La RDC héberge une Opposition de façade

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Alors qu’il intervenait hier mercredi 23 mai 2012 dans le cadre d’un séminaire politique organisé par la fondation allemande KONRAD ADENAUER, sur le thème « L’évaluation de l’action de l’Opposition politique en RDC », l’abbé José Mpundu a appelé ses concitoyens à une révolution pacifique. C’est, a-t-il indiqué, pour la transformation profonde de la société congolaise minée par un libéralisme à l’état sauvage,  qui favorise une oligarchie au pouvoir, au détriment du grand nombre condamné à mourir pauvre dans un pays scandaleusement riche.
 
Il s’est dit convaincu que la révolution pacifique peut changer la triste réalité sociopolitique actuelle en République Démocratique du Congo, à condition que les Congolais arrivent à vaincre la peur et acceptent de payer le prix fort pour se libérer du néo-colonialisme. 
Ce prêtre catholique, co-organisateur de la marche des chrétiens du 16 février 1992 contre la dictature de Mobutu, a insisté sur la nécessité d’un leadership exemplaire pour mener ce combat noble, à l’instar de celui de Ghandi, qui s’était mis à l’école de la non-violence, en vue de la libération du peuple indien du joug colonial britannique, sans viser en contrepartie la conquête du pouvoir.
L’abbé José Mpundu a estimé que dans un régime comme celui que connaît la RDC, l’Opposition politique n’est que de façade et sans base idéologique, incapable d’apporter la contradiction au libéralisme sauvage qui caractérise le pouvoir des prétendus « nationalistes de gauche ». 
Comment  comprendre que des partis politiques de la Majorité et de l’Opposition puissent avoir les mêmes  projets de société dans leurs programmes ? s’est–il interrogé, avant de fustiger le fait que certains acteurs politiques ont fait de l’Opposition une affaire individuelle, comme si l’Opposition se limitait à adresser des critiques acerbes aux tenants du pouvoir actuel.
A la question de la députée Eva Bazaiba sur l’opportunité pour les députés de l’Opposition en général et ceux de l’UDPS en particulier de prendre part aux travaux de l’Assemblée Nationale, le curé de la paroisse Saint Alphonse de Matete, a qualifié cette participation d’inopportune face au pouvoir en place qui a décidé de gouverner tout un peuple par défi, pour  se maintenir dans le confort que procure tout régime monolithique en Afrique.
Il a, avant de terminer, déploré le fait que les élections en Afrique, au lieu d’assurer l’alternance, gage de toute démocratie, servent plutôt à blanchir les dictatures, avec la bénédiction de certaines puissances impérialistes.    
Pour édifier les Congolais sur la révolution pacifique, l’abbé Mpundu leur a recommandé un ouvrage d’un penseur occidental intitulé « De la dictature à la démocratie ».
Bien avant le brillant exposé de ce prêtre catholique, maître André Muila, avocat et activiste des droits de l’homme, a fait un exposé sur l’évaluation du processus électoral en République Démocratique du Congo. Cet animateur de la Société civile congolaise a dressé un tableau sombre du processus électoral dans notre pays, caractérisé par des fraudes massives, qui ont occasionné une crise de confiance entre gouvernants et gouvernés.
Il a plaidé pour la restructuration diligente de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), qui doit incorporer dans son staff la Société civile, exclue de sa composition par la Majorité Présidentielle, de commun accord avec l’Opposition parlementaire.
Il faut noter que le représentant de la fondation KONRAD ADENAUER, Steffen Kruger, a appelé dans son mot de bienvenue, les participants à ce séminaire politique à imaginer des stratégies efficaces pour mener une opposition démocratique et responsable durant la législature qui vient de commencer, face une à Majorité numériquement écrasante.
 
ERIC WEMBA 

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