La pétition contre Malumalu déposée auprès de Minaku

2
47

malu-malu-chasseInitiée par les acteurs politiques et de la société civile regroupés au sein de la plate-forme « Sauvons la RDC »   depuis le 17 février 2014, la pétition contre le président de la Commission Electorale Nationale Indépendante, l’abbé  Malumalu, a été déposée hier jeudi 24 avril 2014 auprès du président de l’Assemblée Nationale, Aubin Minaku.

Martin Fayulu des FAC, Jean Bertrand Ewanga de la CVD et Christopher Ngoyi, ont conduit  une forte délégation composée de leurs membres  au Palais du peuple, pour obtenir l’éviction du prêtre catholique de la tête du bureau de la CENI.

Mayo, Mukonkole, Puela, Kalele et Bosco Puna…ont  également répondu à l’appel. En face, du speaker de la Chambre Basse, Martin Fayulu a, au nom de ses pairs,  fait état de 54.192 signatures réunies pour leur pétition, malgré les intimidations de la police, en violation selon lui de l’article 27 de la Constitution.

Le coordonateur des FAC a affirmé que 51.192 signatures ont été remises physiquement au président de l’Assemblée Nationale car 3000 ont été emportées par les policiers.

«Nous, peuple congolais, signataires de la présente de la présente, exigeons la démission immédiate de Monsieur l’Abbé Malumalu de la présidence de la CENI pour violation intentionnelle de la Constitution, des lois de la République et du Code de bonne conduite de l’agent public »,  a martelé Martin Fayulu, pour rappeler la teneur de leur pétition.

Dans ladite pétition, les acteurs de « Sauvons la RDC » désapprouvent la feuille de route de la CENI telle que présentée par son Président, l’Abbé Malumalu, qui propose l’élection des députés au suffrage indirect, la tenue des élections urbaines, municipales et locales avant les élections provinciales et sénatoriales, Interrompant ainsi le cycle électoral commencé en 2011.

Ils soupçonnent également Malumalu de vouloir organiser les élections sans au préalable effectuer l’audit du fichier électoral et recruter le personnel de la CENI, notamment le secrétaire exécutif national  et son adjoint sans appel à la candidature, en violation de la loi et du Code de l’agent public de l’Etat.

«J’ai tenu à réceptionner personnellement la pétition par respect aux députés qui ont entrepris cette démarche », a lâché Aubin Minaku, qui a délégué son directeur de cabinet, Jean Pierre Lihau, pour rendre publique sa position par rapport à cette initiative de l’opposition.

Dans une déclaration à la presse, le porte- parole de Minaku a souligné que le président de l’Assemblée National inscrit cette  pétition de l’opposition contre le président de la CENI dans le cadre de la participation directe de la population à l’exercice de la démocratie.

« Aujourd’hui, l’opposition a déposé une pétition. Demain, la majorité peut faire autant pour solliciter un referendum », a-t-il souligné, avant de préciser que l’Assemblée Nationale n’est pas compétente pour relever de ses fonctions le président d’une institution indépendante d’appui à la démocratie comme la CENI.

A ce sujet, Ewanga a rétorqué que l’action menée par leur plate –forme est éminemment politique et rappelé que dans un passé récent, l’Assemblée nationale avait obtenu le départ de Ngoyi Mulunda.

 Langage des sourds entre la CENI et « Sauvons la RDC »

Dans la matinée,  avant de se diriger au Palais du peuple, les acteurs de « Sauvons la RDC » avaient atterri au bâtiment de la CENI pour déposer leur pétition auprès du patron de cette institution. Ce dernier a délégué le rapporteur adjoint pour recevoir ceux qui tiennent à sa déchéance.

Le représentant de Malumalu  a obligé les bêtes noires de son chef à déposer leur pétition hors des micros et caméras.

Les acteurs de « Sauvons la RDC »,  qui n’ont pas digéré cette contrainte imposée par le bureau de la CENI, ont finalement résolu de se retirer, en promettant de mobiliser la population pour obtenir la tête du président de la CENI, en application du « Plan B » de leur Convention de Fatima.

            Réagissant à cette attitude de l’Abbé Malumalu, Christophe Ngoyi a fustigé le refus du président de la CENi de s’incliner face à la volonté populaire. Pour cet acteur de la société civile, le dépôt de leur pétition qui est la matérialisation de l’expression du souverain primaire ne peut se faire en catimini.

ERIC WEMBA   

2 COMMENTS

LEAVE A REPLY

*