La RDC en retard dans la gestion des personnes vulnérables

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Il s’est tenu le samedi  4 septembre 2010 au Centre Carter à Limete une journée d’information  sur la nécessité de  la signature et de la ratification de la Convention Internationale sur les Droits des Personnes avec Handicap « CIDPH ».  Elle  a été adoptée le 13 mars 2006 par l’Assemblée Générale de l’Onu. 

            143 nations, dont  23 pays africains, ont signé ce protocole. 72 pays l’ont déjà ratifié. La RDC n’a ni signé, moins encore ratifié ce document.

 Parousia, initiateur de cette activité, a bénéficié du concours d’Handicap International, du Rodhecic, des Juristes travaillant pour le compte du Programme Umoja….pour l’organisation de cette journée d’échanges… Le président de la fédération des handicapés et promoteur de l’Isipa, Martin Ekanda, le docteur Valentin Tshitenge, le juriste Alain Kinkela…ont parlé à tour de rôle de la CIDPH, du contexte historique des groupes vulnérables…

            Martin  Ekanda est revenu  sur son séjour à   New York  Et là, a-t-il indiqué, il a pris part  aux discussions relatives aux droits des personnes avec handicap. A son retour au pays, il a résumé à l’intention des décideurs politiques de ce qui s’est passé là-bas. Malheureusement,  son message n’a pas suscité beaucoup d’intérêt.  A l’heure actuelle,  la RDC se doit  d’adhérer à ce protocole, a-t-il précisé. Il a fait remarquer que l’institution  par l’UA  en 1999 de la  Décennie Africaine   des handicapés n’a pas apporté grand-chose aux potentiels bénéficiaires. Il a été décidé  dernièrement à Nairobi de reconduire ce protocole d’accord.

Les personnes à mobilité réduite ont droit à la vie comme toute autre personne. En matière d’encadrement des handicapés , la RDC est à la traîne d’autres pays africains.  

 Avantages évidents 

            Le secrétaire général de Parousia, Martin Lusambila a dit qu’en adhérant à la CIDPH, notre pays va tirer d’importants dividendes auprès des  organismes internationaux comme l’Unesco, l’OMS, le FNUAP… . .  Par la même occasion, un partenariat efficace va s’établir entre les structures internationales   techniques  et les organisations comme la Fédération Congolaise des Personnes avec Handicap « Fecopeha » ou encore d’autres structures locales à portée réduite. En outre, le gouvernement sera appelé à classifier les obligations en matière d’encadrement des handicapés. En définitive, l’adhésion à la CIDPH va beaucoup plus profiter à l’Etat congolais qu’aux  seuls handicapés, qui représentent un dixième de la population congolaise.

            En initiant cette journée, nous voulons amener les gouvernants à s’intéresser réellement à la CIDPH. Les acteurs sociaux ont intérêt à mettre la main à la pâte.  Il  s’est appesanti ensuite  sur le calvaire enduré par les personnes vulnérables dans divers  secteurs de la vie nationale. Et  s’est interrogé à haute voix si  nous sommes prêts à accepter comme beau-frère ou gendre… une personne avec handicap». 

 Clin d’œil appuyé au ministre Kambere 

            Le docteur Tshitenge a brossé la situation des personnes vulnérables en RDC. On a retenu de son exposé que dans la société traditionnelle, les invalides étaient totalement intégrés dans la vie active. On leur confiait des tâches spécifiques. Néanmoins, l’handicap était considéré comme un phénomène surnaturel.

La société moderne est caractérisée par l’automatisation et la mécanisation. Ces phénomènes  ont abouti à la création d’un plus grand nombre d’emplois et à la marginalisation des handicapés. Valentin Tshitenge a évoqué  le combat mené par ses pairs à travers une pétition initiée par les handicapés en février 2005, la « brèche » ouverte dans la Constitution de février 2006 pour  la promotion des groupes vulnérables, et quelques  dispositions prises en faveur des handicapés….

 Un acteur social a fait remarquer que le ministre des Affaires Sociales a l’obligation de ficeler dans le meilleur délai un avant-projet relatif à la CIDPH et en faire part à ses collègues de l’exécutif. Une fois ce texte adopté par le gouvernement, il sera alors transmis au parlement. Une fois cette étape franchie, le ministre des Affaires Etrangères va à son tour le déposer auprès des instances internationales.

Le député national Alain Makhana, présent au centre Carter, a promis d’apporter les recommandations consignées dans le document de travail lui remis  au bureau de l’Assemblée Nationale.

            La convention en elle-même comprend quatre parties : les généralités, les obligations des Etats parties, la mise en œuvre aux niveaux national  et international, les mesures de suivi.

            L’objet de la convention est de promouvoir , protéger et assurer la pleine jouissance des droits des handicapés, les différentes mesures relatives à la promotion et au respect des droits  sociaux, économiques, politiques… des mal voyants, mal entendants…. 

Jean-Pierre Nkutu

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