La Mission d’observation électorale de la Sadc a déploré les pertes en vies humaines

0
34

La Mission d’observation électorale de la Sadc a donné hier, au Grand Hôtel Kinshasa, son rapport préliminaire sur l’observation électorale menée dans notre pays, depuis le 11 novembre 2011, date de son déploiement à travers les 11 provinces de la RDC.

C’est Mme Nosiviwe Mapisa Nqakula, chef de cette mission, qui a présenté l’essentiel de cette déclaration, lors du point de presse qu’elle a animé en présence de son équipe.
En sept points, elle a épinglé les principaux problèmes relevés lors du processus électoral en RDC et qui ont fait l’objet de consultations avec la Ceni.
S’agissant de la violence électorale, a indiqué Mme Nosiviwe, la Ceni a fait rapport à la Mission d’observation électorale de la Sadc, du déroulement de la campagne électorale dans un environnement relativement apaisé. Et ce, quand les candidats étaient en mesure de battre campagne. Les sympathisants prenaient part aux rassemblements politiques, et dans la plupart des cas, ils se sont déroulés sans incidents.

En général, la mission a relevé qu’il y avait un grand niveau de tolérance de la part des candidats et des électeurs.
Toutefois, la mission d’observation électorale de la Sadc a constaté avec regret qu’il y a eu quelque perte en vies humaines, lors des incidents isolés de violence. Tout en regrettant cette tournure tragique, a conclu la chef de mission, la campagne électorale s’est, en général, bien déroulé en paix.
Concernant les bureaux fictifs, a dit Mme Nosiviwe, la Ceni a expliqué que ces supposés bureaux de vote étaient la résultante du manque des structures dans certains coins du pays. En outre, une structure temporaire devait être mise en place dans les lieux concernés, le jour du vote. Cette situation a fait l’objet de vérification de la part de la mission qui a constaté la présence des tentes le jour du vote.

Quant aux écarts sur la liste électorale, la Ceni a reconnu l’omission de quelques noms d’électeurs en possession de cartes d’électeurs. Les doublons, a-t-elle dit, ont aussi été reconnus. Cependant, la Ceni a rassuré la mission d’observation électorale de la Sadc que l’article 57 de la loi électorale de la RDC autorise l’électeur ayant les documents exigés de votre et, en plus, l’encre indélébile devait être utilisé, afin de s’assurer que chaque électeur ne vote qu’une seule fois.
Au sujet des médias, la chef de mission a rappelé ses échanges avec le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication sur l’accès de tous les candidats aux organes de presse. Le CSAC a donné des assurances qu’il a le mandat légal de veiller à la conformité et de s’assurer que ces médias adhèrent au code de bonne conduite du CSAC et que les organes de presse sont utilisés de façon équitable et objective.
Le CSAC , a noté la chef de mission, a aussi déclaré avoir la responsabilité de veiller à ce que tout organe de presse qui permet à un parti politique de diffuser une information incitant à la violence électorale, soit réprimandé.
La mission de la Sadc n’a pas manqué de relever que l’éducation civique était inadéquate. En effet, l’éducation civique et électorale est un des éléments essentiels en faveur d’un environnement propice à la tenue des élections crédibles.

Mme N. Mapisa Nqakula a aussi fait part, des soucis exprimés au sujet de la baisse du nombre des candidatures féminines, par rapport aux élections de 2006. Pourtant, l’article 14 de la constitution qu’elle a rappelé, dispose que les autorités publiques devaient veiller sur l’élimination de toutes formes de discrimination faite aux femmes. Et d’ajouter que les femmes ont droit à une représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales.
En plus, l’article 13 de la loi électorale stipule que les listes des partis devraient assurer la parité dans la représentation entre les hommes et les femmes.
Dans l’ensemble, la mission d’observation électorale de la Sadc a noté que le vote s’est déroulé de manière ouverte et transparente, et cela en présence des agents électoraux, des observateurs, des agents de sécurité et du maintien de l’ordre public dans les bureaux de vote.
Elle a fait une série de recommandations à la Ceni pour améliorer le processus électoral, de manière à contourner les défis logistiques, et mettre en place et renforcer les institutions, mécanismes et systèmes internes pour l’organisation des élections crédibles.

En marge de la présentation du rapport préliminaire de la Sadc, les missions d’observation électorale de l’Union africaine, de la CEEAC, du Comesa, de la Conférence internationale sur la région de Grands lacs et de la Sadc, ont fait une déclaration commune sur les élections présidentielle et législatives.
Par la voix de leur porte-parole, ces missions saluent la volonté, l’enthousiasme et la très large participation du peuple congolais à toutes ces élections, se réjouissent de la bonne conduite des élections, malgré les nombreux défis auxquels le pays est confronté, et ont noté des difficultés techniques et logistiques qui ont émaillé la tenue du scrutin.

Tout en se félicitant des efforts importants déployés pour permettre aux citoyens congolais d’exercer librement leur droit de vote, elles ont déploré les actes de violence isolés et lancent un appel à tous les acteurs politiques congolais pour qu’ils continuent à faire preuve de grande retenue et d’esprit de responsabilité, en acceptant les résultats des élections et, en cas de contestation, à recourir aux procédures et mécanismes prévus à cet effet.
En outre, elles se félicitent de l’esprit de coopération et de solidarité entre elles durant l’observation des présentes élections et lancent un appel pressant à toutes les parties prenantes, y compris les partenaires, en vue d’un appui conséquent au processus démocratique en RDC.

J.R.T.

LEAVE A REPLY

*