La gestion de Jeannine Mabunda sous examen

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Trois ministres sont annoncés ce mercredi au Palais du Palais, en vue de répondre aux questions orales des députés nationaux Gilbert Kiakwama pour Antipas Mbusa de la Décentralisation, Mulamba Katoka  pour Mashako Mamba de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, et Fidèle Babala  pour Jeannine Mabunda du Portefeuille. Mais c’est sur la titulaire du Portefeuille que va se focaliser l’attention de la Représentation Nationale.

Dans les milieux proches de l’hémicycle de Lingwala, on laisse entendre que Fidèle Babala et ses collègues n’entendent nullement ménager celle qui passe pour l’architecte de la réforme des entreprises publiques et d’économie mixte. Il semble qu’au niveau de la Chambre basse du Parlement, nombre d’élus du peuple doutent des résultats récoltés au terme de trois laborieuses années de pratique du partenariat « Public-Privé », de désengagement jugé aveugle de l’Etat, de vente suspecte de ses participations dans les sociétés d’économie mixte et de mise en œuvre des contrats de gestion estimés léonins pour le patrimoine collectif.

Au bout du compte, indique-t-on, la Miba, la Cinat, l’Okimo, la Gécamines, l’Onatra… pour ne citer que ce petit échantillon, se seraient davantage enfoncés dans la mare des « canards boîteux ». Certains députés nationaux seraient curieux de connaître les termes exacts des transactions ayant conduit au retrait de l’Etat congolais de l’actionnariat des sociétés d’économie mixte, parce qu’ils ont l’impression que  ses parts ont été vendues à vil prix.

Selon le constat fait par quelques uns d’entre eux qui ne cachent pas leur méfiance à l’égard des propos optimistes de Jeannine Mabunda, les entreprises telles que la Miba et la Cinat se portent plus mal qu’avant, pour avoir été victimes des tiraillements entre experts et décideurs congolais partagés dans le choix des investisseurs appelés à leur apporter des capitaux frais, à réhabiliter leurs outils de production et à relancer leurs activités d’exploitation.

Leur curiosité va se porter aussi sur les contrats Onatra-Progosa, DGDA (ex-Ofida)- CTC, Snel-MagEnergy qui sont en train de se terminer tantôt sur fonds de contentieux judiciaires, tantôt de contestation tant de l’expertise que des apports financiers des firmes étrangères présentées au départ comme des planches de salut mais qui, au finish, se sont employées à ponctionner leurs maigres ressources, en termes de millions de dollars mensuellement.

L’opinion congolaise, très attachée aux unités de production de l’Etat, aimerait à son tour savoir si les entreprises publiques et celles d’économie mixte sont gérées dans la transparence par les mandataires commis à cette tache d’une part, et, d’autre part, si elles ne sont pas devenues les otages des lobbies politiques et financiers voir des francs tireurs embusqués dans les arcanes du pouvoir, qui ne se préoccupent nullement de leur relance. La mauvaise santé financière qu’affichent la plupart exige des explications.

L’acte d’accusation de Jeannine Mabunda paraît donc déjà ficellé. Tout ce que l’on souhaite est qu’elle bénéfice du droit à se défendre et de la présomption d’innocence, jusqu’à ce que les faiblesses de la réforme et sa responsabilité dans ce qui arrive soient clairement établies. Il est à espérer qu’au jour prévu pour ses répliques, probablement dans les 48 heures, elle ne soit pas victime d’un agenda caché, comme ce fut le cas il y a une semaine, lorsque que le député MLC Jean Lucien Busa était appelé à conclure sa question orale à l’intention du Premier ministre Adolphe Muzito.

S’il y a des cadavres dans les placards du Portefeuille de l’Etat, les Congolais aimeraient en être informés aujourd’hui, afin de permettre à Jeannine Mabunda de faire entendre aussi son son de cloche, ce qui laisserait au public la latitude de juger et, le cas échéant, de condamner en toute connaissance de cause.

                                   Kimp.

 

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