La fistule : une maladie évitable et curable

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Dans le cadre de la campagne pour éliminer les fistules obstétricales, une maladie peu connue et dangereuse pour la mère et l’enfant, le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) a organisé un symposium hier mercredi  11 mars à la Halle de la Gombe, pour sensibiliser la population sur l’existence de cette pathologie peu connue et dangereuse pour la mère et l’enfant, ainsi que sa prise en charge globale. L’activité a été présidée par cinq orateurs, tous experts en chirurgie obstétricale, dont 4 venus de l’extérieur du pays.

On retient de leurs interventions que la fistule obstétricale est une lésion généralement due aux multiples complications qui surviennent pendant la grossesse ou l’accouchement, sans une intervention médicale appropriée.

A entendre leurs explications, la fistule se crée lorsqu’au moment de l’accouchement, l’enfant exerce une pression continue en se servant de sa tête sur les tissus mous de la vessie ou du rectum de la mère jusqu’au point d’en former un trou. C’est ce qui occasionne la mort directe de  l’enfant et développe l’incontinence chronique chez la mère, car celle-ci n’est plus capable de contenir l’écoulement de l’urine et/ou l’excrétion des matières fécales.  Et les femmes frappées par cette tragédie, poursuivent-ils, sont souvent abandonnées par leurs maris ou les membres de leur famille, suite aux odeurs insupportables qu’elles dégagent.

Les orateurs ont aussi précisé que la fistule survient fréquemment chez les adolescentes, qui présentent des risques de complication lors de l’accouchement, étant donné que leurs organismes ne sont pas encore prêts à recevoir un enfant. Ils ont, par ailleurs, fait savoir que la prévention est le moyen le plus efficace pour éliminer la fistule. Pour réduire les risques de la maternité, il faut notamment la présence du personnel médical bien formé lors de tous les accouchements, l’accès à des soins obstétriques d’urgence en temps voulu pour toutes les femmes qui risquent de connaitre des complications et la mise en place des services de planification familiale pour prévenir les grossesses non désirées et espacer les naissances.

Parmi les facteurs qui contribuent à la survenue des fistules, les conférenciers ont noté la pauvreté et la malnutrition, les insuffisances des systèmes de santé, la procréation précoce, les pratiques traditionnelles néfastes et la discrimination envers les femmes porteuses des fistules. En plus, le manque des ressources financières et de volonté politique, allié aux multiples facteurs sociaux et culturels, fait obstacle à la disponibilité de soins obstétriques et de services de planification familiale de qualité, notamment dans les zones rurales reculées.

Néanmoins, l’intervention chirurgicale est l’unique traitement à administrer aux malades, renseignent-ils.  Selon eux, une opération de reconstruction peut  réparer les lésions et les taux de succès atteignent 90% pour les cas simples. Cette opération exige une formation spécialisée pour le médecin comme pour le personnel auxiliaire. Il faut également dispenser aux patientes 15 jours de soins post-opératoires et parfois plus, ont-ils précisé.

Toutefois, ils ont indiqué que le coût moyen du traitement de la fistule, c.à.d. intervention, soins post-opératoires et rééducation, tourne autour de 3.000 $ Us. « La majorité des femmes fistuleuses ignorent que leur affection est curable ou n’ont pas accès au traitement approprié parce qu’elles n’ont pas les moyens financiers », ont-ils lâché.

Il sied de noter qu’au niveau mondial, deux millions de femmes atteintes de fistule attendent de se faire traiter. En RDC, on enregistre au moins quarante mille nouveaux cas des femmes porteuses des fistules chaque année.