La Police criminelle recherche les tueurs de Judith Domba et de Mado Bukaka

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Avec ses ruelles délabrées, ses quartiers plongés la nuit dans l’obscurité, Bumbu est aujourd’hui rangé parmi les communes enclavées et sans grande activité économique et en proie à une grande criminalité. Malgré quelques coups de filet sporadiques de la police, il continue à servir de terreau pour des marginaux qui insécurisent cette partie de la capitale. Cette insécurité avait connu une baisse sensible après que les enquêteurs du Bataillon de la police d’investigations criminelles aient mis la main sur quelques éléments incontrôlés auteurs de plusieurs actes de banditisme. On se rappelera dans leur modus operandi qu’ils se postaient souvent dans des maisons de communications pour suivre les conversations de leurs potentielles victimes. Les dates et les montants des transferts d’argent, les codes secrets pour le retrait des fonds, l’expédition des colis et autres valises et même les noms des convoyeurs, étaient prélevés à l’insu de ces dernières. Et il était surprenant de constater que les brigands qui visitaient les victimes, réclamaient les colis et les fonds dont ils connaissaient les montants et les noms des bénéficiaires. Tout le butin leur était remis alors sans résistance, au risque de subir leur courroux.

 Si pour la petite criminalité, les Kuluna en herbe qui ont pris la relève de leurs chefs de bande actuellement en détention, paradent la nuit par bandes rangées avec des armes blanches, les brigands ne sont pas en reste. Des braquages sont opérés dans des boutiques et des terrasses, mais aussi des vols à main armée commis dans des maisons d’habitation. Et dans ce climat généralisé d’insécurité, jamais on a appris des accrochages entre les marginaux et les voleurs à main armée. C’est comme s’ils se répartissaient le territoire, évitant d’opérer dans les fiefs des autres.

Le Bataillon de la police d’investigations criminelles  vient de lâcher ses limiers, au lendemain du meurtre de Judith Domba, âgée de 37 ans, et résidant sur avenue Luvambano n° 103, quartier Ntomba. Ce crime qui a sanctionné le braquage attribué à deux malfaiteurs habillés en tenues militaires, a été perpétré, comme il faudrait le rappeler, le lundi 11 novembre 2013, vers 1 heure du matin.  Cette nuit-là, raconte aujourd’hui un témoin des faits encore traumatisé, Judith Domba et son compagnon revenaient d’une soirée. Ils longeaient les rues noires de Bumbu sans se douter que cette promenade nocturne serait la dernière pour la dame.  Non loin du domicile de la dame, ils étaient suivis de près par deux ombres humaines en tenues militaires. Juste au moment où ils refermaient la porte d’entrée, les intrus ont toqué. Pour en avoir le cœur net, la dame a réouvert la porte en bois et s’est retrouvée nez-à-nez avec les deux brigands. L’objet de leur visite à ces heures indues : l’argent et les téléphones. Pendant que la dame tergiversait, afin que les voisins puissent entendre les bruits de la dispute et interviennent, des coups de feu ont retenti. L’un des bandits a tiré sur Judith. Atteinte à la poitrine, elle est tombée, a aussitôt rendu l’âme. Les brigands se sont alors retournés vers son compagnon traumatisé et désemparé, pour le dépouiller de la somme de 50 dollars. Les membres de famille de Domba alertés par les détonations d’armes à feu dans la parcelle, sont sortis en catastrophe de leurs appartements, cherchant à en savoir plus des raisons de cette fusillade. Voilà que les deux éléments incontrôlés leur ont réclamé de l’argent et des téléphones.  Face à ces menaces, ils ont remis aux malfaiteurs la somme de 100.000 FC, ainsi que trois téléphones portables.

Un autre cas de meurtre

au quartier Mabulu, commune de Makala

 Ce n’est pas le seul cas d’insécurité enregistré ces temps derniers dans le secteur et qui justifie la traque déclenchée par les unités de la police. On signale qu’une semaine auparavant, c’est Madeleine Bukaka, qui a fait les frais de cette insécurité galopante, au quartier Mabulu, commune de Makala. Cette dame résidant sur avenue Bulambemba n°4, a été brutalement réveillée dans la nuit du 6 novembre 2013, vers minuit, par des bruits à la porte de son appartement.

Dès qu’elle a ouvert, trois hommes armés dont deux habillés en tenue civile et le troisième en tenue militaire ont fait irruption dans sa maison. Lors de la dispute, ces délinquants à la gâchette facile ont tiré sur la dame. Son mari est intervenu, mais que pouvait-il avec ses mains nues contre des bandits armés ? Ils lui ont tiré une balle à l’épaule. Luttant entre la vie et la mort, Mado Bukaka est décédée avant d’atteindre l’hôpital Monkole à Mont Ngafula. Son compagnon sera acheminé à l’Hôpital militaire de référence du camp lieutenant-colonel Kokolo.

            Les échos de la fusillade ont alerté à la fois les commissaires de Makala et Selembao Sud. Plusieurs centaines de mètres plus loin, le commissaire Shima Mimbangu, OPJ de permanence au commissariat de Selembao Sud, a été dépêché dans le secteur avec quelques éléments pour s’enquérir de cette fusillade, et éventuellement appréhender les auteurs. Alors qu’ils s’engageaient dans le quartier Mabulu, réputé berceau de l’insécurité, les policiers ne s’imaginaient pas qu’après leur coup, les criminels dévalaient les rues escarpées pour rejoindre leur repaire. Soudain, c’est l’accrochage. Les bandits ont tiré les premiers sur les éléments du commissariat de Selembao Sud. Mortellement atteint, le vaillant commissaire Shima Mimbangu est mort sur le coup dans l’exercice de ses fonctions. Et pendant que les membres de son équipe se débattaient pour le conduire d’urgence dans un centre médical proche, afin de tenter l’impossible, le trio en profitait pour prendre le large.

Dans cette partie de la capitale, la population victime à maintes reprises de plusieurs cas de banditisme auxquels s’ajoutent des agressions répétées des Kuluna, a opté pour une solution qui a fait recette dans certains quartiers de la ville de Kinshasa, constituer des groupes d’autodéfense populaires, en attendant que la police provinciale parvienne à réorganiser la couverture sécuritaire dans les zones criminogènes.

                                    J.R.T.             

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