La politique de l’impunité encourage les criminels, estime l’Acidh

0
112

L’Action Contre l’Impunité pour les Droits Humains, ACIDH en sigle, condamne les attaques à l’aide d’armes de guerre perpétrées par la milice Maï-Maï sous le commandement de l’ex- seigneur de guerre MVUENDE wa MUTUMPA KALUNGA contre la population civile du Groupement Kabumbulu dans le Territoire de Malemba-Nkulu  et exige des poursuites exemplaires à son égard et à ses hommes.

En effet, tout est parti de l’investiture  d’un nouveau Chef de groupement Kabumbulu nommé par le Ministre de l’Intérieur du gouvernement central en remplacement de sieur MVUENDE qui avait été investi à ce poste en 2001. Une décision contestée par l’ex-chef Maï-Maï qui,  pour manifester son mécontentement, a organisé une attaque à l’aide d’armes de guerre  contre le village ci-haut cité. Les informations en notre possession  font état d’ une personne tuée, du  pillage de tous les biens domestiques des habitants  qu’ils ont amené dans un village voisin appelé Kasombwe, à 3 kilomètres de Kabumbulu et de plusieurs maisons et cases endommagées au cours de cette attaque .  C’est à Kasombwe qu’il aurait érigé une barrière et installé son quartier général avec ses hommes munis d’armes de guerre .

L’ACIDH considère inefficace et inapproprié la mesure du Gouvernement  provincial du Katanga qui consiste à gratifier avec  une somme de 3 millions de francs congolais(l’équivalent de trois mille trois cents dollars américains, 3300 USD), quiconque pourrait l’aider dans cette entreprise. Pendant ce temps, le nouveau chef du groupement Kabumbulu s’est réfugié à Malemba Nkulu centre où  l’Administrateur du Territoire de Malemba Nkulu affirme ne pas avoir  eu aucune instruction écrite de la part du Gouvernement provincial et les moyens appropriés pour ce faire .

L’opinion se souviendra que MVUENDE  était l’un des généraux de brigade de la milice Maï-Maï nommée « Maï-Maï Simba » ou « Simba Maï-Maï» commandée par le Général MAKABE  de son vrai non KALENGA NGWELE. Déjà en 2000, il avait sous son contrôle en tant que commandant Maï-Maï, le Groupement de Kabumbulu, dans la Collectivité de Mulongo.  En janvier 2001, MVUENDE avait été investi officiellement comme Chef de ce Groupement Kabumbulu  par une délégation du Bureau du Gouverneur  après que MAKABE et ses hommes aient marché sur Kabumbulu en pillant, tuant et détruisant les biens meubles et immeubles particulièrement l’hôpital missionnaire à la suite de l’affrontement avec les Forces Armées Congolaises(FAC) .

L’ACIDH attire l’attention de l’opinion sur le fait que MVUENDE comme bien d’autres chefs de la milice Maï-Maï n’ont jamais fait l’objet des poursuites sérieuses pour tous les crimes commis au nord-Katanga simplement parce qu’ils ont bénéficié de la politique de l’impunité mise en place par le Gouvernement de la République qui préfère récompenser les criminels en lieu et place de les sanctionner et d’indemniser adéquatement les victimes au nom de « la paix ».

L’attaque récente de sieur MVUENDE contre le Groupe Kabumbulu s’inscrit logiquement dans cette politique et remet en surface le problème de la détention d’armes de guerre par les ex-milices Maï-Maï. Celles-ci n’ont jamais été désarmées en dehors de l’opération « arme contre vélo » menée par le PAREC où seule la volonté du détenteur d’armes compte.

L’ACIDH rappelle en outre à l’attention de la justice quelques noms de certains chefs Maï-Maï qui circulent encore librement après avoir semé la mort, la terreur, le pillage, l’incendie des maisons, le viol à grande échelle, les mutilations sexuelles…au nord de la province du Katanga sans que la justice ne les inquiète outre mesure jusqu’à ces jours : il s’agit de : Général de Brigade N’SOKO et son adjoint le Capitaine JONATHAN (Malemba centre) ; Général de Brigade MVWENDE wa MUTUMPA KALUNGA(Groupement Kabumbulu) ; Général de Brigade Gédéon KYUNGU MUTANGA( Collectivité Museka, celui a déjà été jugé au premier degré, il est en appel actuellement) ; Général de Brigade KABALE MAKANA A N’SHIMBA( collectivité de Kayumba, il est décédé le 13 mai 2003 mais remplacé par son épouse KASAMINA et son fils LONYA) ; Général de Brigade MANGI(Collectivité de Kinkonja) ;Le Général MAKABE(Secteur Badia, son fief, le commandement était confié à MOKAMBO et JOHN son frère) ; BAKANDA BAKOKA et TSHINJA TSHINJA (dirigeaient la milice dans le Territoire de Kabongo) ; Le Général Chef d’Etat Major autoproclamé Gilbert KIYOMBO NTAMBO KISHESHE WA MBUYU( dirigeait le Territoire de Manono)…

A ces jours, des centaines de victimes des crimes commis par ces milices Maï-Maï n’ont toujours pas accès à la justice et aux réparations adéquates des préjudices subis. Le cas du  chef de guerre Maï-Maï Jean Pierre Mulume Ngwena, mieux connu sous son nom de guerre, Tshinja Tshinja,  arrêté à Kinshasa depuis avril 2005  sans jugement jusqu’à ces jours est une illustration éloquente. 

L’ACIDH est convaincue que la politique de l’impunité ne peut qu’encourager les criminels à persévérer et les bons citoyens à devenir criminels d’où elle formule des recommandations suivantes :

Au Gouvernement

• De dépêcher urgemment des forces de sécurité pour arrêter MVWENDE et ses hommes afin de permettre à la population en fuite de revenir en sécurité au village ;

• D’être conséquent avec sa politique de « tolérance zéro », en désarmant d’abord toutes les milices Maï-Maï du Nord-Katanga et en mettant les moyens nécessaires pour que tous les Maï-Maï auteurs des violations massives des droits de l’Homme soient efficacement poursuivis ;

Au pouvoir judiciaire notamment le Procureur Général près la Cour d’Appel de Lubumbashi et l’Auditeur Supérieur près la Cour Militaire du Katanga.

• D’ouvrir des enquêtes sur base de la liste ci-avant et le cas échéant d’engager des poursuites sérieuses contre tous les Maï-Maï qui se seraient rendus coupables des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre.

 

LEAVE A REPLY

*