La Monuc répond à Lambert Mende

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Face aux accusations de « non assistance à personne en danger » portées contre la Monuc par le porte-parole du gouvernement de la RD Congo, Lambert Mende Omalanga, au cours de son point de presse du vendredi 9 avril dernier, le délégué de la Mission, Madnodje Mounoubai, est monté au créneau hier mercredi 14 avril 2010 pour fixer l’opinion.

En effet, tout en qualifiant ces affirmations et accusations d’extrêmement graves, Mounoubai a souligné qu’au moment de la dernière attaque des Enyele à Mbandaka, environ 96% de son effectif militaire était déployé à l’Est de notre pays « conformément aux souhaits du gouvernement congolais et en conformité avec le mandat du Conseil de sécurité ». Puis de préciser que l’effectif des casques bleus à Mbandaka était simplement de 45 soldats. Cependant, appuie-t-il, les autorités congolaises se sont félicitées de l’aide de la Monuc aux armées de sécurité congolaises depuis le commencement de la violence en Equateur l’année dernière. « Jusqu’à présent aucune instance militaire ou civile n’a ni mis en cause l’action des casques bleus, ni fourni des informations semblables à celles qui ont été rendues publique par le ministre de la Communication et des Médias » a déclaré Mounoubai, tout en insistant qu’avant cette déclaration du porte-parole du gouvernement aucune autorité civile ou militaire n’avait mis en cause l’action des éléments de la force onusienne qui ont tout fait, dans les limites de leurs moyens, pour protéger les civils et pour appuyer les efforts des FARDC à Mbandaka.

Malgré le bilan macabre de cette attaque meurtrière de Mbandaka( 36 morts), la Monuc confirme qu’elle continue à coopérer avec les autorités pour faire le suivi de ces incidents dans le but de mieux renforcer les efforts de celles-ci à s’acquitter de leurs responsabilités et protéger et rassurer la population civile à Mbandaka. D’ores et déjà, la Mission annonce qu’elle avait lancé une enquête pour déterminer les faits et savoir si des mesures auraient pu être prises pour prévenir la perte de vies et les dégâts qui ont touché et les Congolais et le personnel international qui servent la population congolaise. Les résultats de l’enquête en cours seront rendus publics en toute transparence, a-t-on promis.

Tshieke Bukasa

Les accusations de Mende

Le souhait des autorités provinciales, des populations de Mbandaka ainsi que le Gouvernement est de voir nos partenaires de la MONUC faire preuve de la même rigueur face à l’incapacité affichée par ses forces à Mbandaka qui, ayant la possibilité d’arrêter le carnage dès le premier meurtre sous leurs yeux de l’infortuné Mongapa par le commando terroriste, sont restées calfeutrées dans leurs quartiers.

Ces événements ont fait ressurgir les persiflages désobligeants de ceux qui, dans le pays mais surtout à l’étranger, s’y appuient sans scrupules pour appeler au maintien et à la prolongation du mandat de la MONUC dans notre pays. Des propositions qui ne surprennent pas outre mesure: la publication d’un énième rapport truffé de chiffres aussi faux qu’alarmants de HRW sur la situation humanitaire et sécuritaire du Nord-Est de la province Orientale cette fois, avait déjà ramené à la surface une nuée de lobbyistes avec leurs sempiternels plaidoyers en faveur du statu quo qui arrange les petites affaires de certains au détriment des Congolais. Un discours assaisonné de misérabilisme qui met en exergue l’intérêt bien compris (on ne sait trop par qui) des « pauvres Congolais», sans doute trop « pauvres» pour vivre libres et dignes …

C’est le lieu de répéter à ces « amis» qu’on ne peut pas prétendre aider un peuple en piétinant sa dignité. Plutôt que de chercher à s’accaparer du pouvoir réel au Congo, en lieu et place de l’Etat pour prétendument aider les Congolais, il serait bon une fois pour toutes d’écouter les Congolais qui vous disent: avec le penseur John Holloway : « dans votre façon d’agir ou de ne pas agir pour nous, abstenez-vous d’aliéner ceux au nom desquels vous déclarez vous engager. Ne faites plus rien à notre place. Nous le ferons nous-mêmes ».

Les problèmes sécuritaires de la République Démocratique du Congo ne trouveront leur solution définitive que grâce au renforcement des technostructures congolaises pour les rendre mieux aptes à répondre aux différentes formes de criminalité et de dysfonctionnement auxquelles notre société sera confrontée.

Des donneurs de leçons ont pris prétexte des événements de Mbandaka pour essayer de décourager les plus prestigieux de nos invités aux festivités du cinquantenaire de l’indépendance. Ils oublient un peu vite que la réforme en cours de notre système de sécurité a été pensée et initiée dans un contexte plus global que les nécessités événementielles d’une commémoration festive. Par ailleurs, faire croire au monde qu’il n’y a qu’à Mbandaka en RD Congo qu’un acte terroriste a été commis est évidemment un pur mensonge.

Ceux de nos partenaires qui nous veulent du bien devraient participer activement à l’effort d’amélioration de nos capacités plutôt que de gaspiller un temps précieux à entonner des refrains sur notre prétendue incapacité à prendre en charge les problèmes qui se posent à nous comme s’ils préméditaient un schéma de mise sous tutelle de la RD Congo. Pour soutenir ce dessein machiavélique, ils n’hésitent plus à reproduire le syndrome des « missions civilisatrices» auto-justificatoires des aventures coloniales de triste mémoire en conditionnant le retrait définitif de la MONUC à une transformation préalable de la RD Congo en un paradis terrestre qui n’existe nulle part sur la planète.  

(In Le Phare 3806 du 12 avril 2010)

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