La Position de la plateforme AETA face à l’impasse du processus électoral 2015-2016 en RD Congo

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IMG_1651A douze mois du délai constitutionnel, il est toujours possible d’organiser des élections crédibles, justes et transparentes  qui prennent en compte  le défi majeur de l’inclusion des jeunes de 18 à 22 ans non-enrôlés. Ainsi le consensus électoral en demeure une condition sine qua non.

Depuis le mois de septembre dernier, l’espace socio-politique congolais continue à enregistrer à récurrence des événements déterminants tant pour l’avenir de notre démocratie que pour le destin du Pays lui-même. L’AETA a scruté avec objectivité, réalisme et rigueur tous ces événements dans leur succession. Il découle  de cette analyse le constat global que le processus électoral congolais enclenché depuis 36 mois  s’en trouve profondément entravé,  totalement inopérant et, de ce fait, engouffré dans la caverne politicienne.

L’AETA relève également que l’environnement de la période préélectorale en cours est caractérisé par des antagonismes, des querelles et des confusions politiciens qui ont débouché sur des attitudes et pratiques d’intolérances, de violences physiques et psychologiques diverses ainsi que des intimidations ayant comme conséquences majeures la restriction de l’espace citoyen et politique et ainsi l’instauration de la peur du lendemain. Il sied de signaler qu’au lieu de leur  rassurer la paix et la quiétude, les discours et messages des différents acteurs clé du processus électoral immergent les populations dans la frustration et les encagent dans  une angoisse totale qui risquerait d’exploser au travers des actes de violences citoyennes et intercommunautaires ignobles.  Le peuple congolais se demande instamment s’il n’a pas eu tort de s’engager dans le schéma de la démocratie.

Au-delà des débats confusionnistes, obscurantistes et anachroniques sur la pertinence de la participation ou la non-participation des uns et des autres au dialogue politique national, l’AETA reste hantée par le questionnement permanent de la possibilité et de l’opportunité d’organiser les élections crédibles, justes et respectueuses des règles constitutionnelles dans les 12 mois qui nous séparent de la date fatidique du 20 décembre 2016. Cette question centrale semble éludée par les principales parties prenantes du processus électoral ; alors qu’elle doit être posée en ce temps et ne pourra guère  être posée après ce temps.

L’analyse constructive du calendrier électoral global du 12 février 2015 faite par l’AETA l’amène à conclure avec conviction qu’il est possible de résoudre la crise démocratique qui se profile  à l’horizon par l’ organisation en priorité des élections combinées  provinciales, législatives et présidentielle dans les douze mois de l’intervalle du délai constitutionnel sans contradiction avec l’exigence de l’inclusion des nouveaux majeurs.

L’AETA propose ainsi un calendrier alternatif référentiel à deux hypothèses dont les opérations sont  strictement comprises de janvier à décembre 2016. Ce calendrier concerne les trois scrutins précités verrouillés par la Constitution et prend en compte l’opération d’identification et d’enrôlement des jeunes de 18 à 22 ans non encore inscrits au rôle d’électeur pour la première hypothèse ; alors que la seconde postule  l’éventualité du retardement de l’enrôlement des nouveaux majeurs pour utiliser en revanche le fichier électoral disponible. Ledit calendrier planifie également les élections urbaines, municipales et locales en les post-posant à partir de 2017. Cela suppose que l’année 2016 marquera à la fois la fin du cycle électoral 2011-2016  et le début effectif du cycle électoral 2017-2021 avec les élections de base.

Cependant,  l’AETA note quatre préalables majeurs sans la conjonction desquels la faisabilité, la réussite et l’efficacité de tout calendrier actualisé ne peuvent se traduire en une réalité. Il s’agit notamment : de la volonté politique raisonnée ; de l’adhésion et l’engagement  consensuels  des acteurs clé ;  de la disponibilisation de fonds nécessaires assortie d’un planning  contraignant de décaissement et de suivi contrôle ; du strict respect de l’indépendance et l’autonomie totale de la CENI et,  enfin, de l’ouverture responsable aux et/ou des Partenaires Techniques et Financiers.

L’AETA en appelle enfin à tous les acteurs clé :

  1. A libérer totalement le processus électoral en le mettant à l’abri des divers laboratoires et calculettes « démocraticides» sans âme nationaliste ni patriotique ;
  2. Dans le contexte actuel d’urgence et de contingence électorales, à refaire pleine confiance à la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI, dont l’indépendance et l’autonomie ainsi que la confiance doivent, du reste, être respectivement préservées et consolidée ;
  3. Enfin, à reconstruire, grâce à l’ouverture communicationnelle franche et véridique, la cohésion et l’unité nationales, gage de la paix post-électorale et de la consolidation de la démocratie.

L’AETA recommande à tous les acteurs clé de mettre fin aux spectacles de la  guéguerre  dominant actuellement, lequel retarde heure après heure, jour après jour, le processus électoral jusqu’à pousser la République à violer de justesse la disposition constitutionnelle de soutènement de la Démocratie congolaise. Ceux-ci sont appelés à reconstruire de toute urgence le consensus électoral à travers un mécanisme participatif de pourparlers véridique et légitimes.

L’AETA lance ainsi à ce jour des actions d’information-sensibilisation et de mobilisation de l’adhésion citoyenne autour de la nécessité d’un calendrier électoral constitutionnel, en vue de mettre la population congolaise en éveil permanent face à tous les enjeux liés au processus électoral.

Avec tous les remerciements pour votre engagement

                                                        Fait à Kinshasa, le 18 Décembre 2015

Pour l’AETA,

Gérard BISAMBU                       Grace LULA                    Jérôme BONSO

Secrétaire Exécutif          Secrétaire Permanente Adj.       Secrétaire Permanent