La Monuc n’a jamais minimisé le dossier Enyele, affirme son porte-parole

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Sans surprise, les derniers événements et la situation actuelle à Mbandaka ont été au centre des préoccupations des professionnels des médias  mercredi 7 avril 2010 à l’occasion du point de presse hebdomadaire de la Mission des Nations-Unies en RDC.

D’entrée de jeu, la Monuc, par l’entremise de son porte-parole, Madnodje Mounoubai, a confirmé que les forces loyalistes ont réussi à récupérer le contrôle de l’aéroport d’entre les mains de ces rebelles, dont les revendications sont jusque-là inconnues. Au cours des  événements du 4 avril, rapporte-t-il, trois personnes travaillant pour la Monuc ont trouvé la mort. Aucun bilan officiel n’est encore disponible concernant les morts au sein de la population, des forces loyalistes ou des assaillants. Certifiant par ailleurs les informations faisant état de pillages en règle des installations de la Monuc, le porte-parole n’a pas pour autant précisé les auteurs de ces actes. « Peut-être que les enquêtes nous permettront de les identifier… » a-t-il déclaré, avant de souligner que les « agresseurs », eux, se sont retirés dans la direction nord et seraient à une quinzaine de Km du chef-lieu de l’Equateur.

 

Face à une opinion qui s’interroge sur le renforcement des troupes de la Monuc dans la partie Ouest du pays et aussi sur la « négligence » qui a entouré le traitement du dossier « Enyele », la Monuc a répondu avec précision. D’abord, c’est le gouvernement de la RDC qui a plutôt exprimé le souhait du retrait des Casques bleus et les discussions sont en cours avec la Monuc à ce sujet. « Le 31ème rapport du Secrétaire général sur la RDC qui doit être discuté devant le Conseil de Sécurité le 13 avril, tient compte de la demande du gouvernement aux Nations Unies de proposer un plan de retrait de ses troupes de la RDC. Le Secrétaire général reste cependant conscient que l’on doit éviter au pays le risque de retomber encore dans l’instabilité » a clamé Mounoubai. Puis d’ajouter que suite à la demande du gouvernement concernant le retrait de ses  forces, la Monuc va se plier en faisant évacuer 2000 militaires d’ici le 30 juin 2010.

Ensuite, concernant la situation des Enyele, le porte-parole a souligné que la Monuc n’a jamais minimisé quoi que ce soit lorsque la question s’est posée. « Le 30 mars dernier, c’est une autorité provinciale qui a fait une déclaration proclamant la fin des Enyele. Ce n’était pas la Monuc… ». Aussi, concernant les revendications exactes de ces « guerriers », il a dit ne rien savoir car jusqu’à ce jour aucun communiqué des Enyele n’a été rendu public. « Notre division Droits de l’Homme avait appris que certains prisonniers Enyele seraient amenés à Kinshasa. Nous attendons la vérification de ces informations… »

Devant cette démonstration de force autour des principaux centres névralgiques de Mbandaka, doit-on toujours coller aux Enyele l’étiquette de villageois-paysans ou les considérer comme des militaires entièrement bien formés ? « Ce sont des gens en armes. Personnellement, j’estime que ce sont des hommes armés… » a timidement répondu Madnodge Mounoubai. Relayant le point de vue de son « patron », l’agent onusien a indiqué que pour le Représentant spécial « le recours aux armes comme moyen d’expression ou de revendication est à déplorer ». « Nous encourageons tout le monde à utiliser le dialogue, les échanges et d’autres moyens pacifiques pour faire entendre sa voix »

Des Mbandakais réfugiés au Congo/Brazza

Sur le plan humanitaire, le chargé de l’information publique et plaidoyer du Bureau de Coordination des affaires humanitaires des Nations Unies en RDC(Ocha), Maurizio Giuliano, a rapporté qu’un premier groupe de personnes fuyant les récents événements de Mbandaka serait arrivé le lundi soir à Liranga, en République du Congo. « Pour l’heure, il n’y a aucune précision sur le nombre de personnes arrivées. Les points d’entrée au Congo pour les personnes fuyant Mbandaka seraient Djoungou et Liranga ».

Soulignons par ailleurs que plus de 190 ménages sont sans abris à Zongo, dans le district du Sud-Ubangi, à la suite des pluies diluviennes du mois de février. Selon une mission humanitaire inter-organisations qui s’est rendue à Zongo du 1er au 4 avril pour évaluer l’impact de ces intempéries, ces ménages ont des besoins en vivres et en articles non alimentaires. La plus grosse urgence reste le besoin en abris. Plus de la moitié des victimes est constituée de ménages ayant fui les conflits intercommunautaires de Dongo. Selon Ocha sur place à Zongo, on compte encore près de 2600 personnes déplacées, dont la majorité souhaite retourner dans son milieu d’origine mais il manque des moyens de transport. Au moment où les autorités locales affirment n’avoir aucun moyen, des organisations régionales telle l’Union des Fonctionnaires Fermiers (UFF) tirent la sonnette d’alarme sur la disparition d’un agent, l’ingénieur Mubwa Manwana Daddah Raphael, entre octobre et novembre 2009, au début de l’insurrection des Enyele.

Enfin, plusieurs cas de violences sexuelles sont signalés à Zongo, mais par manque de formation, les acteurs sur place ne savent pas documenter les cas. D’où la demande d’une formation des acteurs par la synergie de lutte contre les violences sexuelles dans le Sud-Ubangi.

Tshieke Bukasa

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