La RDC soulagée !

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PPTE : le Club de Paris et le Brésil effacent 7,35 milliards Usd

La République Démocratique du Congo vient d’être débarrassée d’une grosse épine longtemps logée sous la plante de son pied. En effet, au terme d’une réunion de tous les dangers entre ses émissaires conduits par le ministre des Finances, Matata Ponyo et les membres du Club de Paris pilotés par Delphine d’Amarzit, ministre française de l’Economie, Finances et Industrie ainsi que les délégués du Brésil, le mercredi 17 novembre 2010 dans le cadre de l’ « initiative renforcée en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE renforcée), la mesure salutaire est tombée : le lourd fardeau de 7,35 milliards de dollars américains de dettes que chariait notre pays est effacée. 

            C’est le grand soulagement à Kinshasa, à l’annonce de cette bonne nouvelle, laquelle permet désormais au gouvernement de se consacrer effectivement à la lutte contre la pauvreté, au financement des projets sociaux et des investissements créateurs des richesses, en s’appuyant notamment sur les ressources additionnelles devant découler de l’annulation de la dette extérieure publique congolaise évaluée à 13,7 milliards USD à la fin de l’exercice 2009. 

Un Point d’Achèvement conditionnel 

            Le geste du Club de Paris et du Brésil confirme ce que beaucoup d’analystes économiques craignaient, à savoir que l’atteinte, par la RDC, du Point d’Achèvement de l’Initiative  PPTE, planifiée pour juin 2010 mais finalement confirmée un mois plus tard, était encore liée à certains préalables. Dans le lot, il y avait l’obligation d’obtenir l’accord des bailleurs regroupés au Club du Club de Paris, car détenteurs de la créance la plus importante, soit 7,35 milliards de dollars.

            Une difficile épreuve attendait ainsi le gouvernement congolais, appelé à donner de nouveaux gages de l’assainissement effectif du climat des affaires et des finances publiques, de la lutte contre la corruption, de la transparence dans la négociation et la revisitation des contrats, notamment miniers et pétroliers, car certains de ses partenaires restaient avec la conviction que rien ne bougeait dans le sens du changement. Plusieurs Etats occidentaux, de même que le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale étaient cités au nombre des partenaires de la RDC mécontents de la manière dont certains contrats miniers et pétroliers étaient tantôt renégociés ou simplement résiliés après avoir été signés en bonne et due forme avec des firmes occidentales.

Les multiples volte-face du gouvernement congolais à l’égard des firmes étrangères engagées dans des actions d’exploitation minière et pétrolière, parfois avec pas de porte et fonds d’investissements libérés en millions de dollars, n’étaient de nature à les rassurer. L’épée de Damoclès était suspendue, au fil des jours, sur la tête de Kinshasa. 

Le pavé de Charles Michel

            Une peur panique avait secoué les milieux politiques et économiques congolais il y a deux mois, lorsque Charles Michel, ministre belge de la Coopération au Développement, avait lâché une déclaration lourde de menaces. L’homme d’Etat belge avait en effet fait savoir que le Club de Paris n’était plus chaud pour effacer, au cours de l’année 2010, la dette de la République Démocratique du Congo vis-à-vis de ses membres.

            Les raisons avancées pour justifier cette réticence gravitaient autour du climat toujours malsain des affaires en territoire congolais, du flou qui continuait de planer sur les contrats miniers et pétroliers et de la mauvaise gouvernance économique.

            C’est au regard de cette alerte, avait-on appris, que le gouvernement congolais avait sollicité le report au mois de novembre 2010, de la réunion qu’il devait avoir avec ses créanciers du Club de Paris en octobre. Ce délai de grâce était demandé et obtenu, croit-on savoir, pour lui permettre de balayer davantage devant sa « cour » et de présenter, à l’échéance, un tableau plus reluisant en matière de climat d’affaires, d’harmoniser ses divergences avec certaines firmes minières et pétrolières occidentales mais aussi d’élaguer les antivaleurs qui gangrènent ses finances publiques.

            L’on peut penser, à la lumière de la note positive que viennent de lui décernera concomitamment le Club de Paris et le Brésil, que l’élève RDC a accompli de nouveaux progrès en matière de gouvernance économique, de lutte contre la pauvreté, de gestion des contrats miniers et pétroliers et du climat des affaires. 

La catastrophe évitée de justesse

            La RDC vient de frôler la catastrophe. Si le Club de Paris avait remis à 2011 se décision d’annuler sa dette, ceci allait avoir pour conséquence la remise en question de toutes les prévisions du Budget National, dans son volet social, infrastructures et investissements. Notre pays allait devoir débourser plusieurs centaines de millions de dollars au titre du service de la dette, ce goulot d’étranglement de toute velléité de développement.

            L’atteinte du Point d’Achèvement de l’Initiative PPTE tant rêvée risquait de se transformer en cadeau empoisonné. Car, les milieux financiers, étatiques comme privés, disposés désormais à fréquenter un pays endetté de manière raisonnable, allaient s’en détourner sans état d’âme, comme il y a une dizaine d’années. Inévitablement, Kinshasa allait retomber, à brève échéance, dans le cycle infernal de l’endettement. Il serait injuste de ne pas saluer la volonté de deux acteurs, le Chef de l’Etat Joseph Kabila, et le Premier Ministre Adolphe Muzito, qui ont tout fait pour amener la RDC au «PPTE».

            Le « rouge » qui a longtemps bloqué notre caravane au niveau du carrefour du Club de Paris devrait inciter nos gouvernants à consolider les petits points positifs déjà engrangés dans la relecture et la signature des contrats miniers et pétroliers, l’assainissement du climat des affaires, la gestion des finances publiques, la lutte contre la pauvreté, bref la bonne gouvernance économique.                                                                  Kimp

 

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