La presse, fille ainée de l’histoire de la Rd Congo

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 « Histoire du Congo dans la presse. Des origines à l’indépendance », tel est le titre du dernier  ouvrage du professeur Jean-Chrétien Ekambo, publié en 2013   aux éditions L’Harmattan qui a été porté, samedi 28 septembre dernier sur les fonts baptismaux par le doyen Raphael Mpanu-Mpanu  Bibanda, président honoraire de l’Union nationale de la presse du Zaïre. Très ému par cet essai qui replonge tout celui qui a le souci de connaitre l’histoire et de corriger certaines pages édulcorées  de  l’histoire de la Rd Congo,   «  je te souhaite longue vie pour que tu sois lu pour l’édification de toutes les générations futures », c’est en ces termes là  que celui-ci,  en acteur averti de l’histoire de la Rd Congo,  a salué cette œuvre de l’esprit. Parrainée,  par Baudouin Banza Mukalayi Sungu, ministre de Sports, Culture et Arts, la cérémonie  du vernissage a  eu lieu en la salle des conférences du Cepas,  dans la commune de la Gombe en présence de nombreux invités dont de scientifiques et de  hommes de culture de renoms.

Des pages de l’histoire méconnues

            Dans cet ouvrage à valeur scientifique inestimable,  très fouillé et préfacé par le professeur Ndaywel è Nziem, Ekambo s’impose une nouvelle manière de lire l’histoire de son  pays,  non pas  à travers de faits historiques connus de façon plate et sans perspective, mais plutôt  à travers le regard   d’un témoin longtemps  ignoré et minoré  dans tous les récits  qui jalonnent le parcours de ce pays de  l’Etat indépendant du Congo jusqu’au jeudi 30 juin 1960.

            Ce témoin n’est autre que  la presse et les nombreux reportages  des journalistes professionnels ou pas,   qui en tous temps ont  joué un rôle  déterminant dans l’édification des  consciences collectives tant en occident qu’au pays qui en témoignent.   Preuve à l’appui, l’essayiste met  un point d’honneur  en affirmant  que Henry Morton Stanley, présenté souvent  comme  explorateur, était avant tout   un journaliste,  envoyé  spécial du journal américain, le  New York Herald puis  du  journal anglais  Daily Telegraph  venu pour  essayer de pénétrer le mystère  du bassin du Congo. Mais aussi,  Edmund Morel, journaliste anglais  farouche opposant à Léopold II,  qui avait permis de mettre au grand jour les crimes subis  par les indigènes congolais et le scandale  du caoutchouc du sang. Les journaux locaux ne sont pas en reste, l’auteur montre combien de périodiques tels que Conscience africaine et d’autres ont pu contribuer efficacement dans le combat  pour l’émancipation de l’élite noire d’avant indépendance.   Sur le plan politique, ce livre passe en revue  l’épisode de l’indépendance à travers ses grands événements :    formation des premiers partis politiques,  événements du 4 janvier 1959,  les deux discours de Lumumba ainsi que le fameux  « livre d’or »,  Ekambo  apporte plusieurs correctifs  qui devront absolument être intégrés dans tous les manuels en cours d’utilisation dans les  écoles congolaises,  afin de rétablir la vérité historique dans ses droits.

            Outre le  baptême proprement dit, la célébration de cette œuvre de l’esprit a connu trois temps fort.

Premier à prendre la parole, le professeur Ndaywel a salué le foisonnement et le dynamisme de    l’écriture congolaise actuelle. Car, admet-il,  le temps où les mêmes éditions étaient pessimistes appartient désormais au passé, pour preuve, aujourd’hui on ne compte  de publications congolaises de qualité que L’Harmattan met chaque année  sur le marché de livres. A travers cet essai, Ndaywel,  invite à considérer l’histoire plutôt comme une science carrefour et non comme une chasse gardée des historiens.  Car, on y arrive par plusieurs chemins, pour preuve, l’ouvrage d’Ekambo a une portée multidisciplinaire.

            Quant  à l’abbé Léonard Santedi, qui a fait la pensée libérée de cet ouvrage, il   a d’emblée qualifié les recherches menées  pour son écriture  de véritable travail de moine Bénédictin en raison de la multiplicité de sources consultées par l’auteur afin d’éviter de tomber dans la subjectivité. Ainsi, tout en  reconnaissant l’apport  non négligeable de la presse comme faiseur de l’histoire, Léonard Santedi a encouragé  les médias pour qu’ils servent véritablement à bâtir une société basée sur les valeurs afin de cimenter les liens qui nous unissent. Il a également profité de  cette tribune pour  exhorter l’élite congolaise d’aujourd’hui, qui semble avoir mis ses lumières sous le boisseau  à s’engager sincèrement pour jouer  son rôle  dans le développement du pays comme l’avaient  fait avant eux,  tous ceux qui à l’aube de l’indépendance avaient  pris à bras le corps le destin du pays à travers leurs engagements.

Pour beaucoup d’invités, c’est un autre Banza, journaliste et homme de la radio qui s’est révélé et que beaucoup ignorait cette face cachée  de cet homme politique. Sans pince ni rire, Banza Mukalayi, s’est dit honoré de participer au vernissage de ce livre qui selon ses propres mots  montre combien la production  intellectuelle demeure très féconde dans notre pays. Il a ainsi, comme autorité,  annoncé en marge de cette manifestation la tenue  chaque année d’une exposition de livres des écrivains congolais, connus seulement de quelques initiés    afin de les faire connaitre au grand public.

Chroniqueurs  jusqu’au bout

            Dans son  mot de remerciement, Jean-Chrétien Ekambo a émis le vœu de voir son livre dépassé le cercle très fermé des intellectuels pour qu’il atterrisse  dans le peuple profond pour  fournir de repères historiques à la   jeune génération. A titre illustratif, il a  souhaité  utile que tout  écolier congolais sache  désormais que l’indépendance du pays  fut  proclamée un certain jeudi et que cela l’a été au Palais du peuple (Palais de la nation). C’est forcément, ce lapsus de l’auteur qui a fait amplifier la chronique qui couvait déjà dans la salle à chaque détour d’une phrase ou d’un mot.  Ainsi, tous les chroniqueurs dont les noms se confondent désormais à la profession,   au nombre desquels  Kitutu Oleontwa, Kasonga Tshilunde,  Tito Ndombi,  Bernard Munsoko, Polydor Muboyayi, Paul Massey  ont énergiquement protesté pour demander à l’auteur de se corriger sur le champ. En bon vieux journaliste et en bon enseignant, Ekambo s’est tout de suite amandé à la grande satisfaction de ses confrères.  Outre ce groupe de journalistes, on a aussi vu  d’autres hommes et femmes des médias tels que Kudura Kasongo, Raymond  Ramazani, Christiane Munoki, Mulangu, Claude Mukeba, Achille Ekele, Jiji Mujinga, Madeleine Mbongopasi  et  Clément Nzau.  Parmi les professeurs, on a entre autres noté la présence   de Vunduawe, Lesendjina, Rigobert  Munkeni, Emile Bongeli,  Jean-Pierre Manuana, Georges  Mulumba, Jean-Pierre Bokanga, kahumba, André Yoka qui en a fait la recension, venus tous assister leurs collègues ainsi que le député Jean-Claude Vuemba, le couturier Okasol, pour ne citer que ceux-là.

VAN 

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