La RDC livre 4 témoins à la CPI

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Quatre anciens seigneurs de guerre, qui écumaient les parties Est et Nord du pays entre 1998 et 2003, ont été extraits hier dimanche 27 mars 2011 vers 8 heures du matin de la Prison Centrale de la Makala et conduits à l’aéroport international de Ndjili pour embarquer dans un avion spécial affrété par la Cour Pénale Internationale. Il s’agit de Pierre Célestin Mbodina Iribi, Floribert Ndjabu Ngabu, Charif Manda et Bède Djokaba Lambi Longa. Selon un communiqué officiel remis hier à la rédaction du Phare et signé Luzolo Bambi Lessa, ministre de la Justice et Droits Humains, les intéressés sont appelés à « comparaître volontairement en qualité de témoins dans l’affaire Le Procureur contre Germain Katanga» et « Le Procureur contre Thomas Lubanga, dans deux affaires pendantes, depuis plus de cinq ans, devant cette juridiction internationale.
Le cabinet du ministère de la Justice et Droits Humains a tenu à préciser que l’extraction de ces quatre compatriotes n’est pas à confondre à « leur remise ou à leur transfèrement à la Cour Pénale Internationale. Leur extraction, fait-on savoir, a été exécutée « conformément au Statut de Rome ainsi qu’aux accords de coopération entre la CPI et la République Démocratique du Congo ».
L’autre précision fournie par Luzolo Bambi Lessa est que « compatriotes, quoiqu’en état de détention à Prison Centrale de Makala, ne peuvent faire l’objet des poursuites à la Cour Pénale Internationale, à l’issue de leur témoignage, même en cas d’auto-incrimination ». Il est également indiqué que « sous réserve de la dynamique des procès qui nécessitent leur témoignage, ces compatriotes doivent regagner la République Démocratique du Congo mi-mai 2011. Toutes les dispositions de leur sécurité sont légalement garanties ».
Les nouveaux Ntaganda ?
La décision du gouvernement congolais de mettre à la disposition de la Cour Pénale Internationales Célestin Bondina, Floribert Ndjabu, Charif Manda et Bède Djokaba Lambi Longa a fait grand bruit dans les milieux des organisations non gouvernementales congolaises et étrangères de défense des droits qui estiment que ces anciens seigneurs de guerre, dont les mentors écument l’air frais du centre pénitencier de La Haye, aux Pays-Bas, auraient dû faire l’objet des poursuites judiciaires en bonne et due forme.
Ces Ong estiment que les quatre mousquetaires devraient partager, avec Thomas Lubanga et Germain Katanga, une large part de responsabilités dans le recrutement d’enfants soldats, les massacres des populations civiles ainsi que d’autres infractions entrant dans la catégorie des crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Le passage qui énerve le plus les défenseurs des droits de l’homme est celui où il est indiqué que « même en cas d’auto-incrimination », les quatre témoins ne pourraient être inculpés par la CPI.
Mais, de l’avis des légalistes, ces renseignants sollicités par la défense ne peuvent, de but en blanc, passer du statut des témoins à celui d’accusés.
 
Kimp

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