La RDC malade du « fula-fula » ferroviaire

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accident-de-train-bas-congoLes rails congolais ont encore tué. Et, dans ce créneau, la SNCC (Société Nationale des Chemins de Fer) du Congo affiche un palmarès qui fait peur. En ce temps de vive émotion, où le bilan des morts est revu à la hausse d’heure en heure, dépassant largement la quarantaine et pouvant progresser, selon certaines sources, jusqu’au double voire plus, chacun peut constater que la RDC est à l’heure du « fula-fula » ferroviaire.

Comme le transport par avion ou par bateau, le transport par train n’échappe pas à la mode de la surcharge des wagons, de la vétusté des locomotives et des rails, dont l’écartement relève d’une époque ancienne. Dans le cas sous examen, la réaction du président de la délégation syndicaliste de la SNCC résonne avec force dans plusieurs oreilles, car ce compatriote porte des accusations graves contre ceux qui avaient négocié la dizaine de locomotives récemment acquises par cette entreprise publique.

A l’en croire, le Trésor public congolais a jeté l’argent par la fenêtre, en finançant des engins complètement amortis, dont la fabrication remonterait aux années ’60. Et d’affirmer, qu’en quatre mois, la SNCC a perdu quatre locomotives à la suite d’accidents dus, selon lui, à des défaillances mécaniques.

Ce qu’il y a lieu de déplorer, dans le secteur du transport ferroviaire, c’est à la fois la vétusté des lignes ferroviaires, des locomotives et des wagons. Le train congolais est exploité comme un « fula-fula » routier, où les passagers sont traités au même titre que des minerais de cuivre et de cobalt. On constate un refus systématique de décideurs politiques de moderniser les rails, les trains et les wagons congolais, parce que certains détiennent de gros intérêts dans les véhicules poids lourds qui font quotidiennement des navettes entre les zones minières et plusieurs pays frontaliers, dans des opérations maffieuses de sortie ou d’entrée des marchandises.

Ce sont précisément des barrons du transport routier, par ailleurs décideurs politiques à des degrés divers, pense-t-on, qui refusent aux rails, aux locomotives et à leurs rames de s’adapter aux standards internationaux. Il s’observe une sorte d’agenda planifié d’élimination systématique de la SNCC au Katanga, au Maniema et dans les deux Kasaï, du circuit du transport des produits à l’import comme à l’export, comme c’est déjà le cas de la SCPT (ex-Onatra, sur l’axe Kinshasa-Matadi, totalement dominé par les porte-contenaires des privés.

Du coup, le pays est bloqué dans sa volonté de se désenclaver. Et l’on s’étonne que les populations congolaises souffrent des pénuries de toutes sortes. Le chemin de la croix de la SNCC risque de se poursuivre si le gouvernement n’ouvre pas le bon œil pour réhabiliter, sans arrière-pensées, les chemins de fer, les locomotives et les wagons porteurs de l’espoir de désenclavement du Congo profond.

                                                                      Kimp

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