La RDC rattrapée par Sun City

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DSCN1057Arthur Z’Ahidi Ngoma, ancien Vice-président de la République, mieux connu comme leader du « Camp de la patrie » et des « Forces du Futur », s’est présenté hier mardi 06 août à la presse  et aux acteurs politiques réunis au Centre Saint Clément, dans la commune de Kintambo, sous la bannière du « Cartel de la Composante de l’Opposition Politique signataire de l’Accord Global et Inclusif ». Parlant au titre de porte-parole de cette plateforme au sein de laquelle on a reconnu des figures telles que Lisanga Bonganga, Kumbu Kumbel, Kikata, Idambituo et autres, il a articulé sa communication autour de la crise actuelle qui secoue le pays, qu’il a placée à deux niveaux, interne et externe.

 Au plan interne, il a retenu comme source principale du « malheur » de la République Démocratique du Congo la « non exécution des résolutions et recommandations du Dialogue Intercongolais » organisé en 2002 à Sun City, en Afrique du Sud. A ce sujet, le Cartel de l’Opposition a épinglé trois questions de fond à résoudre pour sortir de la crise interne : la sécurité, le développement économique et le social.

En matière de sécurité, l’orateur a fait état de la « nécessité de reconstruire les piliers de l’Etat, ces piliers qui lui donnent sens parce que l’Etat n’est avant tout qu’un service ou n’est rien du tout : l’armée, la police, l’administration publique, les services de l’Etat, la justice, la diplomatie, etc. qui sont aujourd’hui clochardisés ».

Pour ce qui est du développement économique, le Cartel de l’Opposition pense qu’ «au moment où les pays du monde investissent dans le patriotisme économique, la RDC ne peut être le seul pays à vivre dans la confusion entre libéralisme économique et western économique, pour la gloire jumelle de la corruption, l’impunité généralisée et l’enrichissement sans cause. Nous devons  en finir avec le bradage des ressources naturelles du pays contre des palliatifs à court terme. Nous devons sortir le pays d’une économie de rente et l’engager dans une économie de transformation ».

            Le Cartel de l’Opposition considère le social comme «la clé de voûte du développement d’un pays, l’indication de son niveau de civilisation». Il déplore à cet effet la clochardisation de l’éducation, la santé, la jeunesse, la femme, les personnes âgées. « Le social devient l’espace de la charité, abandonné en tant que tel aux aléas de l’humanitaire, souligne-t-il.

            Compte tenu de ce tableau sombre, Z’Ahidi Ngoma et ses pairs préconisent la tenue d’un Dialogue national transparent et inclusif entre Congolais, au pays ou en dehors de celui-ci, mais à piloter absolument par un facilitateur à désigner par les Nations Unies ou l’Union Africaine. Sa durée devrait être de 15 jours. Il devrait regrouper la Majorité présidentielle, l’Opposition politique dans toute sa diversité y compris celle de la diaspora ainsi que toutes les forces vives de la société civile.

            La mission principale de ce forum devrait être la recherche de la « réconciliation nationale autour des principes et valeurs qui forgent notre unité en tant que peuple, en tant que Nation ».

            S’agissant du volet externe de la crise congolaise, le Cartel de l’Opposition soutient qu’il concerne la RDC et ses voisins. « Nous en appelons à la CIRGL afin que d’aucuns comprennent que la paix que nous voulons construire en RDC, c’est au bénéfice de tous, et qu’avec la paix, la sous-région d’Afrique Centrale a tout à gagner, tandis qu’avec la guerre, elle a tout à perdre ».

Pointant du doigt le Rwanda,  le Cartel de l’Opposition l’exhorte à « sortir de la culture de guerre et construire sa démocratie sur le fondement d’un dialogue entre Rwandais ».

            On n’est pas loin, ici, de la démarche suggérée par le président tanzanien, Kikwete, ce qui lui avait valu les foudres de Kigali.

                                   KIMP

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