La motion de censure contre Adolphe Muzito retirée !

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Alors que toute l’attention de l’opinion nationale et étrangère était focalisée au Palais du peuple où les députés nationaux devaient débattre de la motion de censure adressée au premier ministre Adolphe Muzito et son gouvernement, quelle n’a pas été la surprise de constater que l’unique matière inscrite à ordre du jour de la plénière venait de tomber caduque.

En tout cas, tous les scénarii pouvaient être imaginés, sauf le retrait de la motion de censure contre le Premier ministre et son gouvernement, initiée par l’opposition et qui a été déposée au bureau du président de l’Assemblée nationale, le vendredi 14 mai 2010 vers 10h00.

En effet, dès que le président Boshab a ouvert la plénière, après sa mise au point lié au comportement anti-démocratique des militants du PALU (Parti lumumbiste unifié), François Muamba a sollicité et obtenu la parole par motion.

Dans son bref exposé, le président du groupe MLC auquel appartient l’initiateur de la motion, a indiqué que le climat qui prévalait dans la salle des Congrès n’était pas de nature à permettre la tenue de la plénière au cours de laquelle les députés devaient débattre sans ambages de toutes les questions liées à la gestion des affaires publiques par le gouvernement, lesquelles faisaient l’objet de la motion de censure.

D’où, au nom des signataires de ladite motion, il a décidé de la retirer.

Silence total dans la salle des Congrès ! Perplexe, tout le monde s’interrogeait sur les raisons profondes d’une telle décision ayant apparemment court-circuité toutes les stratégies arrêtées dans un camp comme dans l’autre.

Ce qui justifie la réaction d’Evariste Boshab invitant l’auteur de la motion à expliciter les raisons du retrait.

De retour à la tribune, Muamba Tshishimbi a réitéré les mêmes raisons qu’il venait d’avancer, notamment celles liées à l’insécurité. Avant d’annoncer que la motion sera relancée d’ici peu. 

Face à la situation ainsi créée par le retrait de la motion, l’unique matière de l’ordre du jour, le président a tout simplement suspendu la plénière, rappelant que cela n’appelait pas de débat.

L’Opposition fustigel’insécurité

Il importe de signaler ici que les militants du Palu avaient pris la salle des congrès d’assaut à partir du balcon où ils s’étaient installés. Les cadres trèscalmes, se comptaient nombreux dans le compartiment réservé au public.

Ce climat se remarquait par des menaces à l’endroit des députés à qui ils demandaient de chercher une autre voie de sortie du Palais du peuple au cas où ils faisaient tomber le Premier ministre. Ils scandaient des chants du genre« libérer Congo », en lançant parfois des injures aux élus signataires de la motion, etc.

Bref, ils avaient créé un climat d’insécurité totale marqué par des chahuts et tapages ne permettant pas un bon déroulement de la plénière.

Situation dont le président et ses collègues du bureau étaient aussi victimes.

Evariste Boshab a, avec un ton ferme qui dénotait la colère, dit toute son indignation quant au comportement affiché par les militants du Palu.

Il a renseigné avoir été lui-même bousculé et chahuté au passage de son bureau pour la salle des Congrès.

« Ce sont des pratiques intolérables dans une démocratie ». Et de poursuivre en déclarant : « suis un Secrétaire général d’un parti politique. Si j’avais demandé à nos militants de venir, il y aurait eu apocalypse ». 

Avant d’annoncer que prochainement, son bureau n’acceptera plus la présence des militants à la plénière lorsqu’un membre du gouvernement sera convoqué dans le cadre du contrôle parlementaire.

La réaction de la salle ne s’est pas fait attendre. Les députés, particulièrement dans le camp de la majorité, se sont mis debout pour protester contre le comportement des militants du Palu, exigeant qu’on suspende la plénière.

Surchargeant les membres du gouvernement dans l’instigation des militants, Evariste Boshab a déclaré que tous les dégâts causés devaient être réparés par l’Exécutif national.

 « C’est une fuite en avant », déclare l’AMP !

Pour quelques membres de la majorité contactés, le retrait de la motion de censure par l’opposition n’est qu’une fuite en avant.

Pour eux, cette démarche cache en fait l’échec éventuel que l’opposition allait encore une fois essuyer face à la majorité.

Car, celle-ci, renseignent-ils, allaient casser leur motion du fait qu’elle ne remplissait pas toutes les conditions, notamment l’atteinte d’un quart des signatures des députés, soit 125.

La liste des signataires présentée était truffée d’irrégularités dues aux doublons et autres signatures sans consentement de leurs auteurs, disent-ils, en citant l’exemple de  Marcel Tshibuyi et Valentin Bope dont les noms étaient repris deux fois.

Un autre cas épinglé, c’est la signature du député Mazembele de l’UDEMO qui est aux soins au Canada et dont la signature est reprise sur la liste. 

Dom

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