La Monusco dans l’œil du cyclone : et si les Congolais se trompaient de cible…

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monuscoLa guerre de l’Est de la République Démocratique du Congo, dont les protagonistes les plus couramment cités sont le M23, le Rwanda et l’Ouganda du côté des « agresseurs » et le trio FARDC-Monusco-Brigade d’Intervention de l’Onu du côté des forces chargées de pacifier et stabiliser cette partie du pays, vient d’enregistrer l’entrée en scène d’acteurs jusque-là passifs : les autochtones. Mais, telle que cette dynamique populaire est pilotée par la Société Civile du Nord-Kivu et, peut-être, par des politiciens opérant dans l’ombre, tout porterait à croire que les forces onusiennes (Casques bleus de la Monusco et de la Brigade d’Intervention) endosseraient une grande part de responsabilités dans l’insécurité qui touche cette province. Au regard des manifestations d’hostilité qui s’enchaînent contre tout ce qui, civil ou militaire, affiche le label « UN » (United Nations), il est à craindre que les Congolais ne finissent pas se tromper de cible.

Certes, un besoin pressant de sécurité est ressenti par des compatriotes vivant dans les localités occupées par les rebelles du M23 comme dans des villes, telle Goma, actuellement sous la menace de cette force négative. C’est vrai que la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité des Nations ne laissait aucune équivoque quant à la détermination de la communauté internationale à mettre un terme à l’existence des « forces négatives » tant nationales qu’étrangères au Nord-Kivu. C’est aussi vrai qu’avec le déploiement effectif de la Brigade d’Intervention de l’ONU à Goma et sa périphérie, les populations congolaises qui fondent beaucoup d’espoirs sur les Nations Unies pour le retour de la paix et de la tranquillité dans leurs villes et villages n’auraient peut-être pas tort d’exiger des résultats immédiats.

Mais, entre cette forte demande de paix et les contraintes politiques, diplomatiques, militaires, logistiques liées à la volonté des Nations d’imposer effectivement cette paix, avec le concours des FARDC et des populations locales, il y a encore un fossé.

            Celui-ci, avouons-le, ne peut pas être comblé en l’espace d’une semaine ou d’un mois. Il va falloir que les Congolais comprennent que la chasse aux forces négatives, qui se comportent en nébuleuses soutenues par des forces occultes, internes comme externes, est à inscrire dans la durée. Il faut que nos compatriotes sachent que les forces onusiennes n’ont pas pour mission de se battre en lieu et place des FARDC mais plutôt d’accompagner ces dernières dans leur campagne de traque des groupes armés.

            Malheureusement, il règne dans les esprits de beaucoup une confusion des rôles, tant et si bien que l’on en arrive à exiger de la Monusco et de la Brigade d’Intervention de remplir des obligations qui dépassent le cadre de leur mission de protection des populations civiles et de lutte, ordonnée et coordonnée, contre les forces négatives. Aussi faut-il déplorer des actes de nature à distraire voire démoraliser les troupes onusiennes et à les détourner de la vraie cible.

Et si les troupes onusiennes se retiraient…

            L’on entend de plus en plus certains manifestants extrémistes crier haut et fort, à partir de Goma ou Beni, que les forces onusiennes ne seraient d’aucune utilité dans la recherche d’une paix durable au Nord-Kivu et qu’il serait temps qu’elles puissent se retirer. Bien qu’accusant des faiblesses certaines dans la gestion de la sécurité des populations civiles en « zones libres » comme en « territoires occupés », les casques bleus de la Monusco comme leurs compagnons de la Brigade d’Intervention paraissent incontournables en l’étape actuelle de la situation sécuritaire au Nord-Kivu, laquelle nécessité une évaluation correcte de l’ennemi visible qu’est le M23 et de ses parrains « invisibles » que sont le Rwanda et l’Ouganda.

            Pousser les forces onusiennes à évacuer l’Est de la République Démocratique du Congo, c’est faire le jeu des maîtres de Kigali et Kampala, qui n’ont jamais voulu de la présence des témoins gênants dans leur « jardin ». Apparemment, le résultat recherché par les planificateurs des manifestations de colère contre la Monusco et la Bridage d’Intervention est celui-là. Ce qu’il faut se demander est de savoir si les Congolais sont capables d’assumer seuls la charge de résistance contre les forces négatives et leurs parrains. A considérer l’état du front militaire, avec des lignes qui ne bougent presque pas depuis que le M23 a relancé la guerre en avril-mai 2012, il est permis d’en douter. Et pendant que l’on diabolise les forces onusiennes, les Ougandais viennent d’ouvrir un nouveau front à Mahagi. L’affaire est claire, les ennemis de la paix sont en embuscade.

            D’où, la sagesse et la prudence recommandent que les civils congolais laissent le soin, aux militaires congolais et à leurs alliés onusiens contre les forces négatives, de trouver les réglages nécessaires à la consolidation du dispositif de sécurité encore en chantier.                   Kimp

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