La peine de mort en RDC : justice ou vengeance ?

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justice-balanceL’application à un condamné d’une peine de mort doit être considérée comme une défaite de la Société humaine. Par conséquent, l’Association Africaine de Défense de Droits de l’Homme (ASADHO), une organisation impliquée dans les questions liées à la protection et à la défense des droits humains et dans le développement depuis 1991, estime que le droit humain le plus important reste le droit à la vie. Et ce droit est menacé par plusieurs atteintes dont la plus cruelle reste et restera toujours la peine de mort. Cette conviction est celle du président de l’ASADHO, Me Jean-Claude Katende. Il l’a faite dans son discours d’ouverture de l’atelier de deux jours – du 2 au 3 novembre 2015 – organisé par son association pour le lancement d’une nouvelle campagne pour l’abolition de la peine de mort. Le thème choisi à cet effet est : « L’état des lieux et perspectives de la peine de mort en RDC ». Le lancement de cette nouvelle campagne, appuyée par l’Ambassade des Pays-Bas, en RDC, a eu lieu hier lundi, 02 novembre 2015, à l’Hôtel Sultani, dans la commune de la Gombe. Parmi les participants, l’on a noté la présence des parlementaires, des magistrats, des avocats, des professeurs d’universités, des associations luttant pour l’abolition de la peine de mort et des journalistes. On a également remarqué la présence de Mme Corina Vanderlaan, chef de mission adjointe de l’Ambassade des Pays-Bas à Kinshasa.

Esquissant l’état des lieux de cette question dans notre pays, le Président de l’ASADHO a souligné que malgré la campagne pour l’abolition de la peine de mort menée par certaines organisations de la Société civile, les professeurs d’universités et d’autres personnalités, les deux textes de loi introduits en 2010, respectivement par les professeurs Nyabirungu et Mbata, proposant l’abolition de la peine de mort, n’ont pas été suivis par nos parlementaires. Cela démontre, selon lui, que le combat pour l’abolition de la peine de mort est loin d’être gagné et que la question doit demeurer d’une façon permanente sur la table. Ce constat, a-t-il souligné, a déterminé l’ASADHO à lancer cette nouvelle campagne pour l’abolition de la peine de mort ; le but recherché étant de mettre autour de la table ceux qui sont pour la peine de mort et ceux qui sont contre.

Pays-Bas voudraient apporter leur contribution à ce débat

Dans son mot de circonstance, Mme Corina Vanderlaan s’est réjouie que, pour la seconde fois, elle a été nommée diplomate de son pays en RDC et elle a souligné que la sagesse africaine de l’arbre à palabre continue d’être utilisée dans la recherche des solutions. Justifiant l’appui du Royaume de Pays-Bas à ces assises, elle a dit que « nous voulons apporter notre pierre à ce débat qui déchaîne les passions à travers le monde. Et la RDC, j’imagine, n’échappe pas à  cette réalité. C’est probablement à cause de tous les événements tragiques qui jalonnent son histoire jusqu’aujourd’hui ». Pour elle, l’ASADHO a bien fait de  s’interroger sur cette question en se demandant : « Peine de mort en RDC : justice ou vengeance ? ». En espérant que les échanges de cet atelier permettront  de répondre à cette question-clé.

SAKAZ