La Police judiciaire sensibilisée sur la réforme de la PNC

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Dans notre pays où la population a perdu la confiance en sa police, à la suite des multiples cas de tracasseries, des brutalités et autres extorsions dont les policiers se rendent coupables à longueur de journée, la réforme de la Police nationale a toute son importance quand on sait qu’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, requiert un corps d’élite avec des éléments formés et dotés d’un idéal républicain. Sous d’autres cieux, la mise en œuvre de mutations dans les structures de commandement et d’exécution de la police, et dans son mode de fonctionnement, est érigée en priorité nationale.

Aussi le Secrétaire exécutif du Comité de suivi de la réforme de la police déterminé, à matérialiser les fondements  de la Police nationale congolaise, selon la vision du chef de l’Etat et les orientations du gouvernement, a évoqué la plupart des textes légaux et réglementaires régissant son organisation et son fonctionnement. En rappelant les principales étapes de l’historique, le vendredi 24 juillet 2015, dans la salle des conférences de Notre-Dame de Fatima, aux agents et cadres de la coordination de la police judiciaire, le général Michel Elesse Yombentole a montré le laborieux travail accompli par son « laboratoire » calqué sur les aspirations des populations congolaises de voir enfin, notre pays doté d’une police moderne, différente des anciennes forces de l’ordre qui ont existé en RDC.   Le personnel de la police judiciaire a appris, lors de cette campagne de sensibilisation et de vulgarisation de la loi organique de la police, que ce nouveau corps se distingue par le respect des droits de l’homme dans l’exercice de ses missions. Les éléments sortis de la 1 ère session de formation du centre d’instruction de la police à Kasangulu, tout comme ceux qui traînent encore les pieds, ont réalisé que la réforme de la police est en marche et qu’ils doivent s’adapter aux nouvelles normes policières de peur d’être déphasés et déconnectés de ces réalités.

Sorti du centre de Kasangulu, le commissaire général adjoint en phase avec la réforme

Nullement complexé par son passage à Kasangulu, le commissaire général adjoint chargé de la coordination nationale de la police judiciaire, un des finalistes de la 1 ère session de cette formation, a d’ailleurs invité tout son personnel, à être en tenues à chaque parade. Baelongandi a exhorté les agents et cadres de la 2 ème session de formation, à vite rejoindre Kasangulu, pour la séance d’ouverture. Il s’est réjoui d’annoncer qu’il ferait de l’appropriation de la réforme, son cheval de bataille, dont la réussite passe aussi par l’implication de ses agents et cadres.

            Me Simon Musondoli, expert du CSRP, a donné l’économie de la loi organique de la police, illustrant les innovations, notamment le maintien de l’ordre et le statut démocratique du policier. Après un bref rappel des cadres constitutionnel et légal de la PNC, ce juriste a dévoilé les rapports de la PNC avec les différentes autorités politico-administratives, judiciaires et militaires, avant d’aborder la question liée aux institutions habilitées à contrôler la PNC.

            Il a été complété par le commissaire supérieur adjoint Alain Kabengele qui s’est intéressé aux organigrammes et au fonctionnement du Conseil supérieur de la police, au Commissariat général, à l’inspection générale et aux différentes structures des commissariats provinciaux pour les unités territoriales et locales.

            Le commissaire supérieur principal Daniel Makakuna a éclairé les agents et cadres de la coordination nationale de la police judiciaire, sur la doctrine de la police de proximité, sa raison d’être, sa mise en œuvre et l’état de son expérimentation à Matadi, Kinshasa, Kananga, Bukavu et Bunia.

            Une fois les principes de 3 P (proximité, partenariat et prévention) et 3 R ( résolution des conflits, respect de droits de l’homme et redevabilité) définis, il a mis en exergue les valeurs de la PNC que doivent intérioriser les policiers, et dévoilé les organes de concertation entre la police et la population ( le conseil local pour la sécurité de proximité, les forums de quartiers, de groupements et de villages).

            Enfin, le commissaire supérieur principal Daniel Makakuna a situé la place du commissariat de référence avec ses dix règles d’or et toutes ses structures dans le découpage administratif de la province à travers la loi de la décentralisation.

            Lors du débat, les anciens IPJ ont formulé des inquiétudes quant au statut pénal du policier, surtout qu’il est justiciable devant les tribunaux civils et militaires. Me Musondoli a expliqué que tout projet d’amendement pour changer cette disposition légale devrait émaner du législateur ou de l’initiative du gouvernement.          J.R.T.