La priorité du ministre Muyej : améliorer les conditions sociales et de travail du policier

0
36
Le ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières a décliné mardi dernier, à la 7 ème réunion du Comité de suivi de la réforme de la police, ses priorités articulées en trois axes, à la tête de ce ministère. Il s’agit de la finalisation du cadre légal et réglementaire, la budgétisation des projets de la réforme et l’accélération de sa mise en œuvre.
Avec la promulgation de la loi organique portant organisation et fonctionnement de la PNC, Muyej estime que cette loi permet de poser le socle d’une future Police nationale congolaise qui est un service public, civil et accessible et à l’écoute de la population. Elle permet également d’améliorer sensiblement les conditions de travail de la police, aussi bien au niveau de son organisation que de son fonctionnement.
Dans le cadre de sa deuxième priorité relative à l’établissement de la budgétisation de la réforme, il entrevoit l’amélioration des conditions sociales du policier pouvant entraîner une mutation profonde des mentalités et de comportements. Et pour lui, l’octroi d’un salaire décent au policier passe par la promulgation de la loi sur le statut du policier et de ses textes d’application.
 
C’est dans cette optique que le ministre Muyej  entend mettre sur pied une commission mixte interministérielle élargie aux partenaires internationaux pour traiter des questions budgétaires liées à la réforme et contrôler la traçabilité des fonds mis à sa disposition.
S’agissant de l’accélération de la mise en œuvre de la réforme, sa dernière priorité, le ministre de l’Intérieur a signalé que la PNC est devenue un vaste chantier avec plusieurs réalisations dont l’opération de collecte des données des policiers qui a permis d’identifier les effectifs de la police. Après avoir promis de créer ensuite les cellules d’appropriation et de mise en oeuvre ( Camo), il a demandé au secrétariat exécutif du CSRP de transférer ses livrables conceptualisés à son niveau vers ce nouveau dispositif et d’élaborer avec la PNC, une stratégie opérationnelle de mise en œuvre.
 
Tout en dévoilant sa vision de la mise en œuvre de la réforme, le commissaire général a donné les quelques avancées. Entre autres, il a cité la création des structures transitoires, la définition d’une vision stratégique, l’élaboration d’un plan prévisionnel de renforcement de capacités des responsables de la mise en œuvre et la tenue du 21 au 23 juin, d’un atelier d’homogénéisation.
Avec l’aide des partenaires techniques et financiers, il a relevé la réalisation du projet de modernisation de la gestion des ressources humaines. Les opérations de collecte de données ont permis d’identifier, a-t-il indiqué, un effectif brut de 110.097 sur 118.135 policiers attendus, non compris les 770 recrues identifiées en avril dernier.
 
Outre le programme de formation pour la police de proximité avec l’appui de la Coopération britannique, de la Belgique, de la mission Eupol et de la Police civile de la Monusco, plusieurs autres projets sont exécutés dans les secteurs de transmissions, logistique, lutte cotre les violences sexuelles, ainsi que des budgets et finances.
Le commissaire général a évoqué d’autre part les principaux  écueils susceptibles de préjudicier la programmation des projets inscrits dans le plan d’action triennal de la réforme et la conduite de la mise en œuvre.
Au cours de cette importante réunion, le secrétaire exécutif du CSRP, le général Michel Elesse, est intervenu pour dresser un état de lieux de la réforme et a donné le processus de sa mise en œuvre démarré en 2005 avec la création du Groupe mixte de réflexion sur la réforme et la réorganisation de la police ( GMR 3), constitué par des experts congolais et internationaux.
Sur base des recommandations de cette structure, plusieurs étapes ont été franchies à la satisfaction des partenaires internationaux, notamment avec la création du Comité de suivi de la réforme de la police en 2007. Citons le cadre stratégique à long terme et le plan d’action triennal validés en 2009, la promulgation de la loi organique en 2011, l’élaboration et le vote de la loi du statut du personnel de carrière de la PNC en octobre 2011 et la conceptualisation par des groupes de travail du CSRP, des différents livrables en matière d’organisation, d’infrastructures, de logistique, ressources humaines, de la lutte contre les violences sexuelles basées sur le genre, la formation, validés par le CSRP.
 
Le général Michel Elesse a ensuite fait savoir que le CSRP est devenu dans le cadre de la mise en œuvre du Document de stratégie et de réduction de la pauvreté  ( DSCRP), le «  groupe thématique police », constituant ainsi le cadre formel de partenariat chargé de concevoir, de développer les stratégies nationales, d’aligner et de coordonner les différentes actions nationales et internationales dans le domaine de la réforme de la police dans le respect des critères d’amélioration de l’efficacité de l’aide.
Le secrétaire exécutif du CSRP n’a pas manqué d’esquisser la configuration de la PNC qui ne sera plus une « force », mais un service civil, démilitarisé de tout point de vue, apolitique et républicain. Il s’est étendu enfin sur quelques publications de sa structure, notamment le manuel, le guide pratique, les bulletins d’information, la cartographie et les rapports sur la collecte des données des policiers, avant d’inviter les partenaires à accompagner le CSRP, afin de relever ensemble le défi de la mise en œuvre de la réforme de la police actuellement très avancée.
 
Le coordinateur du Réseau pour la réforme des services de  sécurité et de la justice a interpellé les acteurs impliqués dans la réforme de la police, pour accélérer sa mise en œuvre de façon à doter le pays d’un corps de police répondant aux besoins et aux attentes des populations congolaises. Emmanuel Kabengele espère qu’avec la tenue régulière des réunions pour échanger sur le suivi et évaluation de la réforme, les problèmes qui se posent pourront trouver des solutions et la redevabilité de la PNC deviendra une réalité vivante.
 Signalons que plusieurs ministres et ambassadeurs avaient pris part à cette réunion.    
                                                                                                                     
                                          J.R.T.

LEAVE A REPLY

*