La Dynamique communautaire pour influer sur les prestataires de services de la police

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police judiciareDans le contexte de l’expérimentation de la police de proximité en RDC, la population de quatre provinces-pilotes ( Kinshasa, Bas-Congo, Kasaï occidental et Sud-Kivu) agit à la fois comme consommatrice des services rendus par la police, mais aussi comme acteur dans la gestion de la sécurité. En effet, comme bénéficiaire, il lui revient d’apprécier comment ses besoins sécuritaires sont remplis. Et comme acteur, la population à travers ses représentants dans les forums de quartiers ou les conseils locaux de sécurité de proximité, participe aux débats et à la prise de décision sur les questions sécuritaires, en tant que partie prenante.

La dynamique communautaire est née de cette volonté de la population de faire entendre sa voix aux pouvoirs publics, pour influer ou interagir dans la gestion collective des questions de sécurité. Au séminaire-atelier  de la réforme de la police, les journalistes ont suivi hier jeudi 24 avril 2014, deux interventions sur l’organisation, la composition et le fonctionnement de la dynamique communautaire, les forums de quartiers et les conseils locaux de sécurité de proximité.

Mme Virginie, experte du Programme SSAPR de la coopération britannique, leur a entretenu sur les questions de gouvernance sécuritaire. Cette gouvernance, a-t-elle dit, repose sur trois piliers principaux, à savoir les règles, les procédures et les comportements par lesquels les intérêts collectifs sont gérés. Dans cette vision de la gouvernance, les autorités doivent mettre en place les règles et les procédures, tandis que les policiers doivent développer de comportements qui reflètent le changement des mentalités et de comportements.

Pour cette experte du Programme SSAPR, au nombre des caractéristiques de la gouvernance qui impactent sur la réforme de la police, elle  a cité la recherche du consensus, la prise d’une décision concertée, la participation de tous les partenaires concernés, la transparence, la visibilité et la traçabilité des décisions, une bonne gouvernance pour le renforcement de l’Etat de droit, l’efficacité et l’efficience des services de la police, ainsi que les notions de redevabilité  pour les autorités locales. D’où elle a abordé la question de la bonne gouvernance dans le domaine de la sécurité. A ce sujet, elle a mis un accent particulier sur six axes fondamentaux, dont notamment le contrôle horizontal. C’est le contrôle citoyen des services de la police mené par les représentants de la population, et le contrôle vertical est celui exercé sur la police par sa hiérarchie. Il y a la notion de sécurité intégrale au nom de laquelle les problématiques de sécurité sont examinées sous tous leurs aspects, tandis que celle de la sécurité intégrée voit l’implication de toutes les parties concernées et susceptibles de contribuer à la gestion de la sécurité. Dans le cadre de la gouvernance, les autorités locales doivent être à l’écoute de la population. Et pour que tout le monde se sente concerné, l’on doit créer les conditions propices à une gouvernance participative.

            Mme Fatoumata, experte du Programme SSAPR, a abordé pour sa part, les questions de la dynamique communautaire, en insistant sur la dimension développement de la sécurité. Son organisme a pu développer dans ce cadre, des projets de renforcement des capacités des acteurs étatiques et non étatiques impliqués dans la gestion de problèmes de sécurité de provinces-pilotes, afin d’agir sur le terrain et d’interagir avec les autres acteurs.

            Au niveau de la dynamique communautaire, a-t-elle noté, les représentants des quartiers se réunissent pour débattre des problèmes sécuritaires, échangent des informations, et établissent la cartographie des acteurs résidant dans le quartier. Ce dernier est subdivisé en zones où seront choisis 20 leaders communautaires ( religieux, organisations des femmes, des jeunes, des commerçants, des chauffeurs, des sages-femmes, des consommateurs…).

Ensuite, il est établi une cartographie des besoins sécuritaires. Toutes ces structures, a indiqué Mme Fatoumata, transmettent aux forums des quartiers et aux conseils locaux de sécurité de proximité, les dossiers des problèmes sécuritaires auxquels la population est confrontée.  Enfin, elle a terminé son exposé par présenter la composition, le fonctionnement et l’organisation d’un conseil local de sécurité de proximité où la société civile joue un rôle prépondérant.

            Le coordonnateur national du RRSSJ est revenu quant à lui, sur les notions de redevabilité et de responsabilisation dans les chefs des autorités politico-administratives et des responsables des services de la police, et sur les outils d’évaluation de la prestation de la police. Il a souligné l’action de la société civile qui dans sa dimension plurielle, dispose des compétences éprouvées dans des domaines divers. Emmanuel Kabengele a invité la presse à mieux orienter ses critiques, au lieu d’accuser toute la société civile de tous les péchés d’Israël.

            Pour lui, la société civile doit être appréciée et soutenue dans son rôle syndical.

Signalons que ce séminaire-atelier s’est clôturée par l’élaboration d’une feuille de route qui verra la société civile spécialisée dans les questions de la réforme de la police et les médias, établir des passerelles de collaboration, planifier des actions de sensibilisation des acteurs, de vulgarisation des lois et textes réglementaires et les journalistes nouer un partenariat avec la police.

                                                                                                               J.R.T. 

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