La Haute cour militaire rejette la demande de récusation de Ndjabu Ngabu

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justice6La chambre de récusation de la Haute cour militaire, présidée par le général de brigade Mutombo Katalay, a rendu hier jeudi 18 février 2016, dans l’après-midi, sa décision dans l’affaire Floribert Ndjabu Ngabu sous RRC  N° 003/016. Dans son arrêt, la haute cour a rejeté la demande du chef milicien du FNI, Floribert Ndjabu Ngabu, pour l’avoir jugée non fondée. Toutefois, il ne reste qu’à la portée de ce dernier, une seule voie de recours, à savoir former opposition contre cette décision devant cette même juridiction.

Rappelons que l’audience d’hier a débuté tardivement à16 H 50’, par la comparution du récusant Floribert Ndjabu Ngabu, assisté par son conseil Me Peter Ngomo et ensuite, par la lecture de l’extrait de rôle. D’un ton autoritaire, le greffier en chef de la Haute cour militaire, le colonel Jean Philippe Nkiama Mata, a relevé qu’une seule affaire inscrite au rôle de cette chambre, concernait l’affaire de récusation introduite par Floribert Ndjabu Ngabu contre le général de brigade Bivegete Pinga Solo Jean, président de la chambre pénale qui connait de l’affaire Auditeur général, ministère public contre le général de brigade Goda Sukpa Emery.

Silence grave dans tout le prétoire quand il a été indiqué que l’audience de ce jour allait connaître le prononcé de l’arrêt dans cette affaire. Et de ce pas, la parole a été accordée au rapporteur, le général de brigade Samwaka Mbangu Jacob.

Dans l’arrêt de récusation, il a été relevé que dans sa requête formulée le 3 février 2016, Floribert Ndjabu Ngabu a évoqué deux motifs pour récuser le général de brigade Bivegete Pinga Solo Jean. D’abord, parce qu’à l’époque de la belligérance, lui était dans les rangs du groupe armé FNI en conflit avec le RCD, un mouvement rebelle, où se trouvait le général de brigade Bivegete. Pour lui, il existe une inimitié entre lui et ce dernier.

Quant au second motif, Floribert Ndjabu Ngabu accuse le général de brigade Bivegete Pinga Solo Jean d’être de la composition de la Haute cour militaire qui avait décidé la prolongation de sa détention en 2007. Maintenu en prison, il estime que sa détention est illégale.

Dans ses notes de plaidoirie, Me Peter Ngomo parle de l’existence effective d’une inimitié entre son client et le président général de brigade Bivegete du fait de leur appartenance aux groupes armés adverses.

Puisant dans quelques fragments de vie de ces deux personnalités, la haute cour a noté, selon les déclarations de Ndjabu Ngabu, qu’ils ont partagé un séjour ensemble en 2003, au Grand hôtel Kinshasa. Sans aucun problème. Un jour, Floribert Ndjabu se rappelle que le général de brigade Bivegete l’avait conduit dans sa voiture, à la messe de Noël. C’était des signes de sympathie.

Dans son avis écrit, l’OMP fait savoir que l’action de récusation n’est pas fondée. Car, il n’y a pas eu inimitié. La décision de la chambre du conseil qui a décidé de la prolongation de la détention de Ndjabu Ngabu, était une action collégiale de la composition.

Cette décision, a conclu la HCM, ne pouvait pas être assimilée à une action individuelle et valoir récusation d’un seul juge.

Pour toutes ces raisons, la haute juridiction a déclaré recevable et non fondée, la demande du récusant, la rejette et réserve les frais. Floribert Ndjabu devra donc continuer à comparaitre dans l’affaire du général de brigade Goda Sukpa Emery, avec le général de brigade Germain Katanga et consorts. Cette affaire pénale, comme il faudrait le signaler, reprend aujourd’hui à la Haute cour militaire.

                                                                                                             J.R.T.