La population inquiète : après les cambistes, à qui le prochain tour ?

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            Aujourd’hui, la question de la criminalité qui brûle sur toutes les lèvres à Kinshasa, est celle de savoir à qui le prochain tour, après les attaques des cambistes par des malfaiteurs patentés qui font trembler actuellement la ville de Kinshasa.  Bandalungwa, Kasa-Vubu, Rond-point Forescom, Kintambo-Magasins, Delvaux, Kinsuka Pompage, Livulu, Salongo-Sud, Bon Marché, Kingabwa, Quartier Debonhomme, Limete, la liste n’est pas exhaustive. La plupart des places de change de la capitale ont subi la violence des malfaiteurs armés. Appauvris à plusieurs reprises pour la plupart, et même tués, les changeurs de monnaies de la capitale ne cessent d’exprimer leur vive inquiétude, face à la recrudescence des actes de banditisme dont ils se reconnaissent comme les premières victimes. La profession traverse la plus sombre période de son histoire, avec des morts. Car, la série noire que continue de vivre dans la ville de Kinshasa, depuis le début de l’année, ne semble pas s’arrêter.

            Les risques d’attaques en série, ces temps derniers, dans la ville de Kinshasa, notent des analystes, ont été multipliés par dix. En effet, la profession a enregistré en moins de six mois, une trentaine d’attaques des malfaiteurs. Elle crie à l’insécurité et réclame des autorités de la ville, des mesures de sécurité sur leur lieu de travail.

            Face à ce danger, une délégation des changeurs de monnaies est allée rencontrer l’autorité monétaire en vue d’obtenir une révision à la baisse, des frais d’agrément des bureaux de change.

            Avec le vent en poupe, les brigands, eux ne sont pas prêts à stopper leurs attaques. Ils en multiplient partout, avec une furie surprenante. Ce qui a suscité toute la rage du commissariat provincial de la police à leur déclarer la guerre. C’est d’ailleurs dans le cadre de la lutte contre le grand banditisme dans la capitale que nous avons appris le rappel des troupes au sein du Groupement de recherche et d’investigations, l’ancien bataillon de la police d’investigations criminelles. Cette décision du patron de la police de la ville de Kinshasa est en train d’être matérialisée. En effet, après la présentation au camp Lufungula de l’échantillon des braqueurs spécialisés dans les attaques des agences de banques, l’on doit s’attendre dans les prochains jours, d’une nouvelle carte de redéploiement des limiers de cette unité antigang dans les 24 communes de la ville de Kinshasa.

            On se rappellera qu’au lendemain de l’affectation des enquêteurs de la police criminelle dans d’autres unités et services de la police provinciale, les bandits avaient jubilé, espérant que cette unité qui leur avait livré une guerre impitoyable était dissoute. Elle était morte de sa belle mort. La semaine qui a suivi cette restructuration, a connu la réouverture de certains fiefs des malfaiteurs. Les bandits ont curieusement repris du service, lançant des attaques partout.

            L’intensification de la lutte contre le banditisme devrait en principe cibler ces malfaiteurs qui se recrutent dans tous les milieux, particulièrement des éléments incontrôlés. On se rappellera que dans le temps, c’était des enfants des déserteurs, si pas leurs parents qui entretenaient l’insécurité. On a découvert à cette époque-là, non sans étonnement que ces malfaiteurs en herbe utilisaient des uniformes et des armes de leurs parents. Il a fallu des mises en garde répétées  et des rappels à l’ordre des autorités pour voir l’insécurité baisser de plusieurs crans.

Les analystes pour leur part, expriment des craintes justifiées avec la montée du banditisme. Les autorités de la police doivent donc agir avec fermeté. Car, pour eux, si rien n’est fait, ce ne seront pas de simples bandits qui donneront du fil à retordre à la police, mais des milices, sinon des cartels de la drogue.

            Cette saison criminelle présage les séries des braquages qui pourraient intervenir à la fin de cette année.

J.R.T.                     

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