  la Ceni.
Pour sa part, le vice premier ministre Lumanu a indiqué avoir donné les instructions nécessaires à ses service en vue du retrait progressif des effectifs de la police de la 10me Rue Limete et de la proximité de la résidence d’Etienne Tshisekedi. Il a souhaité à cet effet, un suivi concerté de leur application graduelle avec les délégués de l’Opposition. Il a fait remarquer que cette mesure avait été  prise dans un contexte dominé par de vives tensions et visait, autant que la suspension des sms,  à préserver l’ordre public.
Il a rassuré qu’avec la l’évolution de la situation sécuritaire du pays, ce que certains considèrent comme la mise en « résidence surveillée »de Tshisekedi sera progressivement levée.
Il faut noter qu’avant de s’annoncer chez Lumanu, la délégation de l’Opposition était passée par la Monusco pour exiger son implication dans la sécurisation de Tshisekedi dont la sécurité était fortement menacée par les forces de l’ordre qui se comportaient comme une milice privée au service  d’un individu.
Après leur face à face avec  la délégation de l’opposition, a-t-on appris, les responsables de la Monusco ont promis d’examiner la requête leur soumise et de saisir au moment opportun le Conseil de Sécurité de l’ONU.
 
  ERIC WEMBAKUNGU

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