La patrie toujours en danger : résolutions à Kinshasa… « décisions » à Kampala !

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1239889_436382989804099_691742557_nLes participants aux Concertations nationales seraient-ils occupés à pratiquer la politique de l’autruche ? Beaucoup de Congolais sont tentés d’y croire. Car, tout en sachant que les engagements pris par la République Démocratique du Congo dans le cadre de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba lui interdisent de sortir du schéma de résolution globale de la crise politico-militaire en chantier à Kampala, ils continuent à se comporter comme si le pays pouvait se passer du diktat de la communauté internationale.

Nombre de nos compatriotes ne se font plus d’illusions quant à la primauté des pourparlers de la capitale ougandaise sur le forum de Kinshasa. Car, si le sort des Congolais était réellement entre leurs mains, ils auraient déjà rompu, depuis longtemps, les négociations avec le M23. Au regard des éléments d’analyse de la crise congolaise apportés à tous non seulement par la réunion de New York entre signataires de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, mais aussi par les prises de position des membres de la communauté internationale, les choses paraissent davantage claires.

Les « Concertateurs » à contre-courant

Le travail des « Concertateurs » va se limiter – il ne faut plus se leurrer- à la compilation des projets de « Résolutions » à soumettre à l’appréciation du Chef de l’Etat, Joseph Kabila. Tandis qu’à Kampala, le gouvernement congolais et la rébellion du M23 sont appelés à souscrire aux « décisions » concoctées par les Nations Unies, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la CIRGL (Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs), la SADC (Communauté de Développement de l’Afrique Australe) pour l’avenir du pays. Les maîtres du monde considèrent vitale et incontournable la « cohabitation pacifique » entre les autorités de Kinshasa et ce mouvement rebelle. Cela laisse supposer que les « deux parties » devraient absolument se mettre d’accord sur les modalités de la fin de la guerre à l’Est du pays, de la décrispation du climat politique, de la réforme de l’armée, de la police et de la sécurité, de l’administration de la province du Nord-Kivu, de la mise en œuvre d’une amnistie générale en faveur des combattants du M23, des compensations financières pour leurs biens spoliés, de la gestion des réfugiés et déplacés de guerre, etc.

Connaissant les enjeux politiques, militaires, sécuritaires et économiques de l’Est du Congo, les « Concertateurs auraient fait œuvre utile s’ils avaient intégré, dans leurs échanges, au niveau de tous les « Etats généraux », les négociations de Kampala. Car, une analyse froide de la situation indique que les « réflexions » du Palais du Peuple n’auront aucun effet sur le cahier de charges parti de Kampala pour New York avant de revenir dans la capitale ougandaise pour être imposé aux délégués de Kinshasa et de la rébellion du M23.

 Et la suite ?

Puisque les « Concertateurs » ont superbement ignoré Kampala, ses « décisions » imminentes risquent de les rattraper un de ses quatre matins et de pousser leurs « résolutions » dans les tiroirs de l’histoire. La RDCongo a-t-elle les moyens politiques, diplomatiques, militaires, logistiques et financiers de se rebeller contre les Nations Unies, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la CIRGL et la SADC, toutes totalement acquises à la thèse d’une résolution politique globale de la crise congolaise à finaliser dans la capitale ougandaise ?

Le refus de la communauté internationale de sanctionner l’Ouganda et le Rwanda, qu’elle reconnaît pourtant comme parrain du M23, et surtout de déloger cette force négative du territoire de Rutshuru qu’elle occupe depuis mai 2012 constitue un signal négatif pour la cause congolaise. Ne pas tenir compte d’une telle donne du côté des « Concertateurs », c’est refuser d’admettre une dure mais triste réalité.

                                   Kimp

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