La Marche mondiale des femmes a été une réussite

0
34

« La 3ème édition de la Marche mondiale de femmes organisée du 13 au 17 octobre 2010 a été une réussite, » a déclaré le vendredi 29 octobre 2010 au siège du Comité national femme et développement (CONAFED), Mme Elise Muhimuzi, secrétaire permanente et coordonnatrice nationale de la Marche mondiale des femmes. C’était au cours d’une conférence de presse animée pour restituer ce qu’a été cette marche. 

            Elle estime que les objectifs assignés à cette marche, à savoir promouvoir la paix, la démilitarisation et la fin des violences faites aux femmes, ont été atteints. Parmi les recommandations, il y a celle relative à un plaidoyer à ce sujet.

            Elle a signalé que des femmes de 50 pays avaient répondu présentes à cette rencontre qui a finalement connu une participation de plus de 80.000 femmes. La marche organisée à Bukavu avait pris plusieurs itinéraires pour aboutir à la place de l’Indépendance où un mémo avait été remis à la première dame du pays.

            Les différentes délégations asiatiques, européennes, américaines et africaines avaient lors des travaux organisés à cet effet donné leurs approches aux objectifs de cette rencontre.

            Elle a félicité le gouvernement central, le gouvernement provincial et la Monusco pour leur implication totale à la réussite de cette marche. La coordonnatrice nationale a indiqué par exemple que le gouvernement provincial du Sud- Kivu avait totalement réhabilité le site choisi pour abriter ces assises, l’Institut d’Ibanda. Tout a été réhabilité, même l’eau et l’électricité ont été réhabilitées. La Monusco a assuré le transport de certaines délégations même si quelques unes qui croyaient que Bukavu était joignable par véhicule à partir de Kinshasa, étaient bloquées dans la capitale.

            A une question sur le fait qu’en Rd Congo, le viol n’est plus un problème des hommes en armes seulement, mais également des civils, Mme Elise Muhimizi a tenu à souligner qu’à l’Est, le sexe est un sujet tabou et le viol n’était commis que par des marginaux. Ce n’est pas un phénomène congolais ou culturel. Puis, elle a accusé : « Le phénomène des violences sexuelles en Rd Congo a commencé avec les Hutus rwandais qui avaient fui leur pays avec armes, munitions, bétail, banques… que Mobutu avait laissé entrer au pays sous la pression de la communauté internationale. La même communauté internationale, par le biais du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), n’avait pas pris de dispositions utiles pour accueillir ces réfugiés selon les normes internationales. Où sont passées les armes qu’ils avaient amenées avec eux ? Qui leur donnent des armes et des munitions pour pouvoir malmener la  population à l’Est ? Comme il est difficile de résister à quelqu’un qui porte une arme, car il peut facilement mettre fin à une vie, il faut commencer par éliminer ces armes

            La coordonnatrice nationale a dit que les participantes à la marche s’étaient rendues à Mwenga pour honorer la mémoire des femmes enterrées vivants. « Ces dames avaient été brutalisées par des hommes en armes, elles ont marché nues dans la cité avant d’être enterrées vivantes. » 

Reste à savoir si l’appel des femmes à la paix, à la démilitarisation de l’Est du pays et à la fin des violences sexuelles faites aux femmes sera entendu. 

Jean-René Bompolonga  
 

LEAVE A REPLY

*