La diffusion des informations «gênantes» au coeur du débat

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La deuxième phase de la première journée de l’atelier de l’Omec  sur  la sécurité des journalistes  a été dominée par les exposés du professeur Jean-Chrétien Ekambo et de l’Avocat général près le Parquet  Général de la République, Etienne Mulumba. Ils  ont planché sur les relations entre la presse et les services secrets et les garanties juridiques à accorder aux journalistes dans l’exercice de leurs fonctions.

Les relations entre les médias et les services de renseignements ont toujours été délicates, a dit d’emblée Ekambo.. A titre d’exemple, on peut épingler la lettre d’ Emile Zola au président français de l’époque sur l’affaire du capitaine Dreyfus. Zola avait estimé qu’il y aient eu vice de procédure dans ce procès. Faure n’avait jamais répondu à Zola. Les successeurs de Faure ont rouvert  ce dossier et  réhabilité la capitaine Dreyfus.

Dans l’exercice de leurs fonctions, les services secrets agissent dans le cadre de la prévention et de renseignements. En somme, ils n’attendent pas que les rumeurs deviennent  des choses vraies. Les médias et les services de renseignement s’affrontent sur ce terrain là.

Les sources d’informations des chevaliers de la plume sont des sources ouvertes.  Les agents secrets, tout en recourant aux sources ouvertes , s’intéressent également aux sources clandestines. Faut-il déduire que les journalistes peuvent être des auxiliaires des agents secrets ? Oui pourrait dire certaines personnes.

Nos services secrets ont traversé plusieurs courants. . Il y a les périodes de 1960, de 1965 ; celle de l ’institutionalisation du parti Etat, les années Afdl et la période post électorale.. A chaque période, on a enregistré des avatars consécutifs à la vision imprimée par le politique sur le rôle des services secrets.

Etienne Mulumba a planché sur le concept de tolérance zéro.  L’Etat s’adonne à la traque des auteurs des actes de détournement des deniers publics et autres antivaleurs. Les médias ont donc l’obligation de dénoncer les actes de concussion, de corruption, conformément aux propos du Procureur Général de la République lors de la mercuriale d’octobre 2009. Abordant le chapitre des garanties juridiques à accorder aux médias dans le cas d’espèce, il a parlé de la loi sur la presse du 22 juin 1996 et du Code pénal congolais. Prenant soin de préciser que seuls les faits constitutifs d’une infraction peuvent être dénoncés. Les faits vrais mais attentatoires à la vie privée des gens ne doivent pas être mis à la portée du public. De la  quinzaine des questions  adressées aux orateurs, nous avons épinglé ceci .

Les médias peuvent-ils être considérés comme des auxiliaires de la justice ?

Comment faire pour diffuser des informations vraies mais capables de se retourner contre les journalistes auteurs desdits articles ?

Comme les journalistes ont leurs propres « tribunaux », l’avocat général est-il d’avis   que la justice ne peut pas s’occuper d’eux ?

Dans sa réplique, Etienne Mulumba a laissé entendre que les sanctions disciplinaires sont indépendantes des poursuites judiciaires. Les médias sont des partenaires  de la  justice. En sa qualité de modérateur, le  président de l’Omec, Polydor Muboyayi  a  dit que la difficulté pour les journalistes est celui de diffuser des informations vérifiées mais gênantes sans  courir le risque de s’entendre dire qu’on a détourné des documents administratifs. La solution est que la commission de la réforme du droit congolais soit flexible sur certaines dispositions à l’endroit des médias.

                                                                                    Jean-Pierre Nkutu

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