La RDC pour la révision du partenariat au développement

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Comme prévu, la revue du Document de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSCRP) a été lancée, ce lundi 8 mars à l’hôtel Memling, par le Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité, Adolphe Lumanu, représentant  du chef du gouvernement. C’était en ouverture de l’atelier auquel prennent part, outre les membres du gouvernement central et quelques uns de l’exécutif provincial de Kinshasa, les représentants du Parlement, des organisations internationales et des bailleurs de fonds au développement, ainsi que des leaders des organisations de la Société civile nationale.

Dans son discours de circonstance, le ministre du Plan a fait savoir que la conduite de cette revue consiste, pour le gouvernement, à apporter la preuve de l’accomplissement du premier déclencheur pour l’atteinte du Point d’Achèvement de l’initiative renforcée des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) en vue de bénéficier des annulations substantielles du stock de la dette extérieure. Et aussi pour l’annulation de la dette multilatérale.

Olivier Kamitatu a, à l’occasion, loué l’initiative du chef du gouvernement, qui est aussi le président du Comité national de pilotage du processus DSCRP, pour avoir institué l’évaluation hebdomadaire des progrès réalisés dans la réalisation des sept déclencheurs du point d’achèvement au plus tard fin juin 2010, avec le concours des représentants de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International.

La présence de la Mission du Fmi, qui séjourne actuellement à Kinshasa dans le but d’évaluer les résultats enregistrés par la  RDC en terme de stabilisation du cadre macroéconomique, en est la preuve.

«La tenue de cette revue procède également de la nécessité de tirer des leçons de la mise en œuvre du DSCRP de première génération qui arrive à échéance en décembre de l’année en cours, et d’éclairer le choix des orientations stratégiques pour le DSCRP de deuxième génération qui devra prendre le relais à partir de janvier 2011 et de servir en conséquence de cadre de référence à l’élaboration du Plan quinquennal de développement 2011-2015», a-t-il relevé.

C’était aussi l’occasion pour le ministre du Plan de rappeler à l’intention de l’assistance les étapes critiques franchies par la RDC depuis la reprise de la coopération structurelle en 2001.

Ainsi, jugée éligible à l’initiative renforcée en faveur des PPTE en 2001, la RDC a accédé en 2003 au point de décision de l’initiative PPTE et bénéficié des allégements (et non des annulations) de plus de 90% du service de la dette, à la faveur de la mise en œuvre de façon satisfaisante du DSCRP intérimaire.

En décembre 2005, le pays n’a pas pu accéder au point d’achèvement de l’initiative PPTE ;  en avril 2006, en exécution du DSCRP intérimaire et pour maintenir le dialogue avec la communauté financière internationale, un programme autonome de stabilisation macroéconomique suivi par des services du FMI a été mis en place.

En juillet 2006, le gouvernement a adopté la version finale du DSCRP.

En mars 2007, le DSCRP est endossé par le gouvernement issu des élections, puis transmis aux conseils d’administration de la Banque Mondiale et du FMI qui l’ont approuvé successivement en mars et avril de la même année.

Le DSCRP est à ce jour l’unique document qui définit les priorités sur lesquelles le gouvernement et ses partenaires se sont engagés à obtenir des résultats en termes de progression vers les Objectifs du Millénaire pour le Développement, OMD, ainsi que des orientations précises pour guider l’élaboration des stratégies sectorielles et offrir ainsi une visibilité sur la cohésion des actions à entreprendre par rapport aux indicateurs du résultat.

Il a récapitulé tout ce qui était défini dans la suite, y compris les 5 chantiers du chef de l’Etat, et défini enfin les principaux axes sur lesquels repose la stratégie d’ensemble.

Olivier Kamitatu a rappelé que la mise en œuvre de la présente revue a été précédée par des revues des secteurs prioritaires du DSCRP.

Pour ce qui est des thèmes, on trouve dans la revue du DSCRP : la décentralisation et la planification en provinces ; la stabilité macroéconomique et la croissance économique ; les secteurs porteurs de croissance économique (mines, électricité, agriculture, infrastructures) ; l’accès de la population aux services de base et la réduction de la vulnérabilité ; la lutte contre le Vih/Sida ; l’environnement et le changement climatique ; le dispositif de pilotage et le système de suivi et évaluation.

Enfin, l’orateur a laissé entendre que la note méthodologique de préparation du plan quinquennal de développement 2011-2015 sera soumise à l’examen des participants. Leurs analyses et appréciations guideront le choix méthodologique dudit plan.

Lumanu : il faut quitter le stade des besoins  primaires

Représentant du Premier ministre à la cérémonie, Adolphe Lumanu a insisté sur la nécessité pour le gouvernement de revoir avec les partenaires au développement le cadre de la coopération. Pour lui, il est temps de quitter le stade des besoins primaires pour réfléchir sur des programmes plus ambitieux du développement.

Le Vice-Premier ministre et ministre de l’intérieur voudrait voir les bailleurs et autres partenaires au développement financer des projets ou secteurs plus porteurs plutôt que de se cantonner aux interventions figées sur les besoins primaires.

Il a souhaité que toute intervention puisse se baser sur le Pacte de Paris prônant le respect de la souveraineté de chaque Etat. A ce sujet, il n’a pas caché le refus du gouvernement de voir les partenaires descendre sur le terrain et mener des actions sans impliquer les autorités. Désormais, tout est censé se faire en collaboration avec le gouvernement, a-t-il martelé. Selon lui, deux défis sont à relever en priorité : l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE et des OMD.

Pour sa part, le Directeur pays du PNUD a souligné que le lancement de la revue du DSCRP revêt un double caractère.

D’un côté, il y a les négociations engagées entre la RDC et les institutions de Bretton Woods portant sur l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE ; et de l’autre, le lancement du processus d’élaboration d’une nouvelle stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté – le DSCRP 2 axé esur l’atteinte des OMD.

Il a indiqué que depuis la tenue du forum de Kinshasa en juin 2009, le partenariat entre le gouvernement congolais et les partenaires au développement, s’est mieux structuré en gagnant en qualité. Avant d’émettre le vœu de voir les conclusions et recommandations de l’atelier dégager des mesures d’actions immédiates en vue de consolider le suivi des repères du point d’achèvement et des perspectives à court terme pour la conduite de la politique économique et sociale du pays.  

Dom    

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