La page noire de la République Populaire du Congo

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Certains acteurs politiques reconnus coupables des crimes de guerre ou contre l’humanité étaient loin de s’imaginer qu’ils allaient être rattrapés un jour par le hasard d’une rencontre avec les survivants ou les orphelins de leurs victimes. Chaque jour qui passe rappelle à la mémoire collective certains crimes commis il y a des dizaines d’années et qui risquent d’être rangés dans les placards de l’histoire de ce pays. Certains d’entre eux ont pris l’habitude d’envahir les médias audiovisuels où ils rivalisent d’ardeur pour faire oublier ces pages noires de la vie politique tumultueuse de notre beau et riche pays, pourtant béni des dieux. Malheureusement, c’est là où ils tombent dans le piège en croyant émouvoir l’opinion par des déclarations tapageuses mais qui sont émaillées des mensonges, calomnies, imputations dommageables et atteintes aux droits réservés aux particuliers.

            Parfois et comme le dit un adage populaire l’assassin revient toujours sur le lieu du crime.  Il existe toujours et comme par hasard quelques personnes qui ont la mémoire solide et vivace, surtout lorsque l’on avait vécu ou été témoin oculaire. C’est notamment le cas des survivants, veuves ou orphelins des victimes de ces actes criminels perpétrés il y a des dizaines d’années quelque part sur le territoire national. Et c’est alors que ce qui était censé tomber dans l’oubli revient à la surface.

Rattrapés par leurs crimes

 

            Lors d’une séance plénière de la Conférence Nationale Souveraine et plus particulièrement au lendemain de sa réouverture, un ancien premier Ministre du Gouvernement de la République Populaire du Congo ayant comme capitale la ville martyre de Stanleyville, aujourd’hui Kisangani, fut rattrapé par l’histoire. Antoine GIZENGA, car c’est de lui qu’il s’agit, pour lequel Mgr Laurent MONSENGWO, alors président de cette rencontre historique et certains de ses partisans, avaient battu campagne pour le faire admettre comme membre à part entière de cette conférence car n’ayant pas rempli les conditions requises, commit l’erreur de prendre la parole pour vanter son combat politique avant, pendant et après l’assassinat du héros national Patrice LUMUMBA. Le lendemain, feu le général Alexandre SINGA Boyenge prit la parole en guise de réplique au cours de laquelle il accusa nommément le leader du PALU d’avoir présidé les séances des condamnations à mort de certains compatriotes accusés d’être complices du régime de Léopoldville qui avait commandité l’assassinat de LUMUMBA à Elisabethville en 1961. Il pointa le doigt vers Antoine GIZENGA, assis sur la première rangée aux côtés de feu Thomas KANZA, ancien ambassadeur plénipotentiaire du Congo Aux Nations Unies à New York. Feu le général Alexandre SINGA déclara avoir eu la vie sauve grâce à l’intervention de feu le général Victor LUNDULA qui le tira du groupe des personnes condamnées à mort que l’on devrait envoyer à la sinistre prison d’Osio, pour y être exécutées. Un silence de mort parcourut la grande salle des Congrès du Palais du Peuple et c’est depuis ce jour-là que M. Antoine GIZENGA n’avait plus remis ses pieds dans ces lieux.

D’autres anciens hauts responsables de ce gouvernement de la République Populaire du Congo, notamment Christophe NGBENYE, Nicolas OLENGA, Casimir MBAGIRA et bien d’autres désertèrent le Palais du Peuple pour ne pas être pris à partie par les survivants, veuves et orphelins des victimes des multiples tueries, massacres et assassinats perpétrés par ce régime d’obédience socialiste et lumumbiste, qui avait occupé de nombreuses provinces du pays pendant quatre ans.

Victimes célèbres

L’une des victimes les plus célèbres est la Sœur ANUARITE Nengapeta, proclamée Bienheureuse en 1984 par le Pape Jean-Paul II et qui avait été fusillée sauvagement avant d’être crucifiée à Isiro par les agents de ce gouvernement pour avoir refusé de perdre sa virginité. De nombreuses familles, dont celle de feu Edouard TEPATONDELE Zambite, ancien ministre de l’Agriculture dont le grand-frère dénommé Jean ZAMBITE, journaliste professionnel, qui fut pendu haut et court sur la célèbre place réservée aux exécutions située en plein centre-ville appelé aujourd’hui Makiso, non loin de l’Hôtel des Postes où avait travaillé comme percepteur principal le héros Patrice LUMUMBA avant l’Indépendance. D’autres exécutions ou disparitions des acteurs politiques ont été commises, notamment celle du Député national Sylvain KAMA, membre influent du Parti Solidaire Africain présidé par Antoine GIZENGA, frère ainé du tout premier géographe congolais et auteur de nombreux ouvrages de géographie du Congo, en l’occurrence Firmin KAMA.

   Dieu merci, pour des raisons de réconciliation nationale, une loi d’amnistie générale fut adoptée et promulguée en 1964 par le président Joseph KASAVUBU sauvant ainsi tous ceux qui avaient été mêlés de près ou de loin dans ces acteurs politiques, sinon ils auraient été poursuivis pour ces crimes de guerre et contre l’humanité et qui sont réputés imprescriptibles et inaliénables. Dieu merci, il n’existait pas encore une Cour Pénale Internationale pour connaître et juger ce genre des crimes, pour lesquels se trouvent à la Haye quatre de nos compatriotes, dont Jean-Pierre BEMBA, Thomas LUBANGA, Germain KATANGA tandis que Matthieu NGUJOLO a été acquitté parce qu’il n’avait pas été sur les lieux du crime.

                        Castro

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