La « locataire » était la seconde femme du « bailleur »

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 L’affaire inscrite au Tribunal de Grande Instance «  TGI » de Ndjili sous le RP 3199 a drainé un grand monde hier mardi 11 mai 2010. Poursuivis par Charlotte Paka, seconde épouse de feu Jean- Marie Ngongo, pour tentative de stellionat, injures publiques, violation de domicile et extorsion de signature,  les rejetons de ce dernier, à savoir, Joseph Ngongo, Winnie Ngongo, le frère aîné du défunt Edouard Ngongo ont décidé de nier la quasi-totalité des préventions retenues à leur endroit.

Seule Thérèse Walimbo, femme légitime du défunt, a eu le courage de reconnaître certains faits et d’éclairer quelque peu le tribunal. Le hic de cette affaire est que le défunt faisait passer sa seconde épouse pour sa locataire. Jean-Marie Ngongo décédé, l’une de ses parcelles, sise sur l’avenue Bamboma, commune de Kimbanseke et reconnue comme une propriété de Charlotte Paka est également convoitée par les Ngongo. Dans l’impossibilité de savoir comment les Ngongo ont agi pour entrer en possession de la fiche parcellaire de la parcelle querellée et de confirmer les injures proférées à profusion par les fils du défunt, le tribunal a décidé, au terme de l’audience d’hier mardi, d’effectuer une descente sur les lieux. Le  chef de quartier avait consigné la  fiche parcellaire.jusqu’au paiement d’une dette de 150 dollars américains. Les héritiers se sont empressés de payer cette somme et d’entrer en possession de ce document. Edouard Ngongo et consorts sont assistés dans ce procès par des avocats inscrits au barreau de Matadi.

Un puzzle

L’autre temps fort de l’audience d’hier était le « défilé » à la barre de Thérèse Walimbo, des enfants de la plaignante et du frère aîné du défunt. Elle a déclaré n’avoir pas accompagné Edouard Ngongo et Joseph Ngongo auprès du chef de quartier pour retirer ladite fiche. Néanmoins, le nom de sa rivale était repris dans la fiche comme propriétaire du bien querellé. Les héritiers s’étaient convenus de désigner l’oncle paternel comme leur « liquidateur ». Joseph a dit que son nom avait été repris comme héritier de ce bien après la mort de son père.

Edouard Ngongo a indiqué avoir été convoqué au sous Ciat de l’avenue Lukubama par Charlotte Paka. La dame ne s’est pas gênée de dicter à son jeune frère les termes du protocole d’accord. Il a eu beaucoup de peine à expliquer comment il a signé cette lettre sans connaître la qualité de l’autre signataire. Ou encore pourquoi il avait accepté de la faire renvoyer dans sa famille dès qu’il lui avait remis une part du loyer.

De son côté, la plaignante a fait observer avoir contribué financièrement à l’achat d’une des trois parcelles du défunt, qui avait laissé 11 orphelins. Son malheur est qu’elle n’a pas eu d’enfant avec son mari. Elle a pris soin de citer les voisins du quartier présents lors des descentes des Ngongo chez elle pour l’injurier.

Les avocats de l’autre partie ont fait observe que leur cliente n’ayant pas donné son accord, ils n’avaient pas le droit de retirer la fiche parcellaire et de tenter de la vendre aux tiers.

En définitive, le tribunal a demandé aux conseils des deux parties de les accompagner auprès du chef du quartier et d’autres témoins cités par la seconde femme ce même mardi en fin d’après-midi pour être éclairés. Proposition acceptée. Une fois cette étape accomplie, la plaidoirie devrait être programmée dans le meilleur délai.

                                              Jean-Pierre Nkutu.

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