La Linelit en croisade sur la participation citoyenne au processus électoral 2014-2016

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DSCN0962En étroite collaboration avec sa partenaire traditionnelle, la Fondation Konrad Adenauer Stiftung, la Ligue nationale pour les élections libres et transparentes (LINELIT) a organisé lundi 26 mai 2014, à la paroisse Sacré-Cœur de la commune de la Gombe, une matinée électorale sur la « Participation citoyenne  au processus électoral congolais 2014-2016 ».

 Dans son mot de bienvenue, le président de la LINELIT, Jérôme Bonso, a fait observer que l’enjeu de la consolidation de la démocratie naissante et progressive des institutions du pays exige impérativement que les populations disposent d’un support mental et moral fort, afin de s’impliquer, de se l’approprier et d’exercer de manière efficace leur contrôle citoyen et le suivi de la gestion des mandats, ainsi que des activités parlementaires et d’autres mandataires. Cela suppose, d’après Jérôme Bonso, que la population, qui est actrice première de la démocratie participative, développe des comportements citoyens responsables dans la gestion sociopolitique de son pays.

La problématique de l’alternance politique, a souligné le président de la LINELIT, constitue l’enjeu majeur de ce processus électoral. A cet effet, il a fustigé le déficit de planification électorale et l’instrumentalisation politique du processus électoral, ainsi que le fait que nos élections sont des « prêtes-à-gagner » fomentées d’un déficit technique et mécanique à la solde d’un certain agenda politique caché.

Anticipant les orateurs, Jérôme Bonso a relevé : «puisqu’il est question de renforcer la participation citoyenne au processus électoral et de décentralisation, la question de l’appropriation reste fondamentalement au centre de toutes les préoccupations. Car, à ce jour, la population congolaise a perdu confiance en ses leaders sociaux et politiques. Le citoyen congolais a perdu sa dignité et son auto-reconnaissance comme souverain primaire qui serait à la sauvette de sa nation ».

Pour sa part, le représentant résident de la Fondation Konrad Adenauer, Steffen Krüger, a rappelé que les élections constituent un mécanisme de choix des dirigeants politiques d’un pays. Elles permettent l’alternance politique, c’est-à-dire la limitation de l’exercice du pouvoir dans le temps. Elles donnent au peuple souverain de se choisir des dirigeants politiques compétents, honnêtes, créatifs et soucieux du développement du pays. Elles évitent au peuple les conséquences néfastes de l’abus du pouvoir, de l’usure politique, ainsi que la privatisation de l’espace politique par les mêmes individus.

Quatre exposés de haute facture ont constitué le menu de cette matinée électorale. Le sénateur Jacques Ndjoli et le professeur Thierry Nlandu ont planché respectivement sur les «enjeux électoraux : de la problématique de l’élection des députés provinciaux au suffrage universel indirect et la tentative de la révision constitutionnelle, est-ce une opportunité ou une observation  pour l’organisation des élections crédibles et apaisées dans le délai constitutionnel ? » et le «Quid de l’organisation des élections  urbaines, municipales et locales avant ou après 2016 ? ». De leur côté, le professeur Jean-Louis Esambo et Norbert Yamba Yamba de la société civile congolaise se sont apaisantis sur l’« Analyse du projet de loi portant organisation des élections urbaines, municipales et locales : forces et faiblesses » et le «Quid de la participation citoyenne aux élections locales et au processus de décentralisation, mythe ou réalité ? ».

            Il sied de retenir que tous les orateurs et participants ont rejeté toutes les tentatives de révision de la constitution. Ils se sont inscrits en faux contre l’élection des députés provinciaux au suffrage universel indirect ; ils ont également fustigé la décision de la CENI d’organiser dans la précipitation les élections urbaines, municipales et locales avant 2016. Car, cela risque de conduire à l’impasse, à la balkanisation du pays… Nous y reviendrons.

Michel  LUKA

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