La RD Congo coupable de lenteur dans la lutte contre la pauvreté

0
27

 

Au moment où les économies africaines frissonnent par crainte d’être affectées elles aussi par les chocs exogènes de la crise de l’endettement dans la zone Euro, les Congolais ont besoin d’un autre regard sur la situation économique de leur pays, pour conforter leurs différents points de vue et profiter de l’occasion, pour évaluer l’action de leur gouvernement dans la gestion de la cité. Cet autre regard qu’ils veulent critique, est intervenu jeudi 15 novembre 2012, dans l’après-midi, au 5ème niveau de l’immeuble de l’Hôtel des monnaies, au cours d’un point de presse consacré sur la dernière publication du FMI intitulée «Perspectives économiques régionales en Afrique subsaharienne». Il était animé par Oscar Melhado, le nouveau représentant résident du Fonds monétaire international en RDC, qui comme il faudrait le rappeler, remplace à ce poste, Samir Jahjah, rappelé au siège de cette institution de Bretton Woods, pour d’autres fonctions.

            Bien que le FMI apprécie l’embellie enregistrée durant ces dernières années, avec des résultats économiques en RDC nettement améliorés, le représentant résident du FMI a cependant déploré les progrès lents dans la lutte contre la pauvreté et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, ainsi que la faiblesse des liens financiers de la RDC avec les pays de la zone Euro qui l’ont largement mis à l’abri des turbulences de cette région. Oscar Melhado note que le taux de croissance du produit intérieur brut ( PIB) réel a été d’environ 7 % en 2010 – 2011, et rque la vigueur des flux d’investissement et des échanges commerciaux en provenance des pays non européens, principalement alimentée par le secteur minier, a été le principal vecteur de croissance.

 Aux progrès notables qu’il a enregistrés sur l’évolution de l’économie de la RDC, il indique que le secteur extérieur s’est sensiblement amélioré, grâce à l’allègement de la dette au titre de l’Initiative PPTE. Mais la RDC reste à ses yeux, soumise à un risque élevé de surendettement en raison de sa vulnérabilité à la volatilité des termes de change, à la forte dépendance à l’égard des importations de produits alimentaires et de biens d’équipement, ainsi qu’au champ très limité des produits exportés.

            Dans le lot de ces progrès, Oscar Melhado note par ailleurs que les politiques macro-économiques ont solidement contribué aux récents résultats, et que la RDC a reconstitué dans une large mesure, ses marges de manœuvre. Il a fait observer que la domination budgétaire a été réduite durant ces dernières années, grâce à la discipline du gouvernement en matière des dépenses publiques et à son engagement à assurer un financement ( net) nul du budget par la Banque centrale du Congo. Dans l’analyse réalisée par le FMI, la forte discipline dans la restriction budgétaire a été une composante essentielle des efforts consentis par les autorités pour assainir les finances publiques. Ce qui pour lui, était nécessaire compte tenu du caractère limité de l’appui financier extérieur – du fait des préoccupations des bailleurs de fonds au regard de la gouvernance, notamment dans le secteur des ressources naturelles – et de la lenteur des progrès pour mobiliser davantage de recettes intérieures.

            L’amélioration de la situation économique de la RDC ne peut être ressentie que si cinq préalables sont remplis. Il s’agit d’améliorer la gouvernance économique, consolider la position macro-économique, favoriser la transparence au niveau des industries extractives, notamment avec la publication des contrats miniers. En outre, le gouvernement congolais doit poursuivre la réforme des entreprises publiques et poursuivre la conclusion de la 4 ème et de la 5ème revues du Programme économique. Le représentant résident du FMI en RDC a d’autre part insisté pour que soient améliorés les indicateurs sociaux, afin que la croissance puisse toucher le secteur de la lutte contre la pauvreté. Car, il estime que le niveau des recettes est encore faible et qu’il faudrait déployer des efforts dans ce domaine. Surtout que nos pays à faibles revenus ont encore un niveau gérable de l’endettement.

            Oscar Melhado a ensuite examiné la situation économique de quelques Etats africains que le FMI a répartis en pays exportateurs du pétrole, pays à faibles revenus, et pays à revenus intermédiaires.

A l’issue de ce point de presse, le représentant résident a répondu à quelques préoccupations des journalistes, des membres de la société civile et professeurs d’université.

                                                                                                               JRT 

LEAVE A REPLY

*